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« Subprime » : les rehausseurs de crédit pourraient aggraver la crise

La crise du « subprime » pourrait connaître un nouveau rebondissement avec l’effondrement des rehausseurs de crédit, métier largement méconnu jusqu’ici, dont la possible faillite serait susceptible d’avoir des conséquences dramatiques pour les marchés financiers. Les principaux acteurs du secteur aux États-Unis, MBIA et Ambac, sont très chahutés depuis deux jours à la Bourse de New York, après avoir déjà parcouru ces dernières semaines un véritable chemin de croix boursier. Vers 15h55 GMT, le numéro un américain MBIA cédait 20,50 %, à 7,33 dollars, après avoir déjà laissé en chemin 31,19 % lors de la séance précédente. Son dauphin Ambac regagnait à la même heure 7,85 %, à 6,73 dollars, mais ce gain était loin de compenser sa chute de la veille (-51,89 %). Tous deux sont menacés de perdre leur bien le plus précieux, à savoir la note que leur ont attribuée les principales agences de notation. Cette note « AAA », la meilleure possible, leur permet d’assurer des émissions obligataires en faisant bénéficier les emprunteurs de termes plus favorables. Mais les mêmes agences de notation qui leur ont attribué cette note envisagent maintenant de l’abaisser, principalement du fait des conséquences de la crise des crédits immobiliers à risque (dits « subprimes »). Après avoir initialement choisi de n’assurer que les emprunts sans risque des collectivités locales américaines, les rehausseurs se sont, en effet, aventurés ces dernières années sur le terrain de la dette privée. Ils se sont ainsi portés garants du remboursement de titres complexes, adossés à des crédits « subprimes ». La dégringolade de la valeur de ces titres et l’augmentation de la probabilité de défaut de certains d’entre eux ont fragilisé ces rehausseurs, ainsi que leur note. Jeudi, l’agence Moody’s a indiqué qu’elle allait procéder à l’examen des notes d’Ambac et de MBIA, dans la perspective d’un éventuel abaissement. Une autre grande agence, Fitch, a fait de même pour le seul Ambac. Une telle décision aurait pour conséquence la dégradation automatique de tous les titres garantis par ces rehausseurs de crédit, diminuant sensiblement leur valeur. Un mouvement qui affecterait instantanément tous les investisseurs qui possèdent certains de ses titres dans leur portefeuille. Les grandes banques américaines, qui bien qu’ayant réduit leur exposition au subprime n’en ont pas effacé toute trace de leur bilan, seraient alors contraintes de passer de nouvelles dépréciations d’actifs. Ces dépréciations supplémentaires, alors même qu’elles ont déjà atteint plusieurs dizaines de milliards de dollars depuis l’éclatement de la crise, pèseraient directement sur les résultats des banques. Au-delà, les marchés financiers craignent désormais le dépôt de bilan pur et simple de certains rehausseurs, ce qui annulerait, de fait, la garantie dont bénéficient les titres qu’ils assurent, et provoquerait un vent de panique. Sans compter qu’elle aurait nécessairement des répercussions sur tous les acteurs du secteur, notamment FSA, filiale de la banque franco-belge Dexia, et CIFG, propriété conjointe des banques françaises Caisse d’épargne et Banque populaire. Pour convaincre les agences de notation, les rehausseurs de crédit sont dans l’obligation de se renflouer financièrement, les fonds levés leur permettant théoriquement de faire face au non-remboursement éventuel de certains titres. MBIA a bouclé cette semaine un plan de recapitalisation d’un milliard de dollars, annoncé en décembre. Pour avoir tardé, Ambac a dû renoncer hier à son propre plan de refinancement, annoncé mercredi, jugeant les conditions de marché trop défavorables.
La crise du « subprime » pourrait connaître un nouveau rebondissement avec l’effondrement des rehausseurs de crédit, métier largement méconnu jusqu’ici, dont la possible faillite serait susceptible d’avoir des conséquences dramatiques pour les marchés financiers.
Les principaux acteurs du secteur aux États-Unis, MBIA et Ambac, sont très chahutés depuis deux jours à la Bourse de New York, après avoir déjà parcouru ces dernières semaines un véritable chemin de croix boursier.
Vers 15h55 GMT, le numéro un américain MBIA cédait 20,50 %, à 7,33 dollars, après avoir déjà laissé en chemin 31,19 % lors de la séance précédente. Son dauphin Ambac regagnait à la même heure 7,85 %, à 6,73 dollars, mais ce gain était loin de compenser sa chute de la veille (-51,89 %).
Tous deux sont menacés de perdre leur...