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Actualités - Opinion

Pour l’heure, le scepticisme reste roi Émile KHOURY

Démarche louable de la Ligue. Résolutions en congrès, puis mission de Moussa : les Arabes se pointent de nouveau en conciliateurs principaux. Mais le diable est tapi dans les détails. Ou, plutôt, dans les intentions des protagonistes locaux ou des marionnettistes extérieurs. Les démarcheurs de bonne volonté ne sont eux-mêmes pas dupes. Des diplomates arabes soulignent, d’expérience, qu’il est difficile de faire confiance à Damas, adepte coutumier de la langue de bois et de l’acte d’acier. Ils relèvent que ce ne serait pas la première fois, tant s’en faut, que le régime syrien fait mine de mettre de l’eau dans son vin et de souscrire à des résolutions, pour montrer patte blanche, avant de les saper, de les torpiller, via ses alliés du cru en obtenant tout ce qu’il peut souhaiter : d’abord ne pas être désigné comme bloqueur attitré, et ne pas risquer un surcroît d’isolement arabe, qui se traduirait par l’annulation du sommet qu’il compte organiser chez lui en mars. Ensuite manipuler à sa guise la carte libanaise, en empêchant toute solution qui ne consacrerait pas sa primauté sur la scène libanaise. Voire le rétablissement total, ou presque, de sa tutelle politique. L’astuce consiste ainsi à dire : Voyez, moi je veux bien aider, mais l’opposition libanaise ne veut pas m’écouter, et n’est pas perméable à mon influence. Ajoutant que, malgré ses prétendus conseils lénifiants, les opposants n’en démordent pas, et s’en tiennent aux positions de refus déjà affichées. Coulant en surface mais dur en réalité, il ferait ainsi d’une pierre coup double. Le menu Cette obstruction s’étale sur les considérations suivantes : – Rejet de l’amendement de l’article 49 C devant permettre l’élection du général Michel Sleimane. Sous prétexte de ne pas en passer par un gouvernement qualifié d’illégitime. – Conséquemment, adoption d’une procédure articulée sur l’article 74 C, ordonnant l’élection en cas de vacance, sans se pencher sur les cas d’exception. Comme s’ils n’existaient pas, comme si de rien n’était et comme si la Constitution ne les avait pas prévus ailleurs. – Si d’aventure ce cap devait être franchi, il y aurait débat, et entraves, lors de la formation du prochain cabinet dit d’union nationale. Avec plein d’embrouilles potentielles à la clé : la personne du Premier ministre ; la répartition des portefeuilles importants, la Défense, l’Intérieur, les AE, la Justice ou les Finances ; les exigences nominales, comme imposer la présence de Sleimane Frangié, Michel Samaha, Talal Arslane, Abdel Rahim Mrad ou Wi’am Wahhab. – Enfin, l’entente sur un programme politique exposé dans la déclaration ministérielle, qui prendrait à elle seule des mois et des mois de pourparlers. Avec, du reste, fiasco possible à l’arrivée, tant il y a de sujets hautement conflictuels, dont un élément essentiel sur le plan interne : la loi électorale, l’opposition exigeant qu’elle soit taillée à sa mesure. Et le tiers de blocage ? Les résolutions arabes, qui mettent l’accent sur la nécessité d’accorder au président de la République le contrôle de la balance, semblent avoir des chances de régler ce nœud. Mais les autres embûches disponibles n’en deviennent que plus efficaces. Surtout si le général Michel Aoun continue à insister sur les constantes chrétiennes et sur la consécration des pouvoirs du président de la République qui nécessiterait une révision de la Constitution. L’impasse en vue du côté de la mise en place d’un cabinet dit d’union donne à penser qu’on se rabattrait sur un gouvernement d’indépendants. Mais là également, on ne voit pas trop pourquoi les parties qui recherchent la déperdition de l’État libanais joueraient le jeu.
Démarche louable de la Ligue. Résolutions en congrès, puis mission de Moussa : les Arabes se pointent de nouveau en conciliateurs principaux. Mais le diable est tapi dans les détails. Ou, plutôt, dans les intentions des protagonistes locaux ou des marionnettistes extérieurs.
Les démarcheurs de bonne volonté ne sont eux-mêmes pas dupes. Des diplomates arabes soulignent, d’expérience, qu’il est difficile de faire confiance à Damas, adepte coutumier de la langue de bois et de l’acte d’acier. Ils relèvent que ce ne serait pas la première fois, tant s’en faut, que le régime syrien fait mine de mettre de l’eau dans son vin et de souscrire à des résolutions, pour montrer patte blanche, avant de les saper, de les torpiller, via ses alliés du cru en obtenant tout ce qu’il peut souhaiter : d’abord ne pas être...