Rechercher
Rechercher

Actualités

Inflation Pain, riz, pâtes, ciment, fer : les cinq casse-tête de Moubarak

Pain, riz, pâtes, ciment, fer : trois denrées alimentaires de base et deux produits essentiels pour le secteur immobilier constituent actuellement les cinq casse-tête du régime du président égyptien Hosni Moubarak, confronté à une vague de contestation sociale sans précédent. Les responsables qui, il y a trois mois, multipliaient les déclarations sur la nécessité de trouver des alternatives aux subventions gouvernementales directes aux denrées alimentaires pour réduire le déficit budgétaire (5,3 % en 2006-07), tiennent aujourd’hui un discours radicalement différent. Gamal Moubarak, fils et successeur potentiel du président, a affirmé que l’État n’hésiterait « pas un instant à augmenter les subventions aux produits de base si cela s’avérait nécessaire ». Cité vendredi par la presse, il a plaidé également pour « une augmentation des salaires » des cinq millions de fonctionnaires. Prenant conscience de l’ampleur de la colère populaire, qui s’est traduite par des grèves répétées, le régime égyptien commence à prendre des mesures pour juguler les prix. Le pain subventionné, principal aliment de la majorité des 76 millions d’Égyptiens – dont 40 % vivent autour du seuil de pauvreté selon la Banque mondiale –, se fait rare depuis des semaines. Les queues devant les kiosques où il est vendu provoquent parfois des heurts, qui ont déjà fait au moins huit morts, selon la police. M. Moubarak a dû intervenir en ordonnant que l’armée soit mise à contribution en augmentant la production des boulangeries sous son contrôle. Se basant sur une déclaration du Premier ministre Ahmad Nazif datant du 23 mars, affirmant qu’il fallait six semaines pour en finir avec la crise du pain, le quotidien indépendant al-Masri al-Yom publie tous les jours un compte à rebours. Vendredi, le journal affirmait qu’il restait 38 jours. Les responsables justifient cette pénurie par la vente sur le marché noir de la farine subventionnée, ensuite utilisée pour produire le pain non subventionné dont les prix ont augmenté de plus de 26 % en un an. Les pâtes et le riz, deux plats essentiels pour les pauvres – que le gouvernement préfère appeler « ceux à revenus limités » –, sont devenus un autre problème, leurs prix ayant augmenté de plus de 25 %. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de suspendre les exportations de riz pour six mois, du premier avril à début octobre. Selon Ahmad al-Naggar, expert au Centre d’études politiques et stratégiques d’al-Ahram, l’augmentation de plus de 50 % des prix du ciment et du fer au cours des six derniers mois est une autre source d’angoisse pour le gouvernement. Elle a en effet provoqué une hausse vertigineuse des prix sur le marché immobilier, qui a attiré à lui seul le tiers des 11,1 milliards de dollars d’investissements étrangers en 2006-07. Les autorités ont réagi en décidant d’une suspension des exportations du ciment pour les six prochains mois. Le dossier du fer reste l’un des plus sensibles. D’après la presse indépendante et d’opposition, il implique l’homme d’affaires Ahmad Ezz, un dirigeant haut placé du parti au pouvoir et très proche de Gamal Moubarak, accusé par l’opposition de monopoliser le marché. Alors que M. Ezz attribue l’augmentation à la hausse des prix au plan international, M. Naggar estime qu’elle « est due à une monopolisation du secteur par Ezz, dont la compagnie assure plus de 65 % de la production en Égypte ».
Pain, riz, pâtes, ciment, fer : trois denrées alimentaires de base et deux produits essentiels pour le secteur immobilier constituent actuellement les cinq casse-tête du régime du président égyptien Hosni Moubarak, confronté à une vague de contestation sociale sans précédent.
Les responsables qui, il y a trois mois, multipliaient les déclarations sur la nécessité de trouver des alternatives aux subventions gouvernementales directes aux denrées alimentaires pour réduire le déficit budgétaire (5,3 % en 2006-07), tiennent aujourd’hui un discours radicalement différent.
Gamal Moubarak, fils et successeur potentiel du président, a affirmé que l’État n’hésiterait « pas un instant à augmenter les subventions aux produits de base si cela s’avérait nécessaire ». Cité vendredi par la presse, il a plaidé...