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Actualités - Chronologie

Finance Après six mois de diète, les fonds d’investissement retrouvent l’appétit

Plutôt discrets depuis l’été dernier, les grands fonds d’investissement s’activent de nouveau, bouclant de nouveaux fonds de plusieurs milliards de dollars ou procédant à des acquisitions majeures, malgré la fébrilité persistante des marchés du crédit. En quelques jours, Blackstone Group a annoncé avoir levé 10,9 milliards de dollars pour un nouveau fonds immobilier, Advent a bouclé un fonds de 10,4 milliards de dollars et Carlyle Group de 1,35 milliard. Les fonds américains de capital-investissement, qui investissent essentiellement dans des sociétés non cotées, ont levé 58 milliards de dollars au premier trimestre, soit 32 % de plus que pour la même période de 2007, selon une étude de Dow Jones. « Malgré la crise du crédit, le capital-investissement est là pour durer », estiment les auteurs d’une étude sur le sujet publiée fin février par le cabinet Boston Consulting Group et l’IESE Business School. Dans un premier temps, la crise du crédit, consécutive à celle du « subprime » (créances hypothécaires à risque), a frappé de plein fouet les grands fonds, qui avaient massivement recours à l’endettement lors de leurs acquisitions pour démultiplier leurs rendements. Cette démultiplication correspondait à l’effet de levier, popularisé par les fonds dits de LBO, ou de rachat par endettement. Aujourd’hui, « il y a moins de levier disponible », explique Lawrence Schloss, PDG de la société de capital-investissement Diamond Castle Holdings. « Vous ne pouvez plus mettre autant de dette et elle coûte plus cher », ajoute-t-il. Une évolution qui explique les nombreux échecs, ces derniers mois, de transactions impliquant des fonds et négociées avant le début de la crise. Parmi elles figurent le rachat du groupe de médias et d’affichage Clear Channel par les fonds Bain Capital et THL pour 18,7 milliards de dollars, qui se dénoue aujourd’hui devant les tribunaux. Mais l’éclatement de la bulle du crédit a également eu pour effet de calmer un marché fiévreux, où la surenchère était devenue fréquente. « Il y a un lien entre la capacité d’endettement et le prix des actifs », qui avait flambé, selon Michael Weisbach, professeur à l’université de l’Illinois et auteur d’une étude sur le sujet. Le marché assagi, les fonds ont repris leurs acquisitions. Si les transactions de petite et même moyenne ampleur n’avaient souffert que quelques semaines du contexte, les opérations majeures refont leur apparition. « Il y a des opportunités », estime M. Schloss. « De nombreuses sociétés cotées ont besoin de capitaux et beaucoup d’argent du capital-investissement va être réaffecté à cette fin », ajoute-t-il. Les établissements financiers les plus touchés par les conséquences de la crise du « subprime » accueillent favorablement cette manne. Le fonds d’investissement TPG a annoncé qu’il allait investir sept milliards de dollars, avec d’autres investisseurs, pour renflouer la banque américaine Washington Mutual, affaiblie depuis plusieurs mois. TPG figure également parmi les acquéreurs potentiels d’un portefeuille de prêts à risque auprès de la banque américaine Citigroup pour 12 milliards de dollars, avec une décote un peu supérieure à 10 %, selon le Wall Street Journal. Les fonds s’intéressent de plus en plus à ces actifs dépréciés que les établissements financiers sont prêts à céder à prix bradé. « L’un des grands avantages du capital-investissement, c’est que vous avez du temps », estime M. Schloss.
Plutôt discrets depuis l’été dernier, les grands fonds d’investissement s’activent de nouveau, bouclant de nouveaux fonds de plusieurs milliards de dollars ou procédant à des acquisitions majeures, malgré la fébrilité persistante des marchés du crédit.
En quelques jours, Blackstone Group a annoncé avoir levé 10,9 milliards de dollars pour un nouveau fonds immobilier, Advent a bouclé un fonds de 10,4 milliards de dollars et Carlyle Group de 1,35 milliard.
Les fonds américains de capital-investissement, qui investissent essentiellement dans des sociétés non cotées, ont levé 58 milliards de dollars au premier trimestre, soit 32 % de plus que pour la même période de 2007, selon une étude de Dow Jones.
« Malgré la crise du crédit, le capital-investissement est là pour durer », estiment les auteurs d’une...