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Actualités - Analyse

Éclairage « Temps mort » au Liban en attendant le sommet de Damas...

À ses derniers visiteurs libanais au Caire, le directeur de cabinet du secrétaire général de la Ligue arabe, Hicham Youssef, a posé une seule question : « Savez-vous que vous vous dirigez droit vers le gouffre ? » Youssef faisait en fait allusion à la crise politique qui n’en finit pas de se prolonger et aux informations sur une éventuelle escalade après le sommet arabe de Damas. Hicham Youssef aurait même été très clair : si le Liban n’est pas doté d’un nouveau président à ce sommet, il y a de fortes chances que l’initiative arabe ne soit plus relancée au-delà de cette date. Mais Hicham Youssef lui-même, selon les Libanais qui l’ont récemment rencontré, ne s’est pas montré très optimiste sur les possibilités de trouver rapidement une solution à la crise. Toutes les médiations actuelles viseraient donc à assurer une élection présidentielle en contrepartie d’une promesse de s’entendre ultérieurement sur le gouvernement d’union et sur le caza comme base de la circonscription électorale. Ce serait en gros ce qu’on a tenté de réaliser au sommet de l’OCI, à Dakar, ainsi que l’idée directrice de la médiation omano-qatariote. Mais toutes ces tentatives semblent condamnées à l’échec à cause du refus de l’opposition de se contenter de simples promesses, appuyée en cela par la Syrie. Selon une personnalité libanaise qui était récemment au Caire, les efforts arabes actuels portent sur la tenue du sommet et le niveau de participation des pays membres de la Ligue. Selon cette personnalité, la participation de tous les pays est désormais acquise, en dépit de l’appel américain au boycott de ce sommet, à cause essentiellement du fait que le dossier palestinien y sera largement évoqué, et les dirigeants arabes ne peuvent pas se permettre de pratiquer la politique de la chaise vide face à une situation aussi complexe. D’ailleurs, selon la même personnalité, Farouk Kaddoumi (Abou el-Lotf) aurait menacé de proclamer à partir de Damas la création d’un État palestinien indépendant, à la manière du Kosovo, si le chef de l’Autorité palestinienne refusait de se rendre à Damas. Or, si Mahmoud Abbas participe, il aura besoin du soutien des Arabes dits modérés pour ne pas laisser le champ libre aux « extrémistes ». Dans ce contexte, les efforts se poursuivent pour tenter de rétablir les relations entre l’Arabie saoudite et la Syrie. Le chef des SR égyptiens, le général Omar Sleimane, entreprend une visite à Damas, et le Qatar n’a pas encore renoncé à poursuivre sa médiation dans ce but. Déjà, l’obstacle que représentait la convocation par un juge libanais du colonel libyen dans l’affaire de l’imam Sadr – qui avait été d’abord très mal perçue par le chef de l’État libyen au point d’en faire assumer la responsabilité à l’Iran et à la Syrie, non désireuses, selon lui, de faire pression sur leurs alliés libanais – a été surmonté, et le colonel a promis de participer au sommet aux côtés d’autres dirigeants arabes. La question de la prise en charge de la présidence du sommet par la Syrie, qui, en général, se fait de dirigeant à dirigeant, a elle aussi été surmontée, en se basant sur le fait qu’il y a déjà eu un précédent, lorsque le président tunisien a refusé de prendre la présidence de son prédécesseur, se contentant de se désigner tout seul. La tendance générale est donc de tenir le sommet, avec un minimum d’entente, sans coup d’éclat spectaculaire dans le sens d’une solution ou d’un conflit ouvert. Selon des sources de l’opposition, ce climat devrait s’étendre au Liban, où le statu quo devrait se poursuivre. Toutefois, ces sources ne cachent pas le fait que si le gouvernement procédait à son propre renflouement, l’opposition considérerait cette décision comme une mesure provocatrice et adopterait à son tour des mesures qui paralyseraient totalement le gouvernement. L’opposition aurait même fait savoir, à qui de droit, qu’une telle mesure serait considérée comme une agression contre elle, voire un acte de guerre, et sa riposte serait en conséquence avec l’importance de cette décision. Mais ces sources estiment qu’il s’agit là d’une menace plutôt que d’une décision effective, car pour l’instant, nul ne semble favorable à une recrudescence de la tension au Liban et dans la région. D’autant que le pays du Cèdre reste une sorte de baromètre pour la situation régionale. La tendance serait donc, pour l’instant, à assurer une présence minimale au sommet. Mais après cette échéance, si réellement l’initiative arabe est déclarée morte, il faudra trouver d’autres propositions pour tenter d’occuper le temps mort plutôt que de guetter les développements régionaux et internationaux. Scarlett HADDAD
À ses derniers visiteurs libanais au Caire, le directeur de cabinet du secrétaire général de la Ligue arabe, Hicham Youssef, a posé une seule question : « Savez-vous que vous vous dirigez droit vers le gouffre ? » Youssef faisait en fait allusion à la crise politique qui n’en finit pas de se prolonger et aux informations sur une éventuelle escalade après le sommet arabe de Damas. Hicham Youssef aurait même été très clair : si le Liban n’est pas doté d’un nouveau président à ce sommet, il y a de fortes chances que l’initiative arabe ne soit plus relancée au-delà de cette date. Mais Hicham Youssef lui-même, selon les Libanais qui l’ont récemment rencontré, ne s’est pas montré très optimiste sur les possibilités de trouver rapidement une solution à la crise. Toutes les médiations actuelles viseraient...