Dans un village du Liban-Sud, une région dévastée par les conflits successifs avec Israël, Hassan creuse un abri dans une colline. Pour lui, mieux vaut prendre ses précautions après la « guerre ouverte » déclarée par le Hezbollah au voisin israélien, rapporte Jihad Siqlawi, dans un reportage de l’AFP.
Moins de deux ans après le conflit entre la formation chiite et l’État hébreu, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a soulevé un vent de panique dans cette région où prédomine son parti, en déclarant une « guerre ouverte » à Israël après l’assassinat de l’un de ses dirigeants, Imad Moghniyé, le 12 février à Damas.
« Nous ne voulons pas que nos maisons soient détruites », dit Hassan, 51 ans, un ouvrier du bâtiment d’al-Halloussieh, près de la ville côtière de Tyr. À l’été 2006, pendant les bombardements israéliens qui ont fait plus d’un millier de morts, dont une majorité de civils libanais, sa demeure est restée par miracle intacte alors que celles de tous ses voisins ont été détruites.
À Saddiquine, un village complètement rasé par l’aviation israélienne en 2006, Mohammad Balhass est convaincu qu’une nouvelle guerre aura lieu.
« Nasrallah n’aurait pas parlé de guerre ouverte si le Hezbollah n’avait pas la capacité de tenir tête à Israël. Mais c’est toujours nous qui payons le prix », estime ce jeune homme.
« Depuis 2006, je prends des antidépresseurs, confie Iman, 51 ans, de la région d’el-Hoch. Et depuis le discours de Nasrallah, j’essaie d’obtenir un visa pour quitter ce pays. »
La perspective d’un nouveau conflit inquiète les habitants de cette région méridionale qui commence à peine à se relever des destructions de la dernière guerre.
Les maisons sont en reconstruction dans de nombreux villages où une partie de la population, qui avait fui, n’est toujours pas rentrée. Les rues sont encore jonchées de gravats et de morceaux de ferraille, et plusieurs routes restent impraticables.
Près des fermes de Chebaa, Hussein Yehia, un berger de 75 ans, s’insurge contre la perspective d’un nouveau conflit. « Pourquoi devrions-nous payer le prix de ces guerres, qu’ils nous laissent vivre en paix ! » clame cet homme.
Joumana Issa venait de se marier durant l’été 2006, quand les frappes israéliennes ont détruit sa nouvelle maison. Et la guerre, elle n’en veut plus. « Personne n’a le droit de décider seul de la guerre et de la paix », lance-t-elle dans une pique au Hezbollah.
Mais d’autres continuent à afficher leur loyauté à la Résistance armée face à Israël, comme Ali Kcheich, originaire de Khiam où des centaines de personnes, combattants et civils, ont été détenues et maltraitées dans une prison érigée par Israël en 1985.
« Je n’aime pas la guerre, mais tout est permis pour la Résistance que l’on considère comme notre seule référence », assure d’un air déterminé ce commerçant de 45 ans.
À Marjeyoun, Mohammad Yassine, un électricien de 38 ans, n’a pas encore fini de reconstruire sa maison, mais est convaincu que « rien d’autre que la force ne peut arrêter Israël ».
Originaire d’un hameau près des fermes de Chebaa, Hussein Dagher, qui a perdu un frère en 2006, souhaite, lui, que le « Hezbollah attaque Israël avec ses missiles ».
Certains, comme Souleiman Mouhieddine, ont pris le parti d’en rire. Rentré d’Abidjan après la guerre, il a découvert son appartement entièrement détruit, et attend toujours l’aide pour la reconstruction. « Après avoir écouté le discours de Nasrallah, je ne touche plus à rien. Si ça recommence, ils pourront me verser des compensations pour les deux guerres. »
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Moins de deux ans après le conflit entre la formation chiite et l’État hébreu, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a soulevé un vent de panique dans cette région où prédomine son parti, en déclarant une « guerre ouverte » à Israël après l’assassinat de l’un de ses dirigeants, Imad Moghniyé, le 12 février à Damas.
« Nous ne voulons pas que nos maisons soient détruites », dit Hassan, 51 ans, un ouvrier du bâtiment d’al-Halloussieh, près de la ville côtière de Tyr. À l’été 2006, pendant les...