La terne campagne pour la présidentielle russe du 2 mars a été prise hier de remous inattendus : la commission électorale a soufflé le chaud et le froid sur l’enregistrement ou non de l’opposant libéral Mikhaïl Kassianov, et les communistes ont menacé de boycotter une « bouffonnerie ».
La commission électorale a annoncé qu’elle disposait d’ores et déjà de suffisamment d’éléments pour invalider la candidature de l’opposant libéral Mikhaïl Kassianov : sur les deux millions de signatures de soutien collectées à travers la Russie, 13,38% posent problème, bien au-dessus du seuil toléré de 5%. « C’est une raison suffisante au rejet de son enregistrement comme candidat à la présidentielle », a annoncé dans la matinée un membre de la commission, Nikolaï Konkine, précisant qu’une annonce officielle serait faite dimanche. Le même responsable a cependant semblé faire machine arrière en fin de journée alors que les médias russes annonçaient déjà comme un fait acquis l’élimination de l’ancien Premier ministre. « Si les requêtes des représentants de M. Kassianov sont acceptées, alors il est possible que le volume des données non fiables soit réduit », a ainsi assuré M. Konkine à l’agence Interfax.
M. Kassianov, contre lequel le parquet a ouvert une enquête, dénonce une attaque « politique », accusant le président Vladimir Poutine de tirer les ficelles de la commission, présidée par un de ses fidèles, Vladimir Tchourov.
« Seules 200 signatures sur 600 000 peuvent être qualifiées de fausses ou suspectes », a opposé hier M. Kassianov lors d’une visite à Bruxelles, cité par l’agence RIA-Novosti. « Le reste, ce sont des problèmes techniques pour lesquels nous allons faire appel. Et je suis sûr que ces formalités et aspects techniques ne donneront pas lieu à un refus d’enregistrement », a-t-il ajouté. Son sort dépend, selon lui, de la volonté du régime de donner une illusion de multipartisme à ce scrutin ou de ne pas s’en encombrer.
Le dauphin de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev, est certain d’être élu dans un climat de très fort apolitisme en Russie et de contrôle total de la télévision au point que nombres de Russes disent ne pas connaître ses concurrents. Pour l’heure, quatre candidats sont officiellement enregistrés : outre M. Medvedev, il s’agit du communiste Guennadi Ziouganov, de l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski et d’Andreï Bogdanov, un quasi-inconnu à la tête du petit Parti démocratique de Russie, accusé d’être une création du Kremlin.
Mais hier, coup de tonnerre dans cette campagne dominée par l’ennuyeuse omniprésence de M. Medvedev, dont les visites quotidiennes, d’hôpital en école, font l’ouverture des journaux télévisés : Guennadi Ziouganov a menacé de boycotter un scrutin réduit selon lui à une « bouffonnerie ». Il a notamment réclamé que des débats télévisés soient organisés dès le lancement officiel de la campagne, le 2 février, expliquant avoir envoyé une demande en ce sens à M. Medvedev il y a plus d’une semaine. « En l’absence de réponse, nous n’excluons pas d’étudier la question » d’un retrait de la course à la présidentielle, a menacé M. Ziouganov, confirmant des rumeurs de presse cette semaine sur son retrait de la course en signe de protestation.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La terne campagne pour la présidentielle russe du 2 mars a été prise hier de remous inattendus : la commission électorale a soufflé le chaud et le froid sur l’enregistrement ou non de l’opposant libéral Mikhaïl Kassianov, et les communistes ont menacé de boycotter une « bouffonnerie ».
La commission électorale a annoncé qu’elle disposait d’ores et déjà de suffisamment d’éléments pour invalider la candidature de l’opposant libéral Mikhaïl Kassianov : sur les deux millions de signatures de soutien collectées à travers la Russie, 13,38% posent problème, bien au-dessus du seuil toléré de 5%. « C’est une raison suffisante au rejet de son enregistrement comme candidat à la présidentielle », a annoncé dans la matinée un membre de la commission, Nikolaï Konkine, précisant qu’une annonce...