Il semblerait bel et bien que Damas n’ait pas encore touché le prix qu’elle a fixé pour faciliter l’élection présidentielle au Liban, en poussant notamment ses alliés locaux à mettre un terme à leurs conditions rédhibitoires. Il semblerait aussi que la Syrie compte bien s’en tenir à ce plafond, surtout que ce scrutin paraît très cher aux yeux des Libanais, des Arabes et des Européens. Et plus tout ce monde-là montre son intérêt, plus la Syrie hausse son prix et menace de tout faire pour que perdure le vide, en attendant que quelqu’un veuille bien… payer.
Mais payer quoi exactement ? Des sources proches de Damas affirment que ce prix qu’il faudra débourser – et que personne n’est disposé à payer – est octuple :
– Aboutir à une réconciliation en bonne et due forme entre la Syrie et l’Arabie saoudite – pas uniquement une rencontre comme celle qui s’est déroulée en marge de la réunion des ministres arabes des AE au Caire la semaine dernière. Sachant naturellement que réconciliation syro-saoudienne équivaut à une démarginalisation de Damas par Washington…
– Assurer le succès du prochain sommet arabe des chefs d’État et de gouvernement censé se tenir à Damas par le biais d’une position panarabe unie sur les grands dossiers de l’heure, et notamment en ce qui concerne l’avènement d’une paix juste et durable au P-O.
– Assurer l’émergence d’un pouvoir au Liban qui rassurerait et satisferait la Syrie, tant au niveau de la présidence de la République que du gouvernement, au sein duquel les alliés de la Syrie devraient bénéficier du tiers de blocage. La Syrie, après avoir réussi à écarter tout candidat du 14 Mars pour Baabda, voudrait faire de même pour le Sérail. En gros : la Syrie refuse toute personne qui a joué un rôle dans la formation du tribunal spécial pour le Liban et dans le retrait humiliant pour Damas des forces syriennes du territoire libanais.
– Faire en sorte que l’acte d’accusation dans l’assassinat de Rafic Hariri ne lèse en rien le régime syrien ni ne le mette au banc des accusés, surtout en ce qui concerne ses grands cadres.
– Aboutir à un soutien des pays arabes à l’Iran en ce qui concerne son dossier nucléaire et refuser que la moindre parcelle de territoire arabe ne soit utilisée dans le cadre d’une guerre contre Téhéran.
– Assurer au Hezbollah la pérennité de ses armes, du moins tant qu’Israël continue d’occuper des parcelles de terres libanaises et tant que le danger que constitue l’État hébreu reste vivace. Donc jusqu’à la paix.
– Assurer l’application des résolutions onusiennes concernant le Liban, notamment les 1559 et 1701, à travers le dialogue interlibanais et uniquement par le consensus.
– Tenir des élections législatives anticipées au Liban en cas d’échec de l’élection présidentielle et la formation d’un gouvernement avec tiers de blocage à l’opposition. Lesquelles élections seraient supervisées par un gouvernement indépendant après l’adoption d’une nouvelle loi électorale.
Sauf que les milieux politiques écartent la réalisation des ambitions syriennes, et estiment que le Liban continuera à faire face aux dangers du vide sine die et la Syrie à profiter de cet outil de pression par le biais de son bras armé politique au Liban : la troïka Berry-Nasrallah-Aoun. Pour ces mêmes milieux, Damas, qui parie toujours sur le temps, compte bien voir la majorité au Liban accepter la tenue de législatives anticipées, comme elle avait accepté de renoncer à Nassib Lahoud et Boutros Harb comme candidats à la présidence. D’autant que la Syrie pense réellement que ses alliés au Liban remporteraient haut la main ces élections-là.
En un mot comme en cent : Damas ne cédera rien à moins que soit assuré le tiers de blocage à ses alliés et certainement pas à Michel Sleimane ; une condition catégoriquement refusée par la majorité. C’est effectivement le serpent qui se mord la queue à l’infini.
Il semblerait bel et bien que Damas n’ait pas encore touché le prix qu’elle a fixé pour faciliter l’élection présidentielle au Liban, en poussant notamment ses alliés locaux à mettre un terme à leurs conditions rédhibitoires. Il semblerait aussi que la Syrie compte bien s’en tenir à ce plafond, surtout que ce scrutin paraît très cher aux yeux des Libanais, des Arabes et des Européens. Et plus tout ce monde-là montre son intérêt, plus la Syrie hausse son prix et menace de tout faire pour que perdure le vide, en attendant que quelqu’un veuille bien… payer.
Mais payer quoi exactement ? Des sources proches de Damas affirment que ce prix qu’il faudra débourser – et que personne n’est disposé à payer – est octuple :
– Aboutir à une réconciliation en bonne et due forme entre la Syrie et l’Arabie...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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