Le président Nabih Berry indique que dans quatre mois, on ne pourra plus parler d’un cabinet d’union nationale, mais se mettre en quête d’un cabinet neutre devant superviser les prochaines législatives. Dans la foulée de ce constat, des professionnels estiment préférable d’explorer sans tarder cette piste. De commencer à discuter l’idée, à la négocier en coulisses, à en clarifier les mécanismes de réalisation, car ses embranchements possibles, ses perspectives sont multiples.
Le point de départ serait, évidemment, l’élection du général Michel Sleimane à la tête de l’État. Assortie donc d’une entente préalable sur le principe d’un cabinet d’indépendants. Mais pourra-t-on s’accorder initialement sur la date de sa mise en place, pour ne pas l’associer à la présidentielle et en faire une condition, une hypothèque.
Ou faudra-t-il s’entendre d’avance sur la personne du président du Conseil potentiel et sur les noms des ministres, notamment ceux à qui l’on confierait les portefeuilles-clés de souveraineté ou de services.
Autre interrogation de chronologie : l’équipe Siniora devra-t-elle passer la main, à la fin de l’année, au cabinet de transition pour qu’il ait le temps de préparer les législatives de l’été 2009. Autrement dit, pourra-t-elle rendre son tablier avant que le général Sleimane n’ait été élu, et à qui présenterait-elle sa démission.
La majorité, on le sait, garde le cap résolument sur la priorité de la présidentielle. Elle n’aurait pas d’objection contre un cabinet neutre, à la stricte condition qu’on n’en discute la composition qu’après l’avènement du chef de l’État, et avec lui. Pour les indépendantistes, il est toujours exclu de faire de l’accord sur le cabinet, qu’il soit de transition ou d’union, une condition sine qua non de la présidentielle.
En pratique, les loyalistes pensent que cela pourrait intervenir à la fin de l’année. Si cela devait, par chance, se produire en été, le président de la République prierait le gouvernement Siniora, forcément démissionnaire après la présidentielle, de continuer à expédier les affaires courantes jusqu’aux portes de 2009. Parce qu’à leur avis, il faudrait quand même quelques bonnes semaines avant de s’entendre sur la question ministérielle. Non pas tant à cause des noms qu’en raison du fait qu’en même temps, il faudra s’entendre sur la loi électorale et ses découpages.
On sait en effet que si la majorité n’est pas hostile à la 1960 en tant que concept général (petites circonscriptions de proximité), elle en réclame le dépoussiérage. Et si l’on devait garder les mohafazats, pour respecter les préceptes de Taëf, on devrait promouvoir le degré de représentation effective en appliquant une dose de proportionnelle.
L’opposition campe pour sa part sur une position adverse. Elle exige toujours un accord préalable sur le gouvernement, qu’il soit d’union ou de transition. Dans ce dernier cas, du reste, elle affirme qu’elle a besoin de garanties préélectorales. C’est-à-dire d’être rassurée sur l’impartialité du président du Conseil et des ministres chargés de superviser les législatives, ministre de l’Intérieur en tête. Certains opposants proposent même que, pour plus de sûreté, on confie le dossier à un comité neutre, en se rabattant par exemple sur les membres de la commission Boutros qui a élaboré un projet de loi. Ils ajoutent ne voir aucune raison pour retarder le départ du gouvernement Siniora une fois le président de la République élu. Sur la 1960, ils ne sont pas tout à fait d’accord entre eux. Sleimane Frangié la veut telle quelle, mais elle ne conviendrait pas vraiment à Michel Aoun.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Nabih Berry indique que dans quatre mois, on ne pourra plus parler d’un cabinet d’union nationale, mais se mettre en quête d’un cabinet neutre devant superviser les prochaines législatives. Dans la foulée de ce constat, des professionnels estiment préférable d’explorer sans tarder cette piste. De commencer à discuter l’idée, à la négocier en coulisses, à en clarifier les mécanismes de réalisation, car ses embranchements possibles, ses perspectives sont multiples.
Le point de départ serait, évidemment, l’élection du général Michel Sleimane à la tête de l’État. Assortie donc d’une entente préalable sur le principe d’un cabinet d’indépendants. Mais pourra-t-on s’accorder initialement sur la date de sa mise en place, pour ne pas l’associer à la présidentielle et en faire une...