Rechercher
Rechercher

Actualités

Bethléem se remet à croire à un Noël « merveilleux »

Boudée par les touristes depuis le déclenchement de la seconde intifada, en 2000, Bethléem se prépare cette année à accueillir à nouveau des dizaines de milliers de pèlerins pour un Noël qualifié de « merveilleux », le premier de longue date. « Nous avons bon espoir que la ville demeure paisible. Je suis sûr que nous aurons un Noël merveilleux », confie, optimiste, Victor Bartaseh, le maire de cette ville de Cisjordanie où le Nouveau Testament situe la naissance de Jésus-Christ. Assis à côté d’un sapin en plastique, près de la place de la Mangeoire, à deux pas de la basilique de la Nativité, il dit attendre 30 à 40 000 touristes cette année, soit le double de l’année dernière. M. Bartaseh est convaincu, vu les taux d’occupation actuels, que les 2 000 lits des hôtels de Bethléem seront tous réservés pour Noël, après des années de chute du tourisme en Cisjordanie due aux violences israélo-palestiniennes. Les touristes reviennent, observe M. Bartaseh, en raison des efforts de paix et de la baisse des violences, mais aussi des initiatives prises par les Églises pour favoriser le tourisme vers l’un des lieux les plus saints du christianisme. « Nous voyons déjà les résultats », se réjouit Haya Saad, 27 ans, directrice commerciale de l’InterContinental de Bethléem, le seul « cinq étoiles » de la ville, dont les 250 chambres sont réservées. Cette année, l’hôtel a doublé son taux d’occupation pour les fêtes à la faveur d’une demande accrue des pèlerins d’Extrême-Orient et d’Europe de l’Est. Il y a encore deux mois, des militaires israéliens faisaient irruption dans l’InterContinental, à la poursuite d’un Palestinien qui leur avait lancé des pierres, se rappelle Mme Saad. « Mais les choses vont nettement mieux qu’avant. » Entre Noël et la Saint-Sylvestre, le bar de l’InterContinental organisera chaque soir une fête avec DJ et musique orientale. Mais il suffit de s’écarter des artères noyées sous les décorations de Noël et de s’enfoncer dans les ruelles oubliées par les pèlerins pour plonger à nouveau dans la misère du quotidien à Bethléem, où le taux de chômage dépasse 50 %. La ville se trouve désormais isolée de Jérusalem par la barrière de sécurité construite par Israël pour se protéger des groupes armés palestiniens. L’ouvrage de béton, qui passe au beau milieu d’oliveraies, a inspiré des artisans de Bethléem : certains proposent des crèches en bois où une réplique du mur de séparation interdit aux rois mages de se rendre auprès du petit Jésus. Le conflit a fait fuir les chrétiens qui ne seraient plus que 15 à 25 % à Bethléem, selon les estimations. Ils représentaient 92 % de la population avant la création d’Israël, en 1948, rappelle M. Bartaseh. Samir Qumsieh, responsable de la chaîne religieuse Nativity TV, est convaincu que la tendance est inéluctable. « Mon cauchemar, c’est l’émigration, lâche-t-il. Dans 15 ans, il n’y aura plus un seul chrétien à Bethléem. » Jennie MATTHEW (AFP)
Boudée par les touristes depuis le déclenchement de la seconde intifada, en 2000, Bethléem se prépare cette année à accueillir à nouveau des dizaines de milliers de pèlerins pour un Noël qualifié de « merveilleux », le premier de longue date.
« Nous avons bon espoir que la ville demeure paisible. Je suis sûr que nous aurons un Noël merveilleux », confie, optimiste, Victor Bartaseh, le maire de cette ville de Cisjordanie où le Nouveau Testament situe la naissance de Jésus-Christ.
Assis à côté d’un sapin en plastique, près de la place de la Mangeoire, à deux pas de la basilique de la Nativité, il dit attendre 30 à 40 000 touristes cette année, soit le double de l’année dernière. M. Bartaseh est convaincu, vu les taux d’occupation actuels, que les 2 000 lits des hôtels de Bethléem seront tous réservés...