L’Égypte a pressé le pas en signant un accord avec la Russie pour rester en tête de la « famille nucléaire » civile que les pays arabes veulent former face à l’Iran et Israël.
Une poignée de main entre le président Hosni Moubarak et le président Vladimir Poutine a conclu mardi à Moscou un accord de coopération nucléaire cadre qui ne manquera pas de préoccuper l’Occident. « Les pays occidentaux peuvent être intrigués et un peu inquiets, même si rien n’est encore scellé sur le plan commercial », a affirmé à l’AFP Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire du monde arabe, basé à Paris. Le président Moubarak avait décidé en octobre de relancer un ancien programme monté avec l’URSS dès 1961 et gelé après la catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine, en 1986. Déjà présente en Iran, à qui elle fournit du combustible nucléaire, la Russie a pris de l’avance pour la construction de la première des quatre centrales voulues par l’Égypte, pourtant alliée du camp occidental.
C’est une contagion nucléaire qui semble avoir saisi cette région instable, une douzaine de pays arabes, du Golfe à l’Atlantique, ayant subitement déclaré leur ambition d’avoir des centrales nucléaires. « Il s’agit d’un droit pour les Arabes », avait martelé M. Moubarak, il y a juste un an, lors du sommet arabe de Ryad, donnant à penser que le temps était venu de former une « famille nucléaire arabe ». Six pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite, ainsi que le Yémen, la Jordanie, la Libye, l’Algérie et le Maroc ont dit opter pour l’atome civil dans un contexte alourdi par la crise rampante du nucléaire iranien.
C’est la sécurité énergétique, et les besoins croissants en énergie, qui a été mise en avant par ces pays, y compris ceux du Golfe dont le sous-sol est gavé de pétrole. Mais pour M. Basbous, « c’est la volonté de l’Iran d’accélérer son programme douteux qui a poussé les pays arabes à se lancer à leur tour dans la course au nucléaire civil ».
Aucun pays arabe ne figure sur la liste de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) des 31 pays dotés de la technologie nucléaire. Le directeur général de l’AIEA, l’Égyptien Mohammad el-Baradei, avait toutefois souligné en février que l’agence superviserait les activités nucléaires de tous les pays arabes. « Aussi, je ne vois pas de raison pour quiconque d’être préoccupé », avait estimé le patron de l’AIEA.
Alors que les pays occidentaux restent dubitatifs sur les finalités civiles ou militaires du programme iranien, ils n’ont émis aucune réserve sur les ambitions arabes. Si le risque de prolifération nucléaire dans cette région hypersensible est évoqué par les experts de ces pays, les gouvernements semblent enclins à privilégier leurs intérêts commerciaux. Les États-Unis viennent de signer un premier accord de coopération avec Bahreïn. La France, leader mondial du nucléaire civil avec Areva, l’avait devancé avec des accords similaires avec l’Algérie, la Libye et les Émirats arabes unis.
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Une poignée de main entre le président Hosni Moubarak et le président Vladimir Poutine a conclu mardi à Moscou un accord de coopération nucléaire cadre qui ne manquera pas de préoccuper l’Occident. « Les pays occidentaux peuvent être intrigués et un peu inquiets, même si rien n’est encore scellé sur le plan commercial », a affirmé à l’AFP Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire du monde arabe, basé à Paris. Le président Moubarak avait décidé en octobre de relancer un ancien programme monté avec l’URSS dès 1961 et gelé après la catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine, en 1986. Déjà présente en Iran, à qui elle...