Les États-Unis pourront utiliser dans certaines circonstances la simulation de noyade lors d’interrogatoires de suspects de terrorisme, a annoncé hier la Maison-Blanche, refusant de qualifier cette pratique d’acte de torture. Cette technique est appelée le « waterboarding ». « Cela dépendra des circonstances », a indiqué le porte-parole Tony Fratto, ajoutant : « Si l’on croit qu’une attaque pourrait être imminente, cela pourra être une circonstance dont on voudra vraiment tenir compte. » « Le président (Bush) écoutera le jugement averti des professionnels du renseignement et le jugement du ministre de la Justice en termes de conséquences légales de l’emploi d’une technique particulière », a ajouté le porte-parole. Ces commentaires de la Maison-Blanche surviennent au lendemain d’une audition au Congrès du directeur de la CIA Michael Hayden qui a admis pour la première fois que l’agence de renseignements avait utilisé la simulation de noyade sur trois prisonniers suspectés de liens avec el-Qaëda. Ces détenus étaient Khaled Cheikh Mohammad, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, Abou Zoubaydah, premier membre influent présumé d’el-Qaëda capturé par les États-Unis après le 11-Septembre, et Abd Rahim al-Nashiri, un autre responsable présumé du réseau islamiste. Après des années durant lesquelles l’Administration Bush se refusait à évoquer les techniques d’interrogations utilisées au prétexte que cela aurait mis en danger la sécurité nationale, le président George Bush « a autorisé le général Hayden à dire ce qu’il a dit », a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche. « L’impact cumulé des discussions publiques au sujet de cette technique a conduit à un consensus selon lequel on pouvait faire une exception dans ce cas », a-t-il ajouté. « Il y a eu beaucoup de choses écrites, dans les journaux, les magazines, pas toujours vraies, et il y a donc eu un consensus (pour évoquer) cette technique en particulier », a encore dit Tony Fratto. Interrogé sur les facteurs que Bush pourrait prendre en compte pour décider ou non de réautoriser l’utilisation de la simulation de noyade ou « d’autres techniques avancées », le porte-parole n’a pas donné de détails. Selon lui, le directeur de la CIA devra s’adresser au ministre de la Justice pour discuter « des circonstances en fonction desquelles une technique particulière serait utilisée et des garde-fous ». Ensuite, le ministre de la Justice devrait décider de la légalité de cette pratique, avant d’en référer à la Maison-Blanche qui tranchera. Tony Fratto a refusé de qualifier de torture les techniques d’interrogatoires musclées de la CIA. « La torture est illégale. Chaque technique avancée utilisée par la CIA dans ce programme avait été soumise au département de la Justice et ils avaient estimé que, dans des circonstances particulières, et avec des garde-fous, c’était légal. » « Le programme (d’interrogation) et les techniques utilisées ont été jugés légaux », a insisté le porte-parole, en assurant que le programme continuera, en conformité avec la loi américaine et « les obligations légales » des Conventions de Genève.
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