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Actualités - Opinion

Rendez-vous dans une semaine, pour savoir si… Philippe ABI-AKL

Le printemps 2008, chapitre d’une histoire sans fin, ou (premier) épilogue heureux ? On devrait s’en faire une idée dans une semaine, le 22, nouvelle date fixée pour cette élection du général Michel Sleimane qui ne se fait toujours pas. Plus précisément, on serait sans doute fixé entre le 18 et le 21, à la lumière des résultats de ces trois jours de dialogue auquel Berry appelle. Pour discuter de sa proposition d’adopter la 1960 en laissant pour après la question épineuse d’un accord sur la formation d’un cabinet. D’union ou, si c’est trop difficile, d’indépendants et de neutres, chargés de préparer les législatives. Les proches du président de la Chambre assurent qu’il s’exprime au nom de tout le front opposant. Mais ce n’est pas encore confirmé par les autres leaders du mouvement. Les berryistes ajoutent qu’au cas où le 21 on n’aurait pas abouti à une franche conclusion, on poursuivrait les échanges ad libitum. Mais cela non plus n’est pas certain. Tout comme il n’est pas sûr que tout le monde, même parmi ses partenaires du 8 Mars, juge que la démarche du chef d’Amal vient compléter l’initiative arabe, comme il l’affirme volontiers. Expliquant que c’est dans cet esprit de libanisation partielle, en rajout-béquille, qu’il a entrepris sa récente tournée arabe. On le voit, le tableau global, clouté de mais divers, reste aussi hypothétique qu’hypothéqué. Par le double contentieux libano-syrien et syro-saoudien. Sur foi de quoi, Amr Moussa doit en principe démarcher de nouveau Damas cette semaine pour proposer un sommet restreint, regroupant au siège de la Ligue au Caire les dirigeants syriens, saoudiens et égyptiens. Ou, à défaut, une rencontre à huit (Ligue, Syrie, Arabie saoudite, Égypte, Jordanie, Qatar, Yémen et Oman) au niveau des ministres des Affaires étrangères. En son propre domicile cairote, comme lors de la publication de la feuille de route concernant la présidentielle libanaise. Il est à noter que le chef des SR égyptiens, le général Omar Sleimane, apporte à Moussa un concours actif. Après avoir participé à l’entretien au Caire entre les ministres saoudien et égyptien des AE, l’émir Saoud el-Fayçal et Ahmad Aboul Gheit, cet officier doit relancer Damas pour y traiter de la crise libanaise vue à travers la normalisation potentielle des rapports syro-égypto-saoudiens. Le Caire partage en effet avec Moussa la conviction qu’une perpétuation du blocage au niveau de la présidentielle libanaise risque de dégrader davantage des relations interarabes déjà bien mauvaises. Et de déstabiliser la région, ou nombre de régimes. Perplexité Sur le plan local, les loyalistes s’interrogent fortement sur la crédibilité du plan Berry. Car, observent-ils, l’opposition offre le spectacle d’un front désarticulé, marqué par de nettes, d’importantes divergences entre ses ailes. Comme le montre le fait patent que, contrairement au 14 Mars, jamais le 8 Mars et ses alliés n’ont publié de manifeste ou de communiqué unifié exposant clairement leurs positions, leurs demandes, leurs offres. Ainsi, le général Michel Aoun, peu favorable à l’idée Berry d’un nouveau dialogue, indique que la participation de son courant, et de son bloc, se limiterait à l’envoi d’un observateur, sans plus. Quant au Hezbollah, il garde motus et bouche cousue. Sans dire si, effectivement, il convient avec Berry qu’il faut laisser de côté la revendication relative à un gouvernement d’union, au profit de la 1960. Si le Hezb était vraiment d’accord, disent les loyalistes, il aurait annoncé la levée du sit-in des tentes que seule l’exigence d’un gouvernement d’entente motive. Prenant Berry au mot, Farès Souhaid, coordonnateur du 14 Mars, répète qu’il faut maintenant, en toute priorité, élire le général Sleimane sans tarder. Du moment qu’à en croire le président de la Chambre, retour de Damas, les Syriens en soutiennent plus que jamais la candidature. Et affirment vouloir se montrer positifs. Autre argument répétitif des majoritaires : puisque les alliés de Damas accusent Washington de tout torpiller, présidentielle comprise, qu’ils y fassent donc échec, en assurant le quorum requis des deux tiers. Pour les loyalistes, redisons-le, l’opération Berry n’est qu’un paravent devant cacher, occulter le rôle perturbateur syrien, pour accréditer la thèse syrienne que la crise étant de nature purement locale, elle ne peut être traitée qu’à travers un dialogue interlibanais. Cependant, les majoritaires soulignent qu’au niveau du principe même, aucun vrai Libanais ne peut être contre le dialogue. Mais, demandent-ils, qu’est-il donc advenu des résolutions prises antérieurement à l’unanimité, dans quel panier se sont-elles retrouvées ? Et comment penser qu’il n’en irait pas de même encore une fois ? Une présomption, un doute qu’illustre, entre autres, la position des aounistes. Qui affirment que l’initiative arabe est morte et enterrée. Qu’il faut toujours s’entendre d’avance sur le gouvernement, autant que sur la loi électorale. En suggérant qu’à défaut d’un cabinet d’union, on forme un gouvernement provisoire… que le général Sleimane pourrait présider ! En laissant entendre qu’ensuite il serait élu président de la République, mais pour un mandat ramené à deux ans. Ce qui signifie qu’une fois terminées les législatives de 2009, censées redonner le pouvoir aux prosyriens et à leurs alliés, la nouvelle Chambre, la nouvelle majorité, élirait pour six ans un autre président. Un autre général, sans doute.
Le printemps 2008, chapitre d’une histoire sans fin, ou (premier) épilogue heureux ? On devrait s’en faire une idée dans une semaine, le 22, nouvelle date fixée pour cette élection du général Michel Sleimane qui ne se fait toujours pas. Plus précisément, on serait sans doute fixé entre le 18 et le 21, à la lumière des résultats de ces trois jours de dialogue auquel Berry appelle. Pour discuter de sa proposition d’adopter la 1960 en laissant pour après la question épineuse d’un accord sur la formation d’un cabinet. D’union ou, si c’est trop difficile, d’indépendants et de neutres, chargés de préparer les législatives. Les proches du président de la Chambre assurent qu’il s’exprime au nom de tout le front opposant. Mais ce n’est pas encore confirmé par les autres leaders du mouvement. Les...