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Actualités - Opinion

Les tentatives politiques et criminelles d’assassiner l’État se conjuguent

Le message sanglant est clair. Directeur des opérations, le général BEM François el-Hajj avait conduit la bataille de Nahr el-Bared. Et il était considéré comme le bras droit du commandant en chef, le général Michel Sleimane. Candidat unique à la présidence de la République. Présenté et soutenu par la majorité. Tandis que l’opposition louvoie, prétend ne pas s’opposer à l’élection du général Sleimane, mais lui pose, ainsi qu’au 14 Mars nombre de conditions préliminaires rédhibitoires, irrecevables. Ce barrage politique se double d’un plan de déstabilisation sécuritaire bien plus grave et menaçant pour l’État libanais autonome. Et pour le pays tout entier. Chronique d’une mort annoncée : l’effroyable attentat qui a coûté la vie au général el-Hajj, ainsi que, de nouveau, à des victimes innocentes, a été précédé de signaux précis. Il y a eu dans la banlieue une manifestation des pneus, premier recours notable à la rue depuis un an. Ainsi que des explosifs lancés à Aïn el-Remmaneh à proximité de positions militaires. Bien entendu pour les loyalistes, comme pour nombre de diplomates accrédités à Beyrouth, il est évident que le but ponctuel des commanditaires est de torpiller la présidentielle. En contrant l’initiative de la majorité qui a sorti de sa manche, à la surprise et à la déconvenue de ses adversaires, l’atout maître qu’est le général Sleimane. Ce que faisant, elle a sacrifié non seulement ses propres candidats mais aussi son double principe de ne pas traficoter la Constitution et de ne plus autoriser l’accès de Baabda à un militaire. Pour une bonne raison : protéger le pays du chaos, ou de la partition politique, qu’engendrerait le vide institutionnel par suite de vacance de la présidence. Réaction politique assez étonnante des prosyriens : considérer brusquement le commandant en chef, qu’ils encensaient largement auparavant, comme étant de parti pris, engagé aux côtés du 14 Mars. Cela non pas parce que les majoritaires ont présenté sa candidature, ce dont il n’est pas responsable. Mais parce qu’il a reçu Gemayel et Geagea, pour un entretien naturellement positif puisqu’ils ne lui ont pas posé de conditions inadmissibles comme le font le 8 Mars et Aoun. Exigences qui font que, selon toute probabilité, il n’y aurait pas d’élection avant début 2008, voire avant le prochain printemps. Certains estiment même qu’il risque de ne pas y en avoir avant les législatives de 2009. Car le tireur de ficelles syrien préférerait laisser le Liban mariner dans l’instabilité, politique et sécuritaire, jusqu’à ce que ses bons amis du cru décrochent la majorité parlementaire. Et le pouvoir. Après quoi, ils éliraient un président qui lui serait convenable. Et formeraient un gouvernement qui serait pratiquement à sa botte. En tout cas, sur le fond, la crise est plus que jamais paroxystique. Aoun assume, sur le devant de la scène, le durcissement politico-médiatique, en multipliant les déclarations boutefeu. Tandis qu’en coulisses, le Hezbollah et Damas observent et approuvent. Même les contradictions que l’on relève dans le discours des prosyriens et de leurs amis sont exploitées comme autant de complications rendant le dégagement encore plus difficile. Dans ce sens qu’il faut désormais non seulement attendre que majorité et opposition s’entendent mais encore que les pôles contestataires accordent mieux leurs violons. Ambiguïté Et Berry ? Officiellement, il refuse toujours de reconnaître le gouvernement dont le rôle dans la procédure est incontournable. Donc de délivrer un laissez-passer à la présidentielle. Mais officieusement, selon un diplomate qui l’a rencontré récemment, il indique qu’il est pour Sleimane, malgré le soutien que la majorité apporte au général. Et qu’il est disposé, pour les beaux yeux du candidat, à boire le calice jusqu’à la lie, selon ses termes. À accepter que l’amendement passe par le tamis du gouvernement. Ajoutant qu’il attend, au sujet des mécanismes à appliquer, les conclusions de Bahige Tabbarah et Robert Ghanem, députés-juristes majoritaires qu’il a chargés de résoudre le dilemme. Mais les loyalistes doutent des intentions du président de la Chambre. Ils rappellent que samedi dernier encore, au lendemain de son entrevue avec le diplomate cité, il clamait haut et fort qu’il n’accepterait à aucun prix une procédure impliquant le gouvernement. Martelant qu’il camperait sur cette position, même si les radicaux opposants, le Hezbollah et Aoun, devaient eux-mêmes changer d’avis. Assez ingénument, un ambassadeur s’étonne que le leader d’Amal se montre aussi hostile à l’égard du cabinet, alors que ses propres représentants sont les seuls, parmi les ministres démissionnaires, à faire acte de présence dans leurs bureaux. En échangeant du courrier avec la présidence du Conseil, en prenant occasionnellement des arrêtés, et en contresignant des ordonnances gouvernementales diverses émanant de ce Conseil des ministres qu’ils boycottent ! De plus, fait mine de s’étonner le même diplomate, comment M. Berry peut-il nier la légalité d’un gouvernement dont il a homologué la convocation aux partielles et la proclamation de leurs résultats ? Selon un député, loyaliste il est vrai, Ban Ki-moon aurait fait la leçon à Berry lors de leur rencontre. En lui remontrant qu’une démission de ministres chiites, dont les amalistes continuent d’ailleurs à fonctionner, ne peut rendre le gouvernement illégitime. Car autrement, aurait lancé le secrétaire général de l’ONU, si les députés sunnites, par exemple, devaient vous retirer leur confiance, en tant que président de la Chambre, vous devriez alors vous considérer comme non pactuel, illégitime, illégal et démissionner. Le feriez-vous vraiment ? » Quoi qu’il en soit, il se confirme, et malheureusement cette fois sur le terrain même, que le front opposant a bien reçu durant le week-end un ferme conseil fraternel de blocage, qu’il suit à la lettre. En repartant à l’assaut du gouvernement et en multipliant les conditions rédhibitoires. Notamment à travers Aoun, qui s’accroche à ce qu’il appelle une « initiative fondée sur les constantes chrétiennes ». La majorité se tient toujours pour sa part aux côtés du général Sleimane et à sa candidature. Elle affirme, selon un de ses députés, être déterminée à faire aboutir la présidentielle, même si cela doit prendre beaucoup de temps. On sait en effet que la session ordinaire se termine fin décembre. Et qu’il faudra alors attendre mars pour amender l’article 49 C. D’ici là, indique ce parlementaire, « les opposants vont continuer de tenter, par tous les moyens, de nous faire gober Aoun. Et nous allons continuer à leur dire non et non… » Philippe ABI-AKL
Le message sanglant est clair. Directeur des opérations, le général BEM François el-Hajj avait conduit la bataille de Nahr el-Bared. Et il était considéré comme le bras droit du commandant en chef, le général Michel Sleimane. Candidat unique à la présidence de la République. Présenté et soutenu par la majorité. Tandis que l’opposition louvoie, prétend ne pas s’opposer à l’élection du général Sleimane, mais lui pose, ainsi qu’au 14 Mars nombre de conditions préliminaires rédhibitoires, irrecevables.
Ce barrage politique se double d’un plan de déstabilisation sécuritaire bien plus grave et menaçant pour l’État libanais autonome. Et pour le pays tout entier. Chronique d’une mort annoncée : l’effroyable attentat qui a coûté la vie au général el-Hajj, ainsi que, de nouveau, à des victimes...