À Cordoue, à Grenade, ou plutôt à Malaga ? Partie de chasse ou rencontre avec des ouvriers agricoles ? Un épais mystère entoure le séjour privé qu’effectue ce week-end Mouammar Kadhafi, le « guide » en Andalousie (Sud), hors-d’œuvre à sa visite officielle à Madrid lundi et mardi. Une source diplomatique espagnole avait indiqué en début de semaine que le leader libyen mettrait à profit ses deux jours de détente en Andalousie pour visiter Cordoue et Grenade, capitales d’al-Andalus, le nom donné à la péninsule ibérique sous la domination maure, entre 711 et 1492. Mais « sauf changement de dernière minute », Cordoue et Grenade ont été successivement rayées de l’agenda pour raisons logistiques, a indiqué hier à l’AFP le ministère espagnol des Affaires étrangères, qui évoquait en revanche un possible déplacement à Malaga. L’ambassade de Libye s’abstenait quant à elle de commenter la partie privée du séjour de Kadhafi.
Seule apparente certitude, le « guide » libyen, accompagné d’une imposante délégation, plantera sa tente dans un palace de Séville ou des environs. Mais où ?
Selon le quotidien Publico, la visite de Kadhafi à la mosquée de Cordoue, convertie en cathédrale en 1236 pendant la Reconquête chrétienne, a été annulée car il souhaitait y prier, alors que l’église catholique s’oppose à la pratique du culte musulman dans ce chef-d’œuvre de l’architecture omeyyade (785-987). L’évêché de Cordoue, interrogé par l’AFP, invoque, lui, des raisons de sécurité, l’absence d’aéroport et l’étroitesse des accès au monument. Autant d’inconvénients qui n’ont toutefois pas empêché de nombreux dignitaires musulmans de visiter ce monument unique au monde, le dernier en date ayant été le président pakistanais Pervez Musharraf, en avril.
On prête encore au « guide » libyen l’intention de se livrer à une partie de chasse, près de Cadix, au nord de Séville ou vers Grenade. Mouammar Kadhafi voudrait également rencontrer des représentants musulmans et des membres du syndicat des travailleurs agricoles andalous SOC, marqué à l’extrême gauche.
Après l’Andalousie, le colonel Kadhafi sera reçu lundi soir à Madrid par le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, puis, mardi, par le roi Juan Carlos, lors du volet officiel de sa première visite officielle en Espagne, où sa venue n’alimente pas, à ce stade, de polémique comme en France. Il aura lundi une réunion des chefs d’entreprise espagnols du secteur pétrolier et des infrastructures, notamment Antoni Brufau, le patron du groupe pétrolier Repsol, solidement implanté en Libye.
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