La gauche française, mais également une partie de la droite, exigeaient hier du président Nicolas Sarkozy un changement de politique et d’attitude au lendemain de la sévère défaite du parti au pouvoir aux élections municipales.
Près de 10 mois après sa large défaite à l’élection présidentielle, le Parti socialiste (PS) s’est refait dimanche une santé électorale, ravissant à l’UMP (droite, au pouvoir) une quarantaine de villes, dont certaines emblématiques comme Toulouse, Strasbourg et Metz. La gauche a globalement recueilli 49 % des suffrages contre 47,5 % à la droite. Celle-ci évite la déroute en conservant de justesse Marseille, deuxième ville de France. « Les Français sanctionnent Sarkozy », titrait hier le journal populaire Le Parisien, pendant que le quotidien de gauche Libération estimait que « le charme Sarkozy s’est rompu en quelques mois ».
Forte de sa victoire, la gauche a appelé à un changement de la politique gouvernementale. « Rarement un président de la République, après 10 mois d’exercice du pouvoir, n’aura connu échec plus cinglant », a déclaré hier le chef du Parti socialiste, François Hollande. « Je n’attends qu’un seul remaniement qui est le remaniement du comportement du président de la République et le remaniement de sa politique », a-t-il lancé, appelant notamment à une « revalorisation immédiate des petites retraites et des petits salaires » et « l’augmentation du salaire minimum » dès avril. La baisse du pouvoir d’achat est la préoccupation première des Français, et l’une des raisons de la chute spectaculaire de M. Sarkozy dans les sondages.
Le chef de l’État, en retrait pendant la campagne, n’a toujours pas commenté les résultats. Entre les deux tours, il avait assuré qu’il « tiendrait naturellement compte » du résultat des élections. Hier, le service de communication de l’Élysée a été remanié, avec la suppression des fonctions de porte-parole. Un miniremaniement gouvernemental est en outre prévu, selon l’entourage de M. Sarkozy. Sur le fond, le gouvernement semble en revanche déterminé à garder le cap des réformes, quitte à les accélérer et les amplifier, afin de répondre à ce qui est perçu à droite comme une « impatience » des Français. Ils veulent que « les réformes continuent mais surtout se transforment en résultats », assurait hier le ministre du Travail, Xavier Bertrand.
Pourtant, face à l’ampleur de la défaite, des voix se sont élevées pour exiger des changements autres que cosmétiques. « Le gouvernement doit corriger le tir sur un certain nombre de points », a estimé l’ancien Premier ministre et vice-président de l’UMP, Jean-Pierre Raffarin. Il a notamment jugé que son parti était « trop à droite », et devait s’ouvrir au centre en profitant de la « disparition » du président du MoDem, le centriste François Bayrou battu à Pau, et dont le parti sort éreinté du scrutin. Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a, lui, réclamé plus de « lisibilité » dans la feuille de route du gouvernement et demandé que les parlementaires soient associés « plus en amont » à la préparation des réformes.
L’UMP a dit hier s’atteler à sa réorganisation après « l’avertissement » du scrutin et vouloir mieux s’implanter dans les quartiers populaires, où l’abstention a été massive. Côté PS, la victoire pourrait précipiter la course à la succession de M. Hollande à la tête du parti, à laquelle peuvent prétendre l’ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a conforté son emprise sur la capitale à l’occasion des municipales. Hier, M. Hollande a déclaré que le congrès de son parti aurait « vraisemblablement » lieu à l’automne pour désigner le prochain chef du PS, avec en ligne de mire la présidentielle de 2012.
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Près de 10 mois après sa large défaite à l’élection présidentielle, le Parti socialiste (PS) s’est refait dimanche une santé électorale, ravissant à l’UMP (droite, au pouvoir) une quarantaine de villes, dont certaines emblématiques comme Toulouse, Strasbourg et Metz. La gauche a globalement recueilli 49 % des suffrages contre 47,5 % à la droite. Celle-ci évite la déroute en conservant de justesse Marseille, deuxième ville de France. « Les Français sanctionnent Sarkozy », titrait hier le journal populaire Le Parisien, pendant que le quotidien de gauche Libération estimait que...