La survenue des catas naturelles, pensait-on, allait éclipser quelque peu les âneries proférées sur la scène politique. Loupé ! D’autres âneries sont aussitôt débitées sous couvert d’expertise scientifique. Chassez le naturel libanais, il revient par la fenêtre…
Premier épisode : une série de petites tremblettes de quelques secondes, qui font plus de peur que de mal. À entendre les commentaires de-ci de-là, ce serait bientôt comme à Kobe, au Japon en 1995, voire San Francisco en 1906. Mais la ficelle était tellement grosse, qu’il n’était vraiment pas besoin d’attendre un démenti pour s’assurer que le jus de crâne était bidon.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que l’onde de choc s’est propagée avec une fulgurance inouïe… dans le réseau du cellulaire. Diable ! Faut bien se téléphoner pour s’instruire d’informations hautement pertinentes : un, savoir si l’interlocuteur a bien eu, lui aussi, la bougeotte ; deux, à quelle heure exactement il a commencé à tanguer, bien que c’était partout le même top chrono à la seconde près ; trois, que faisait-il à cet instant précis, comme si la posture, ablutions intimes ou curetage de nez, faisait toute la différence.
On aura remarqué aussi que plus le gnouf curieux était confortablement installé loin de l’épicentre de la secousse, plus il secouait son téléphone à tout berzingue. Évidemment, les gueux du Sud qui ont pris, eux, le Parkinson sismique en pleine poire, personne n’a pensé à leur téléphoner… Salauds de pauvres !
Deuxième épisode : la tempête et la vague de froid. Là aussi, pas question de nous laisser prendre le temps comme il vient. Voilà qu’on recommence à nous réchauffer la planète dans les médias. Une vieille manie apocalyptique, qui pour l’instant ne réussit qu’à nous chauffer les oreilles. Avec toutefois cette variation épatante : si on gèle, c’est parce que la terre a très chaud. Donc, quand viendra l’été, faudra sans doute bien se couvrir pour bronzer au soleil et brouter à l’avance les fleurs OGM du printemps d’après…
Il reste que même dans les feuilletons sismiques et climatiques, faut que la zizanie politicienne s’en mêle. Pour certains esprits éclairés, il est certain que le Signoret a bidouillé le climat avec l’aide des Américains ; quant au séisme, il n’est que la conséquence d’un tir d’essai de missile souterrain actionné par le Sayyed Barbu himself.
On ne change pas la recette d’un fromage politique aussi nourrissant.
Gaby NASR
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La survenue des catas naturelles, pensait-on, allait éclipser quelque peu les âneries proférées sur la scène politique. Loupé ! D’autres âneries sont aussitôt débitées sous couvert d’expertise scientifique. Chassez le naturel libanais, il revient par la fenêtre…
Premier épisode : une série de petites tremblettes de quelques secondes, qui font plus de peur que de mal. À entendre les commentaires de-ci de-là, ce serait bientôt comme à Kobe, au Japon en 1995, voire San Francisco en 1906. Mais la ficelle était tellement grosse, qu’il n’était vraiment pas besoin d’attendre un démenti pour s’assurer que le jus de crâne était bidon.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que l’onde de choc s’est propagée avec une fulgurance inouïe… dans le réseau du cellulaire. Diable ! Faut bien se téléphoner...