Alors que le chef du parti Kataëb, Amine Gemayel, soutenait hier que les critiques formulées par le Hezbollah à l’encontre de l’armée servaient d’abord à « semer le chaos dans le pays » et ensuite à dire au commandant en chef de l’armée Michel Sleimane que le Hezb « refuse désormais de l’élire comme président de la République », le mouvement Amal se déclarait, lui, « satisfait » de la tournure prise jusque-là par l’enquête concernant les dérapages du « dimanche noir ». Au total, ce sont 17 personnes, dont 11 militaires, qui ont été arrêtées. Le Hezbollah restait de son côté plus réservé sur la question (voir par ailleurs).
Dans une interview accordée à un site Internet, l’ancien président Amine Gemayel a affirmé que « l’aspect social des émeutes n’était qu’un prétexte aux actes de vandalisme » commis dimanche dernier. « Cette action sur le terrain était politique par excellence. Ils (l’opposition) savent pertinemment bien que le gouvernement ne fonctionne pas de manière complète et que par conséquent, il n’est pas capable de répondre à toutes les revendications », a affirmé Amine Gemayel, après avoir rappelé la paralysie dont est victime le Parlement et le blocage qui en résulte au niveau du vote des lois. M. Gemayel a aussi imputé l’insuffisance des services sociaux prodigués par le gouvernement au « sit-in, aux actes troublant l’ordre public et à la paralysie des institutions ». « Comment ces manifestants s’attendent-ils à ce que le gouvernement réponde à leurs demandes » dans ces conditions, s’est aussi interrogé M. Gemayel.
Le député membre du bloc du Courant du futur, Azzam Dandachi, a estimé, quant à lui, que les incidents du « dimanche noir » ont résulté « d’une trop grande mobilisation confessionnelle (...). S’il fallait absolument désigner des responsables, je désignerais les médias audiovisuels qui manquent d’objectivité et prennent parti pour un courant en particulier ». M. Dandachi a poursuivi en soulignant que « seule l’armée libanaise peut protéger le pays et les citoyens. Mais ce qui se passe a pour but de saper l’armée, qui a pour principale mission de préserver la paix civile ».
Amal : Un début positif
Du côté du mouvement Amal, c’est toutefois la confiance en l’enquête en cours qui a dominé. « C’est un début positif, car cela fait preuve de sérieux, de fermeté, de célérité et d’objectivité. Mais tout va dépendre des conclusions de l’enquête », a déclaré à l’AFP un porte-parole du mouvement. « C’est ce que les gens attendaient du commandement militaire (...) Nous sommes satisfaits », a-t-il ajouté avant de souligner que cette décision « aidera beaucoup à contenir la situation » au Liban.
Le cadre Amal Kabalan Kabalan a estimé à cet égard au cours d’un meeting partisan à Tyr qu’il était « surpris des déclarations faites par quelques politiciens, campagnes médiatiques à l’appui, dans lesquelles ils disent ne pas vouloir d’enquête sur les incidents de Mar Mikhaël ». Pour M. Kabalan, « ceux qui ont œuvré pour la sédition ne veulent pas d’une bonne relation entre l’armée et les citoyens ». Il a ainsi fait assumer la responsabilité à ceux qui ont « poussé à la discorde » parce que « le tueur n’est pas celui qui tire, c’est celui qui incite et qui protège cette crise, qu’il soit ministre, député ou un média qui déverse son poison de manière quotidienne ».
« Aujourd’hui, nous exprimons notre satisfaction et nous saluons les résultats préliminaires. Nous espérons et demandons que cela continue jusqu’à la fin pour que ceux qui désirent semer la discorde entre l’armée et les citoyens apprennent une bonne leçon et obtiennent la punition qu’ils méritent », a également indiqué M. Kabalan.
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Dans une interview accordée à un site Internet, l’ancien président Amine Gemayel a affirmé que « l’aspect social des émeutes n’était qu’un prétexte...