La Réserve fédérale américaine a continué hier sa lutte contre la crise financière et la récession en abaissant de trois quarts de point son taux directeur, en arguant de la détérioration des perspectives économiques et des tensions sur les marchés.
Désormais fixé à 2,25 %, le taux directeur américain aura été réduit de trois points depuis la fin de l’été dernier et l’éclatement de la crise apparue sur le marché des crédits hypothécaires à risque (« subprime »). La banque centrale a également abaissé de trois quarts de point son taux d’escompte, utilisé par les banques en cas d’urgence, pour le ramener à 2,50 %.
« Les dernières informations indiquent que les perspectives se sont encore affaiblies pour l’activité économique », a noté le Comité de politique monétaire (FOMC) dans son communiqué.
De plus, « les marchés financiers restent soumis à des tensions considérables », et « le resserrement des conditions du crédit ainsi que l’aggravation de la contraction (du marché) immobilier risquent de peser sur la croissance économique au cours des prochains trimestres », a-t-il ajouté. « Il reste des risques pour la croissance », a résumé la Fed, ce qui souligne qu’elle continue de donner la priorité à la lutte contre la récession face aux menaces inflationnistes.
La banque centrale avait déjà baissé son taux directeur de trois quarts de points en janvier. La Bourse de New York, où beaucoup espéraient une baisse d’un point, a légèrement freiné sa progression après la publication du communiqué.
La Fed a souligné en parallèle que « les incertitudes ont augmenté sur les perspectives d’inflation », avec un niveau « élevé » et une hausse de certains indicateurs mesurant les prix.
La banque centrale a répété qu’elle tablait sur une « modération » dans les trimestres à venir, du fait notamment de la stabilisation des prix de l’énergie et de la hausse du chômage. Il est toutefois nécessaire de continuer à « surveiller attentivement » l’évolution de l’inflation, a-t-elle ajouté. Cette vigilance affichée est une mise en garde voilée rappelant que la banque centrale pourrait être empêchée de baisser davantage ses taux par la menace inflationniste.
Et les dissensions au sein de la Fed à ce sujet se sont traduites par la dissidence de deux gouverneurs lors du vote, qui auraient préféré une baisse moins forte. Le nouvel assouplissement annoncé hier s’inscrit dans le cadre d’une campagne spectaculaire visant à empêcher une implosion du système financier et l’aggravation de la récession.
La semaine dernière, la Fed avait promis 200 milliards de dollars de prêts aux grandes banques, et dimanche elle a supervisé le rachat de la banque Bear Stearns en mettant 30 milliards de dollars à la disposition de l’acquéreur, JPMorgan, pour garantir les actifs de la banque d’affaires.
Toute la question à présent est de savoir si ces mesures suffiront à colmater les multiples brèches ayant mené à la crise actuelle.
La Fed a répété qu’elle était prête à agir « en temps voulu, si besoin est », pour contrer les risques pesant sur la croissance et la stabilité des prix. Les analystes interprètent généralement cette formule, comme une promesse de baisse des taux à venir.
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Désormais fixé à 2,25 %, le taux directeur américain aura été réduit de trois points depuis la fin de l’été dernier et l’éclatement de la crise apparue sur le marché des crédits hypothécaires à risque (« subprime »). La banque centrale a également abaissé de trois quarts de point son taux d’escompte, utilisé par les banques en cas d’urgence, pour le ramener à 2,50 %.
« Les dernières informations indiquent que les perspectives se sont encore affaiblies pour l’activité économique », a noté le Comité de politique monétaire (FOMC) dans son...