Le Premier ministre des Émirats arabes unis, cheikh Mohammad ben Rached al-Maktoum, débute demain une visite officielle en Chine à dominante économique qui confirme que les Émirats, comme les autres monarchies pétrolières du Golfe, se tournent de plus en plus vers l’Asie.
À la recherche de sources d’approvisionnement en énergie pour alimenter la croissance phénoménale de son économie, la Chine s’intéresse énormément aux pays du Golfe, à commencer par l’Arabie saoudite, son premier partenaire dans la région.
Mais ces monarchies, alliées des États-Unis, regardent elles aussi de manière croissante vers l’Asie, comme l’a montré la visite historique à Pékin du roi Abdallah d’Arabie en janvier 2006, suivie trois mois plus tard par celle du président chinois Hu Jintao à Ryad. M. Hu a ensuite effectué une brève visite dans les Émirats en janvier 2007.
La visite de quatre jours de cheikh Mohammad, qui se rendra à Pékin et à Shanghai, fait partie de la politique des Émirats d’avoir des relations plus larges au-delà de la région, des États-Unis et de l’Europe, selon un analyste du Centre de recherche sur le Golfe, Moustapha Alani, qui mentionne notamment la Chine, le Japon et l’Inde. « C’est à la base une nouvelle stratégie consistant à regarder vers l’Est, après avoir regardé vers l’Ouest pendant des années », dit-il.
Cheikh Mohammad, qui est aussi vice-président des Émirats, sera accompagné d’une importante délégation d’hommes d’affaires.
Malgré leur faible population (5,6 millions fin 2006, selon un récent rapport, dont à peine 15,4 % d’autochtones), les Émirats sont désormais la deuxième économie du monde arabe, grâce à une croissance à la chinoise.
Estimée à 8,6 % en taux réel en 2007, après avoir atteint 9,4 % en 2006, cette croissance pourrait être de 9 % en 2008. Les Émirats sont en tout cas devenus le deuxième partenaire de la Chine dans le Golfe et son premier client dans cette région.
C’est surtout vrai pour l’émirat de Dubaï, l’une des sept composantes de la fédération, dont cheikh Mohammad est également le souverain. Selon des statistiques officielles, les échanges entre la Chine et cet émirat en plein essor aux allures de petit Shanghai ont grimpé de 47 % en 2007 par rapport à l’année précédente pour atteindre 19,4 milliards de dollars, en quasi-totalité des produits chinois importés par Dubaï.
Quelque 2 000 sociétés chinoises sont présentes dans les Émirats.
Les compagnies émiraties ont également réalisé quelles opportunités d’investissement offre la Chine. Le géant portuaire DP World, par exemple, doit construire un terminal de conteneurs à Tianjin (Nord-Est). Selon les analystes, la Chine est une bonne alternative, car les États-Unis sont hostiles aux investissements des pays arabes et l’Europe est saturée.
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À la recherche de sources d’approvisionnement en énergie pour alimenter la croissance phénoménale de son économie, la Chine s’intéresse énormément aux pays du Golfe, à commencer par l’Arabie saoudite, son premier partenaire dans la région.
Mais ces monarchies, alliées des États-Unis, regardent elles aussi de manière croissante vers l’Asie, comme l’a montré la visite historique à Pékin du roi Abdallah d’Arabie en janvier 2006, suivie trois mois plus tard par celle du président chinois Hu Jintao à Ryad. M. Hu a ensuite effectué...