Doha, 21 mars 2008, 14h30, heure locale.
L’église, la nouvelle qui vient d’être inaugurée, est bondée. En ce vendredi saint, c’est l’heure de la prière et beaucoup ne voudraient pas manquer ce rendez-vous. Les Libanais sont là, venus de Tout-Qatar. Ils ont affronté un vent de sable fin sous un soleil de plomb?; ils ont tourné des minutes avant d’identifier ce monument non reconnaissable de loin par aucun signe. Puis, leurs voitures se sont engagées, à la libanaise, sur des pistes non asphaltées mais, qu’importe, il faut être là à l’heure. Combien sont-ils?? Trois mille, quatre mille, qui sait, peut-être beaucoup plus.
C’est que dans cette église, tout change lorsque vous êtes à l’intérieur?: c’est en quelque sorte la structure de l’église Notre-Dame de Jamhour, avec les vitraux en moins, mais avec des poutres humbles dans leur grandeur, car elles s’élancent pour mener la prière vers le puits de lumière en faisant une gracieuse génuflexion.
À ma droite, une femme aux cheveux grisonnants s’est agenouillée à même le sol. Elle prie sûrement pour les siens qui sont restés au pays. À ma gauche, un homme, la soixantaine, laisse couler une petite larme et s’empresse de la sécher?: il se rappelle probablement la même cérémonie à laquelle il participait dans son village, et nostalgie aidant, il n’a pu retenir ses larmes. Et, moi, dans mon coin, dans cette ambiance émouvante, j’observe tous ces Libanais de tous les âges qui n’avaient probablement jamais quitté leur village et qui sont poussés maintenant à l’exil. Tous ces Libanais qui viennent prier et proclamer leur foi, à 2?000 kilomètres de chez eux, et qui maudissent leurs politiciens qui les poussent à aller sous d’autres cieux, aujourd’hui beaucoup plus cléments que le leur.
Article paru le samedi 29 mars 2008
Doha, 21 mars 2008, 14h30, heure locale.
L’église, la nouvelle qui vient d’être inaugurée, est bondée. En ce vendredi saint, c’est l’heure de la prière et beaucoup ne voudraient pas manquer ce rendez-vous. Les Libanais sont là, venus de Tout-Qatar. Ils ont affronté un vent de sable fin sous un soleil de plomb?; ils ont tourné des minutes avant d’identifier ce monument non reconnaissable de loin par aucun signe. Puis, leurs voitures se sont engagées, à la libanaise, sur des pistes non asphaltées mais, qu’importe, il faut être là à l’heure. Combien sont-ils?? Trois mille, quatre mille, qui sait, peut-être beaucoup plus.
C’est que dans cette église, tout change lorsque vous êtes à l’intérieur?: c’est en quelque sorte la structure de l’église Notre-Dame de Jamhour, avec les vitraux en moins, mais...
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