La police zimbabwéenne a effectué hier un raid au siège du principal parti d’opposition et dans les locaux d’observateurs électoraux à Harare, alors que le président Robert Mugabe mettait en garde contre toute ingérence étrangère dans les affaires de son pays.
Les forces de l’ordre ont emmené toutes les personnes qui se trouvaient à Harvest House, le siège du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police nationale, Wayne Bvudzijena. « Nous soupçonnons certains d’entre eux d’avoir provoqué des incendies dans les zones rurales et d’être venus se cacher dans ces locaux », a-t-il poursuivi. M. Bvudzijena n’a pas précisé le nombre de personnes interpellées, mais un journaliste de l’AFP a vu des dizaines de partisans du MDC transportés dans un bus jusqu’au commissariat central de Harare.
Pour le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, cette opération reflète « le harcèlement systématique » de l’opposition depuis les élections générales du 29 mars, dont l’issue reste incertaine. Les policiers antiémeute « sont arrivés en bus et en camions. Ils étaient plus de 100 », a-t-il expliqué, en accusant la police d’être « de mèche » avec le parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (ZANU-PF).
Au même moment, la police a mené une perquisition dans les bureaux de la principale coalition d’observateurs électoraux indépendants du Zimbabwe. « Les policiers ont saisi quelques documents et du matériel informatique », a précisé à l’AFP le président du Réseau de soutien aux élections au Zimbabwe (ZESN), Noel Kututwa. « Le mandat de perquisition précisait qu’ils cherchaient des documents subversifs susceptibles d’être utilisés pour renverser un gouvernement légalement élu », a-t-il poursuivi.
« La police zimbabwéenne doit mettre un terme à son harcèlement des militants politiques ou des défenseurs des droits de l’homme, et protéger les victimes de violences postélectorales », a immédiatement réagi Amnesty International.
Les résultats de la présidentielle entre notamment Mugabe et le chef du MDC, Morgan Tsvangirai, n’ont toujours pas été annoncés. L’issue des législatives – officiellement remportées par le MDC – a été remise en cause par un nouveau décompte partiel des suffrages.
S’exprimant publiquement pour la seconde fois depuis les élections, Mugabe, au pouvoir depuis l’indépendance de l’ex-Rhodésie du Sud britannique en 1980, a martelé son opposition à toute interférence étrangère dans les affaires de son pays. « Le Zimbabwe n’est pas à vendre et le Zimbabwe ne redeviendra jamais une colonie », a-t-il lancé à l’occasion de l’inauguration de la foire internationale du Zimbabwe à Bulawayo, fief du MDC.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La police zimbabwéenne a effectué hier un raid au siège du principal parti d’opposition et dans les locaux d’observateurs électoraux à Harare, alors que le président Robert Mugabe mettait en garde contre toute ingérence étrangère dans les affaires de son pays.
Les forces de l’ordre ont emmené toutes les personnes qui se trouvaient à Harvest House, le siège du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police nationale, Wayne Bvudzijena. « Nous soupçonnons certains d’entre eux d’avoir provoqué des incendies dans les zones rurales et d’être venus se cacher dans ces locaux », a-t-il poursuivi. M. Bvudzijena n’a pas précisé le nombre de personnes interpellées, mais un journaliste de l’AFP a vu des dizaines de partisans du MDC transportés...