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Actualités - Opinion

Damas joue la carte d’un bazar qui ne serait négociable qu’en 2009

Il y a quelques mois, Assad avouait au journaliste-écrivain Patrick Seal, confident chevronné du régime syrien, qu’il ne verrait pas d’un bon œil Michel Sleimane s’installer à Baabda. De leur côté, les prosyriens du cru, et certains de leurs bons amis, contestent ouvertement, voire avec virulence, la candidature du général. Mais quel président souhaite donc tout ce petit monde de frères ? Pour les autochtones, on ne sait pas trop. Peut-être Aoun, encore que… Quant au régime syrien, c’est simple, il n’en veut aucun. Pour le moment. Jusqu’au changement de cette administration US qui refuse de traiter directement avec lui le dossier libanais. Puis, ultérieurement, jusqu’à ce qu’il ait obtenu le prix, aussi élevé que multiple, qu’il réclame moyennant sa coopération. À savoir, sa réintégration dans le circuit international, le Golan, les pétrodollars. Et, sous une quelconque forme nouvelle, atténuée mais certaine, le rétablissement de sa tutelle politique sur le Liban. Il faut le reconnaître, le régime syrien a bien manœuvré et parfaitement manipulé, ou dupé, les différents conciliateurs. Par exemple, et pour rappel, usant d’une logique imparable, il avait conseillé aux Français de s’adresser à Bkerké. Puis, quand le patriarche Sfeir, surmontant ses réticences initiales pour répondre aux vœux de tous, avait établi une liste de candidats, la Syrie les a descendus en flèche, l’un après l’autre, via ses instruments locaux. Redisons-le, dans la conjoncture actuelle, Damas préfère le vide institutionnel au Liban même à un président qui lui serait acquis, ou favorable. Parce qu’après une présidentielle rapprochée, il n’y aurait presque plus rien à marchander, à négocier, avec les Américains ou avec les Saoudiens. De plus, tant que la majorité parlementaire reste détenue par les souverainistes, il n’y aurait pas moyen de (re)contrôler le pouvoir au Liban. D’où l’on induit que Damas ne veut pas seulement attendre que Bush s’en aille. Mais aussi voir ce que les législatives libanaises de 2009 vont donner. Ou redonner. C’est dans ce cadre, et cette perspective, que s’inscrit l’exigence du tiers de blocage. Moyen idéal de pression pour imposer une loi électorale assurant l’inversion des rôles, à la Chambre, entre minorité et majorité actuelles. Après quoi, oublié le slogan de la participation. Ce prétendu droit que les prosyriens hurlent sur les toits, ils ne voudraient jamais le reconnaître à autrui. Et, avec eux comme par eux, Damas tiendrait de nouveau les leviers de commande en main. Directement, activement et non plus en simple contre-pouvoir de paralysie, de manière à neutraliser sa bête noire, le tribunal international. Dont le fonctionnement serait compromis du fait que le Liban officiel n’assumerait plus son écot, obligatoire, de financement. Sans compter qu’il s’amuserait à faire valser les juges devant le représenter au prétoire. Pour refuser, in fine, la prorogation du mandat de la cour, fixé à trois ans. Autre élément incitant la Syrie à promouvoir le maintien du statu quo : le Golan. Il est de nouveau question, des deux côtés israélien et syrien, de reprendre les négociations. Mais vu que Damas lui-même exige qu’elles soient placées sous l’égide de Washington (vu son influence sur Tel-Aviv), le processus ne devrait pas prendre corps avant la présidentielle US. D’où le pronostic réaliste du ministre égyptien des AE : il n’y a rien à attendre, pas de solution pour le Liban, en 2008. Émile KHOURY
Il y a quelques mois, Assad avouait au journaliste-écrivain Patrick Seal, confident chevronné du régime syrien, qu’il ne verrait pas d’un bon œil Michel Sleimane s’installer à Baabda. De leur côté, les prosyriens du cru, et certains de leurs bons amis, contestent ouvertement, voire avec virulence, la candidature du général. Mais quel président souhaite donc tout ce petit monde de frères ? Pour les autochtones, on ne sait pas trop. Peut-être Aoun, encore que…
Quant au régime syrien, c’est simple, il n’en veut aucun. Pour le moment. Jusqu’au changement de cette administration US qui refuse de traiter directement avec lui le dossier libanais. Puis, ultérieurement, jusqu’à ce qu’il ait obtenu le prix, aussi élevé que multiple, qu’il réclame moyennant sa coopération. À savoir, sa réintégration dans...