Rechercher
Rechercher

Actualités

Bilan Les Libanais de l’étranger maintiennent le secteur touristique en vie

C’est un triste bilan de l’année écoulée qu’a dressé hier le ministre du Tourisme, Joe Sarkis, avant de quitter ses fonctions. Les principales réalisations du ministère en 2007 tiennent en deux mots : gestion de crise et promotion. Dans le volet gestion de crise, ont été brièvement évoqués les aides fiscales et les prêts bonifiés accordés aux opérateurs affectés par la guerre de juillet. Le volet promotion en revanche était plus fourni, concentrant l’essentiel des activités du ministère. Afin d’encourager le tourisme au Liban, le ministère a participé à un certain nombre de foires internationales et signé plusieurs accords de coopération, notamment avec la Chine. Pas moins de quatre spots publicitaires sur le Liban ont également été diffusés sur les chaînes locales et internationales. Le dernier en date témoigne d’ailleurs du degré d’ambition du tourisme libanais, sans cesse revu à la baisse. Ce spot, filmé à l’aéroport de Beyrouth, met en scène des retrouvailles entre les voyageurs et leurs proches, avec pour slogan : « Il n’y a pas d’endroit plus sûr que les bras de vos bien-aimés» (« There is no safer place than the arms of your loved ones »). L’insécurité et l’instabilité au Liban étant loin de rassurer les touristes, le ministère et avec lui l’ensemble du secteur touristique ont donc décidé de miser sur les Libanais de l’étranger, diaspora et expatriés. L’enjeu n’est pas des moindres. Selon l’administration centrale des statistiques, sur les 2 140 591 voyageurs entrés au pays du Cèdre l’an dernier, 914 716 étaient libanais, soit plus de 42 % du total des entrants. Et au rythme auquel les jeunes continuent à quitter le pays, cette source de revenus n’est pas prête de se tarir. Si la hausse de l’émigration est considéré comme un indicateur négatif pour l’économie nationale, cela n’est pas pour déplaire à certains secteurs. 770 000 billets d’avion vendus Les agences de voyages, en particulier, ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de plus de 25 % cette année, uniquement grâce aux ventes de billets d’avion. « Les Libanais de l’étranger nous font vivre depuis deux ans, la clientèle arabe étant encore très timide et les Occidentaux quasi inexistants », explique le président du syndicat des agences de voyages, Jean Abboud. Ainsi, près de 770 000 billets d’avion ont été émis jusqu’à fin novembre, contre 650 000 sur l’ensemble de l’année dernière. « Fin octobre, les agences de voyages avaient déjà engrangé environ 365 millions de dollars des ventes de billets, l’équivalent des recettes de toute l’année 2006 », poursuit M. Abboud, soulignant que l’activité de tourisme des tour-opérateurs, en revanche, est presque nulle. « 90 % des agences de voyages, qui reposent sur le “ticketing”, s’en sortent relativement bien, mais les 10 % restantes sont dans une situation très difficile. » D’autant que l’instabilité politique a aussi affecté les voyages organisés à l’extérieur pour les Libanais. Autre secteur touristique paradoxalement maintenu en vie uniquement grâce aux Libanais : celui de la restauration. « Globalement, l’année n’a pas été mauvaise, sauf pour les établissements du centre-ville, affirme le président du syndicat de la restauration, Paul Ariss. Aucun restaurant n’a fermé ses portes sauf dans le cœur de la capitale. De nouveaux projets ont même vu le jour à Hamra, à Verdun, à Achrafieh, à Gemmayzé et autres. Les restaurateurs de Batroun, affectés par les évènements de Nahr el-Bared, commencent aussi à retrouver le sourire. » Outre le développement des établissements libanais à l’étranger sous forme de franchises, « qui a pris une tournure exceptionnelle cette année », la restauration a été soutenue par la demande locale et celle des expatriés, explique Paul Ariss, saluant au passage l’attitude flexible des banques à l’égard des opérateurs en difficulté. « Le million de Libanais expatriés, surtout dans les pays arabes et en Afrique, qui reviennent environ cinq fois par an, ont permis d’assurer la continuité des affaires », souligne-t-il. Les hôtels sous perfusion Un secteur vital pour l’industrie profite cependant moins de cette équation : les hôtels. Même si le pouvoir d’achat des expatriés est généralement élevé, ils sont nombreux à se loger chez des proches ou dans les appartements meublés. « Globalement, le chiffre d’affaires du secteur hôtelier a baissé de 50 % par rapport à 2006, déplore le président du syndicat, Pierre Achkar. Mais il existe de nombreuses disparités en fonction des régions et du type d’établissement. » Et si un certain regain a été observé à l’approche des fêtes, il est loin de compenser l’inertie des 11 premiers mois. « Ces derniers jours, les réservations varient comme un marché boursier, réagissant à la moindre nouvelle politique. Avec l’annonce d’une élection présidentielle imminente, la semaine dernière, les réservations ont fortement augmenté, avant de chuter à nouveau après le report. » Les espoirs d’une fin d’année satisfaisante existent néanmoins, mais cela ne permettra pas de contrebalancer toute une année gâchée, assure Achkar qui parle d’un secteur en « soins intensifs ». Sahar AL-ATTAR
C’est un triste bilan de l’année écoulée qu’a dressé hier le ministre du Tourisme, Joe Sarkis, avant de quitter ses fonctions. Les principales réalisations du ministère en 2007 tiennent en deux mots : gestion de crise et promotion.
Dans le volet gestion de crise, ont été brièvement évoqués les aides fiscales et les prêts bonifiés accordés aux opérateurs affectés par la guerre de juillet.
Le volet promotion en revanche était plus fourni, concentrant l’essentiel des activités du ministère. Afin d’encourager le tourisme au Liban, le ministère a participé à un certain nombre de foires internationales et signé plusieurs accords de coopération, notamment avec la Chine.
Pas moins de quatre spots publicitaires sur le Liban ont également été diffusés sur les chaînes locales et internationales. Le dernier...