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Actualités - Opinion

Aoun, cible d’une salve de critiques qui s’étend aux indépendants

Sans doute entraînés par l’effet Murr, qui se proclame libre, même les indépendants de la politique locale, qui ne sont ni 8 ni 14 Mars, s’interrogent : pourquoi donc le général Michel Aoun ne débloque-t-il pas la présidentielle. Placé à la tête du bloc parlementaire chrétien le plus fourni, il pourrait facilement compléter le nombre requis pour le quorum des deux tiers. Pourquoi se refuse-t-il à combler le vide institutionnel, à sortir le pays d’une crise, d’une paralysie potentiellement mortelle. Pourquoi laisse-t-il la Syrie se servir de la présidentielle libanaise comme d’une carte de chantage et de marchandage éventuel, afin de rétablir, sous une forme ou sous une autre, sa tutelle sur le Liban et de neutraliser le tribunal international, plus que jamais sa bête noire, maintenant qu’Assadiq refait surface, et que l’heure de l’acte d’accusation se rapproche. Nul n’ignore que Damas cherche à sortir de son isolement international, avec levée des sanctions qui la frappent, tout en se dégageant de son statut de brebis galeuse du monde arabe via la normalisation de ses rapports avec l’Arabie saoudite comme avec l’Égypte. Damas cherche à passer en force pour atteindre ces objectifs. Mais Ryad et Le Caire s’y opposent, et n’envisagent une réconciliation avec le régime syrien qu’au cas où il cesserait de prendre le Liban, et sa présidentielle, en otages. Lien Dans les faits, un dénouement positif sur la scène locale reste lié à la solution du litige entre la Syrie et les plus importants pays arabes. Ainsi que de l’évolution du conflit international dit des axes mettant principalement en présence le tandem syro-iranien et l’Amérique. Mais cet état de choses entraîne une question évidente : pourquoi des Libanais, de vrais Libanais, laissent-ils faire ? Plus précisément, pourquoi permettent-ils à la pression du couple syro-iranien d’empêcher toute entente interne, par ses directives aux parties locales qui lui sont directement rattachées. Des parties susceptibles de réviser leur ligne, d’atténuer, voire de gommer, leur addiction à la volonté étrangère, en fonction d’intérêts locaux prioritaires. De se réinvestir dans le purement national, si elles venaient à perdre la couverture chrétienne dont elles se targuent. Ce qui signifie, poursuivent les pôles indépendants cités, que le général Michel Aoun est en mesure de jouer un rôle salvateur, libérateur, efficace, primordial, pour peu qu’il consente à assurer la présidentielle. Sans plus servir les intérêts extérieurs ou courir après des acquis personnels. Atteignant de la sorte, vraiment et enfin, la dimension nationale qu’il s’attribue volontiers. Ce que l’histoire n’oublierait pas. Morale Aide-toi, le ciel t’aidera. Ou encore, nul ne peut être aussi royaliste que le roi. Se référant à ces axiomes, les indépendants se demandent comment un Libanais peut laisser des pays amis se dépenser à sa place pour l’indépendance de sa patrie. Vainement, tant qu’il n’y met pas du sien et ne fait aucun effort pour se libérer de ses chaînes. En clair, répètent-ils, le général Aoun effacerait d’un coup l’hypothèque syro-iranienne sur la présidentielle, et tout le bazar qui va avec, en décidant de l’assurer. Il mettrait un terme à la vacance au niveau du plus haut poste dévolu à sa propre communauté. En remettant en mouvement les institutions de l’État, en rétablissant la confiance dans ce pays et en arrêtant l’hémorragie de l’émigration de ses jeunes. En pratique, ces sources relèvent que l’intéressé a déjà beaucoup perdu, en se montrant, à leur avis, velléitaire. À certains moments, au début, il a fait quelques tentatives pour se poser en conciliateur. En insistant sur son indépendance par rapport aux prosyriens, au camp du 8 Mars. Mais il n’a pas su dépasser les réactions négatives à ses propositions, y ripostant avec brusquerie. Et replongeant dans les surenchères opposantes. De ce fait, observent ces cadres, il avait perdu toute chance d’être retenu comme candidat de consensus, cela bien avant que ne pointe le nom du général Sleimane. Il a de même laissé filer la chance de désigner lui-même, étant entendu qu’il ne serait pas président, le successeur de M. Émile Lahoud. Par simple mauvais calcul : il pensait qu’en récusant tous les autres postulants, même quand ils étaient proposés par le patriarche Sfeir, il forcerait tout le monde à se rabattre sur sa propre personne. Aujourd’hui, une dernière occasion d’être encore mieux qu’un président, lui est offerte. Saura-t-il la saisir et comprendre le message Murr ? Voudra-t-il réaliser qu’on ne pose pas de conditions préalables à un chef de l’État en puissance, surtout pas si elles sont aussi rédhibitoires qu’irréalistes. Comme celles qui ont trait à la formation du prochain cabinet ou à la loi électorale, questions qui ne dépendent qu’accessoirement de la présidence. Les indépendants cités espèrent que le général Aoun prouvera par l’exemple que l’on a tort d’affirmer qu’au Liban l’ère des vrais hommes d’État est bien révolue. Émile KHOURY
Sans doute entraînés par l’effet Murr, qui se proclame libre, même les indépendants de la politique locale, qui ne sont ni 8 ni 14 Mars, s’interrogent : pourquoi donc le général Michel Aoun ne débloque-t-il pas la présidentielle. Placé à la tête du bloc parlementaire chrétien le plus fourni, il pourrait facilement compléter le nombre requis pour le quorum des deux tiers. Pourquoi se refuse-t-il à combler le vide institutionnel, à sortir le pays d’une crise, d’une paralysie potentiellement mortelle.
Pourquoi laisse-t-il la Syrie se servir de la présidentielle libanaise comme d’une carte de chantage et de marchandage éventuel, afin de rétablir, sous une forme ou sous une autre, sa tutelle sur le Liban et de neutraliser le tribunal international, plus que jamais sa bête noire, maintenant qu’Assadiq refait...