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Salim Eddé : Espoir, action sociale et innovations économiques au service du Liban

C’est un Kalam el-Nass d’une tonalité très particulière que les amateurs de l’émission de Marcel Ghanem, sur la LBC, ont pu voir hier. Bien que présente en filigrane et en sous-entendus tout au long de l’émission, la politique était lointaine. Les thèmes abordés allaient de l’amour chrétien… aux innovations économiques. Mais, au-delà des thèmes proprement dits, c’est surtout la personnalité hors normes des trois invités de l’émission qui a donné à cette dernière son côté atypique. Salah Bou Raad, ancien directeur de Cellis (France-Télécom), que l’on a découvert sous le jour du chrétien animé d’une foi profonde, érudit en matière de philosophie chrétienne, auteur de livres et grand animateur d’actions humanitaires ; Rami Allak, un jeune avocat chiite à l’itinéraire confondant, passant carrément des rangs du Hezbollah à la révélation du Christ, pour parvenir au final à un syncrétisme positif, optimiste et croyant dans la modernité. Son expérience est consignée dans un ouvrage dont il est l’auteur, La route des abeilles ; et enfin, Salim Eddé, PDG de Murex, une entreprise libanaise devenue un fleuron mondial de logiciels financiers, sans que son patron n’abandonne dans l’intervalle sa foi chrétienne et sa profonde libanité. Tous trois ont en commun une intense action sociale et humanitaire, se manifestant par des biais divers. Ils ont aussi une vision optimiste et constructive du Liban, en dépit de quelques divergences de détail. M. Eddé se fait par exemple l’avocat d’une solution à l’irlandaise du problème libanais, à la fois politiquement et économiquement. M. Bou Raad estime quant à lui que le Liban est un pays atypique qui ne peut être comparé à aucun autre. Cependant, il se dit profondément convaincu qu’il est possible pour le Liban de continuer à vivre et à prospérer tout en intégrant la donnée de l’instabilité permanente. Pour M. Eddé, l’évolution des caractéristiques de l’Irlande, tant celle du Sud que celle du Nord, mérite réflexion. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avant les années quatre-vingt, la République d’Irlande avait un PIB/par habitant équivalant à une fois et demie celui du Liban, avec une population à peu près égale. Aujourd’hui, il est de sept fois et demie supérieur à celui du Liban. C’était le pays le plus pauvre d’Europe occidentale, dépourvu de ressources naturelles et victime d’une émigration galopante, caractéristiques qui le rapprochent du Liban. À partir des années quatre-vingt, le climat politique est assaini, et, sur le plan économique, on investit dans les hautes technologies, peu coûteuses et à très forte valeur ajoutée. Aujourd’hui, l’informatique irlandaise compte pour 20 % du PIB et pour 2 % du chiffre d’affaires mondial dans ce domaine. Mais l’Irlande a aussi développé son industrie pharmaceutique, ses services financiers et son tourisme, secteur qui lui rapporte annuellement quelque 9 milliards de dollars et emploie 150 000 personnes avec, comme le souligne M. Eddé, « rien que des pâturages et de la pluie à longueur d’année ». Voilà pour le volet économique. Quant à l’aspect politique, c’est de l’expérience de l’Irlande du Nord (l’Ulster) que le Liban devrait tirer des leçons, selon M. Eddé. Depuis le fameux Accord du vendredi saint (1998), du chemin a été fait. La paix a été rétablie. L’IRA (l’Armée républicaine irlandaise, catholique) a abandonné l’action violente et annoncé la destruction de ses armes, et aujourd’hui, les chefs de file les plus radicaux des catholiques et des protestants se côtoient pacifiquement au pouvoir. Résultat : les investissements extérieurs déferlent sur le pays. « Au Liban, nous pouvons continuer à dire indéfiniment que la faute est à l’extérieur. Mais un jour, il faudra commencer à nous aider nous-mêmes, sinon rien ne peut être fait », estime Salim Eddé, un homme qui, bien qu’ayant vécu longtemps en Occident et dirigeant une entreprise ayant des bureaux dans les plus grandes cités du monde, refuse jusqu’à présent de postuler pour un autre passeport que le libanais.
C’est un Kalam el-Nass d’une tonalité très particulière que les amateurs de l’émission de Marcel Ghanem, sur la LBC, ont pu voir hier. Bien que présente en filigrane et en sous-entendus tout au long de l’émission, la politique était lointaine. Les thèmes abordés allaient de l’amour chrétien… aux innovations économiques.
Mais, au-delà des thèmes proprement dits, c’est surtout la personnalité hors normes des trois invités de l’émission qui a donné à cette dernière son côté atypique.
Salah Bou Raad, ancien directeur de Cellis (France-Télécom), que l’on a découvert sous le jour du chrétien animé d’une foi profonde, érudit en matière de philosophie chrétienne, auteur de livres et grand animateur d’actions humanitaires ; Rami Allak, un jeune avocat chiite à l’itinéraire confondant,...