«Le texte du communiqué publié à l’issue de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères est flou. Ce manque de précision est peut-être voulu. » C’est ce qu’a déclaré hier l’ancien chef de gouvernement, Omar Karamé, lors d’un point de presse. À l’issue d’une réunion regroupant les pôles de l’opposition de la Rencontre nationale libanaise, M. Karamé a affirmé : « Tout le monde est conscient, notamment les responsables arabes qui sont familiers avec le dossier libanais, des multiples problèmes en présence qui sont par ailleurs fondamentaux. S’ils ne sont pas pris en compte en vue d’un règlement et d’une entente interlibanaise, à ce moment-là, l’initiative arabe sera sans suite. » Plus explicite, M. Karamé a soutenu que l’accord devrait porter « sur une participation réelle de l’opposition dans le cadre du gouvernement d’union nationale, sinon, on n’aura rien réalisé ».
Prié de dire si, par participation, il entend le maintien du principe du tiers de blocage, le leader sunnite a répondu :
« Peu importe le nombre (des ministres de part et d’autre), l’important est que l’opposition soit convaincue qu’elle participe effectivement au pouvoir. ».
À la question de savoir si la majorité s’engagera à exécuter le reste des clauses proposées par les ministres arabes une fois le président élu, M. Karamé a affirmé : « Le fond du problème est l’absence de confiance entre les parties politiques (...) d’autant que la majorité, comme nous l’avons vu au cours des épisodes précédents, est souvent revenue sur ses promesses. Si elle n’exécute pas l’ensemble des clauses du communiqué (des ministres arabes) nous aurons alors à faire face à un énorme problème. »
Prié de dire si le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, entendra une voix unifiée chez l’opposition, l’ancien chef de gouvernement a tranché : « Certainement. L’opposition est unie. Elle a exprimé, dans toutes ses composantes, des réactions positives dans l’ensemble. Nous ne nous prononcerons pas toutefois qu’après avoir entendu ce dont Amr Moussa est porteur. » Évoquant les commentaires du chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, à ce propos, M. Karamé a relevé qu’il s’agit de son « avis personnel ». Il a toutefois souligné qu’il préférait attendre la venue du secrétaire général de la Ligue. L’ancien chef de gouvernement a par ailleurs relevé que la question de la répartition des postes ministériels, notamment le fait de désigner le quota de ministres qui relèveraient du président de la République, ou des autres parties en présence, « n’est pas prévu dans les accords de Taëf. Il s’agit d’une nouvelle coutume qui a été inaugurée au cours de cette crise ».
Par ailleurs, le député du Bloc de la libération et du développement, Abdel-Majid Saleh, a affirmé dans un entretien que M. « Berry voulait certes une solution libano-libanaise. Cependant, un règlement arabe ne saurait être considéré comme une ingérence dans les affaires internes libanaises ».
De son côté, le député Ismaïl Sukkariyé a fait part de son inquiétude concernant l’initiative arabe qui, a-t-il dit, risque de s’épuiser dans les coulisses de la politique politicienne interne.
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