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Actualités - Analyse

ANALYSE L’économie mondiale menacée par le ralentissement aux États-Unis

L’Europe ne sera pas épargnée par une récession aux États-Unis et l’Asie sans doute non plus, estiment de plus en plus d’investisseurs internationaux. L’argument d’un « découplage » entre l’économie mondiale et les États-Unis avait pu trouver quelque crédit ces dernières années alors que la croissance économique américaine ralentissait et que l’économie mondiale affichait une croissance musclée de 5 %. Cela avait d’ailleurs encouragé les investissements hors des États-Unis. Cet optimisme semble de moins en moins de mise alors que les États-Unis semblent se diriger droit vers une récession sous les effets induits de la crise de l’immobilier. « Une des questions-clés de cette année est de savoir si le ralentissement aux États-Unis va faire tache d’huile », estime Peter Norfolk, analyste chez le consultant maritime Simpson, Spence & Young. « Le marché a commencé à montrer des signes de sa préoccupation nettement plus forte qu’avant de l’état des dépenses nationales en Europe », indique l’analyste de Goldman Sachs, Dominic Wilson. « Une entrée en récession des États-Unis accroît les risques pour la croissance dans le reste du monde. » Il semble que nombre de problèmes qui affectent l’économie américaine se transmettent à l’Europe. Ainsi, les prix de l’immobilier résidentiel baissent non seulement aux États-Unis, mais aussi au Royaume-Uni et en Espagne. Le consommateur européen se débat sous le poids d’une forte hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Aux États-Unis, l’indice Standard & Poor’s de la distribution accuse une chute de 31 % depuis la mi-juin, les investisseurs estimant que les ménages américains vont être sous pression avec la chute du marché du logement, des conditions de crédit plus restrictives et la hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie. Autre preuve d’un ralentissement global, un indicateur très suivi de la demande de transport maritime, l’indice du fret maritime des Bourses baltes a reculé de près de 5 % vendredi, sa plus forte chute quotidienne depuis 1985. L’indice, qui suit les principales routes commerciales pour les matières premières, accuse une chute de 30 % depuis son plus haut touché en novembre. L’indice du fret a monté de près de 150 % l’an dernier alors que les investisseurs pariaient sur une très forte demande des pays émergents comme l’Inde et la Chine. Or, si la croissance dans ces pays sera sans problème nettement supérieure à celle des pays développés, récession américaine ou pas, elle pourrait ne pas être aussi forte qu’espéré. Andrew Cates, économiste chez UBS, souligne que son baromètre de la croissance des pays émergents comparée à celle des pays développés, s’est récemment aplati. La thèse du découplage, indiquent les analystes de State Street Global Markets, est en train de perdre des partisans. Dans sa note hebdomadaire datée du 10 janvier, State Street indique que les investisseurs ont fortement réduit leurs positions sur les marchés émergents asiatiques au cours des trois derniers mois. « Les investisseurs institutionnels ne font pas partie des tenants de la théorie selon laquelle le monde renifle à peine quand les États-Unis sont fortement grippés », écrivent-ils.
L’Europe ne sera pas épargnée par une récession aux États-Unis et l’Asie sans doute non plus, estiment de plus en plus d’investisseurs internationaux.
L’argument d’un « découplage » entre l’économie mondiale et les États-Unis avait pu trouver quelque crédit ces dernières années alors que la croissance économique américaine ralentissait et que l’économie mondiale affichait une croissance musclée de 5 %. Cela avait d’ailleurs encouragé les investissements hors des États-Unis.
Cet optimisme semble de moins en moins de mise alors que les États-Unis semblent se diriger droit vers une récession sous les effets induits de la crise de l’immobilier.
« Une des questions-clés de cette année est de savoir si le ralentissement aux États-Unis va faire tache d’huile », estime Peter Norfolk, analyste...