Les deux diplomates britannique et irlandais de l’ONU et de l’Union européenne déclarés persona non grata ont quitté hier l’Afghanistan, mais les discussions se poursuivent avec Kaboul pour tenter de mettre au clair ce que les Occidentaux qualifient de « malentendu ».
L’Irlandais Michael Semple, n° 2 de la mission de l’Union européenne, et le Britannique Mervyn Patterson, haut responsable de l’ONU en Afghanistan, sont partis à bord d’un vol de l’ONU tôt dans la matinée, a-t-on appris auprès de l’organisation internationale. Ils ont été sommés de quitter le territoire pour avoir « outrepassé leur mandat et nui à la sécurité nationale de l’Afghanistan », selon les autorités afghanes qui s’en tiennent à ces imprécisions. Leurs collègues afghans, qui seraient au nombre de deux selon des sources européennes, ont été arrêtés et seront jugés.
Entre-temps, les discussions se poursuivent et l’affaire devrait, indique un diplomate européen, « se régler au plus haut niveau entre le haut représentant pour la diplomatie de l’UE, Javier Solana, et la présidence afghane ». Pour un autre diplomate occidental, il y a « une inquiétude qu’il y ait eu des gens proches du président Hamid Karzaï qui n’aimaient pas les activités des deux hommes ». « Il y a un malentendu », a-t-il ajouté. Plus laconique, un porte-parole de l’ONU, Aleem Siddique, a indiqué que « les négociations continuent avec le gouvernement pour que puissent revenir ces membres vitaux de nos équipes ». « Ils sont tous deux des experts, parlent les langues locales, comprennent la nature tribale de ce pays, et constituent un énorme atout aux efforts de consolidation de la paix et de la stabilité », a-t-il souligné. De son côté, l’ambassadeur des États-Unis à Kaboul, William Wood, a estimé que cette affaire semble être « un malentendu » entre « amis ». « Je suis absolument confiant qu’ils étaient en train d’agir avec les meilleures intentions », a-t-il répondu, interrogé pour savoir si d’éventuels contacts avec des talibans pouvaient représenter une menace à la sécurité nationale de l’Afghanistan. « C’est une question extrêmement difficile », a dit le diplomate américain.
Les deux diplomates sont accusés d’avoir eu des discussions avec les talibans. Ils s’étaient rendus dans la province sud du Helmand vers la mi-décembre, peu après la reprise du district de Musa Qala, alors sous contrôle des talibans depuis 10 mois, par les autorités afghanes avec le concours des forces de l’OTAN. Selon M. Siddique, les deux diplomates « parlaient aux gens sur place pour comprendre leurs besoins et connaître leurs opinions sur le gouvernement afghan ». Il s’est dit quelque peu surpris que ces efforts aient été mal interprétés, réitérant que l’ONU « ne parle pas aux talibans, un point c’est tout ». « Nous ne donnons pas d’argent aux terroristes et nous ne récompensons pas les terroristes », a-t-il également déclaré, répondant à des informations non officielles sur une livraison d’armes aux talibans.
Dans un appel téléphonique à l’AFP, un porte-parole des insurgés, Zabihullah Mujahed, a démenti que ces diplomates aient eu des contacts avec des talibans.
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L’Irlandais Michael Semple, n° 2 de la mission de l’Union européenne, et le Britannique Mervyn Patterson, haut responsable de l’ONU en Afghanistan, sont partis à bord d’un vol de l’ONU tôt dans la matinée, a-t-on appris auprès de l’organisation internationale. Ils ont été sommés de quitter le territoire pour avoir « outrepassé leur mandat et nui à la sécurité nationale de l’Afghanistan », selon les autorités afghanes qui s’en tiennent à ces imprécisions. Leurs collègues afghans, qui seraient au nombre de deux selon des...