Les « couples exécutifs » en Russie,
attelage parfait ou cauchemar ?
le 03 mars 2008 à 00h00
L’histoire russe offre de nombreux exemples de « couples exécutifs » qui ont connu des fins pour le moins inattendues. La difficile cohabitation du dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, avec le premier président russe, Boris Eltsine, a précipité l’effondrement de l’URSS. Eltsine s’est brouillé quelques années plus tard avec son vice-président Alexandre Routskoï, et leur différend n’a pris fin que lorsque le premier a ordonné aux chars de bombarder le Parlement russe.
Mais on relève aussi des cas où le partage du pouvoir a eu du bon, note Roy Medvedev, éminent historien russe qui, à l’époque soviétique, écrivit un ouvrage « dissident » sur Staline intitulé Que l’histoire juge. L’un de ces exemples, dit-il, remonte à la période où le tsar Nicolas II a de facto gouverné avec Piotr Stolypine, son puissant Premier ministre, qui, avant d’être assassiné en 1911, parvint à contenir l’agitation sociale et à mettre en œuvre une réforme agraire.
Sous le régime soviétique le plus orthodoxe, le secrétaire général du PCUS Leonid Brejnev s’est allié, pour gouverner, à Alexeï Kossyguine, président du Conseil des ministres. Avant de démissionner en 1980 pour raisons de santé, Kossyguine a contrôlé l’économie et représenté Moscou à l’étranger, tandis que Brejnev assurait la direction du parti, note Roy Medevev. « De ces deux exemples, on peut conclure qu’un tel système est possible en Russie, ajoute-t-il. La Russie est si vaste que (...) deux personnes, s’il s’agit de personnalités convenables et de qualité, peuvent se supporter longtemps à condition de se répartir les domaines de responsabilité. »
L’histoire russe offre de nombreux exemples de « couples exécutifs » qui ont connu des fins pour le moins inattendues. La difficile cohabitation du dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, avec le premier président russe, Boris Eltsine, a précipité l’effondrement de l’URSS. Eltsine s’est brouillé quelques années plus tard avec son vice-président Alexandre Routskoï, et leur différend n’a pris fin que lorsque le premier a ordonné aux chars de bombarder le Parlement russe.
Mais on relève aussi des cas où le partage du pouvoir a eu du bon, note Roy Medvedev, éminent historien russe qui, à l’époque soviétique, écrivit un ouvrage « dissident » sur Staline intitulé Que l’histoire juge. L’un de ces exemples, dit-il, remonte à la période où le tsar Nicolas II a de facto gouverné avec Piotr...
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