Entrés en Bourse triomphalement ces dernières années, les fonds d’investissement vedettes tels Blackstone, KKR ou Carlyle voient aujourd’hui leur cours s’effondrer, frappés par une crise qui remet en cause le principe même de leur cotation.
En juin, le fonds Blackstone, rendu célèbre par l’acquisition du promoteur immobilier Equity Office pour 39 milliards de dollars début 2007, a levé 4,13 milliards de dollars lors de son entrée en Bourse.
Il s’agissait de la plus importante introduction à Wall Street en cinq ans.
Moins de neuf mois plus tard, l’action a perdu plus de la moitié de sa valeur.
« Même à ce prix, je trouve que c’est cher », estime Peter Schiff, président du courtier Euro Pacific Capital. « Comment savez-vous combien vaut cette société ? Vaut-elle seulement quelque chose ? » s’interroge-t-il.
Les puissants fonds américains ont bâti leur succès sur la gestion de l’argent de clientèles fortunées, faisant fructifier les sommes investies en acquérant des participations, le plus souvent dans des sociétés non cotées.
Grâce à des restructurations et des plans d’économie vigoureux, ces acquisitions ont souvent offert aux investisseurs des taux de rendement très supérieurs à ceux que pouvaient proposer la Bourse.
Forts de leur réussite insolente, les fonds ont profité de marchés financiers euphoriques ces dernières années pour s’introduire en Bourse, calculant leur prix d’introduction comme un pourcentage de leurs actifs sous gestion.
« Ces actifs étaient beaucoup trop chers et le problème est que beaucoup de ces acquisitions étaient financées par de la dette », explique M. Schiff.
La crise financière a brutalement changé la donne et fait profondément évoluer la situation de ces fonds.
« Les sociétés (dans lesquels les fonds avaient investi, NDLR) ont eu des résultats moins bons qu’espérés, la dette est devenue plus chère et ils ont eu des problèmes », résume M. Schiff, pour expliquer la chute des cours.
Blackstone a publié lundi un bénéfice de 1,62 milliard de dollars sur l’année 2007, mais une perte de 170 millions de dollars au quatrième trimestre. « L’environnement de notre activité a présenté des défis significatifs au deuxième semestre » 2007, a reconnu le PDG Stephen Schwarzman.
La baisse de valeur des actifs détenus par les fonds a pris des proportions plus inquiétantes encore pour ceux qui possédaient en portefeuille des titres financiers adossés à des prêts immobiliers américains.
C’est le cas du véhicule coté du puissant fonds d’investissement KKR, baptisé KKR Financial Holdings, qui a annoncé, fin février, avoir échoué à se refinancer et être en négociations avec ses créanciers.
Le fonds avait vendu à des investisseurs des titres de dette à court terme gagés sur des titres financiers adossés à des créances immobilières. Faute de liquidités, il n’est pas parvenu à rembourser ces titres à l’échéance.
Une mésaventure similaire est arrivée à un autre fonds géant, Carlyle, dont le fonds coté à Amsterdam avait en portefeuille pour 21 milliards de dollars de titres adossés à des prêts immobiliers à taux ajustables (RMBS).
Carlyle Capital Corporation (CCC), le fonds coté de Carlyle, n’a pu rembourser les montants gagés sur ces titres. Son insolvabilité a déclenché une vente de titres en urgence et largement entamé sa crédibilité.
L’action CCC a été suspendue lundi à Amsterdam pour la deuxième séance consécutive, après avoir perdu 58 % de sa valeur sur la seule séance de jeudi, alors que KKR Financial Holdings a vu son cours divisé par deux en un an.
Pour l’heure, les maisons mères des fonds cotés ont choisi de ne pas les renflouer massivement pour tenter d’enrayer leur chute.
En l’état, il semble que le concept d’introduction en Bourse d’un fonds d’investissement géant appartienne désormais au passé. « Ils ne pourront plus y arriver. La fenêtre s’est fermée », estime M. Schiff.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Entrés en Bourse triomphalement ces dernières années, les fonds d’investissement vedettes tels Blackstone, KKR ou Carlyle voient aujourd’hui leur cours s’effondrer, frappés par une crise qui remet en cause le principe même de leur cotation.
En juin, le fonds Blackstone, rendu célèbre par l’acquisition du promoteur immobilier Equity Office pour 39 milliards de dollars début 2007, a levé 4,13 milliards de dollars lors de son entrée en Bourse.
Il s’agissait de la plus importante introduction à Wall Street en cinq ans.
Moins de neuf mois plus tard, l’action a perdu plus de la moitié de sa valeur.
« Même à ce prix, je trouve que c’est cher », estime Peter Schiff, président du courtier Euro Pacific Capital. « Comment savez-vous combien vaut cette société ? Vaut-elle seulement quelque chose ? »...