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Paris doit lier la réinsertion de Tripoli aux droits de l’homme, estime HRW

Mouammar Kadhafi « rêve de réhabilitation » et Paris devrait en profiter pour faire pression sur la question des droits de l’homme, estime Fred Abrahams, chercheur à Human Rights Watch (HRW), dans une interview accordée à l’AFP. Q – Que pensez-vous de la visite d’État du colonel Kadhafi en France ? R – « Nous n’avons aucun problème avec le fait que la France et la Libye, l’Union européenne et la Libye, veuillent améliorer leurs relations. Nous comprenons l’importance de faire revenir Tripoli dans la communauté des nations. Mais nous ne voulons pas que cette relation soit uniquement basée sur la sécurité et les affaires, nous voulons qu’elle soit aussi fondée sur les principes démocratiques. Or, nous craignons que la terrible situation des droits de l’homme en Libye soit ignorée. » Q – La Libye a fait des gestes ces dernières années : abandon de son programme d’armes de destruction massive, tout récemment libération des soignants bulgares... R – « En 2005, après une mission en Libye, nous avions fait état de “mesures positives”, telles que la libération de prisonniers ou l’engagement de réformes. Et nous avons bien sûr salué la libération (des soignants). Mais il est dérangeant d’accueillir ainsi la Libye quand les citoyens de cet État souffrent, quand des personnes sont portées disparues. Nous voulons que la question des droits de l’homme soit mise sur la table. Kadhafi rêve de visiter Paris, il veut être accepté par l’Europe, il rêve de réhabilitation. Paris doit utiliser ceci pour le pousser dans la bonne direction, et je ne crois pas que la France fasse suffisamment pression. » Q – Que demandez-vous au président Sarkozy ? R – « Premièrement, il doit réclamer des informations sur le sort des cinq disparus (récemment listés par HRW). Même si c’est en privé, mais cela peut sauver une vie. Deuxièmement, les Libyens ont promis toute une série de réformes, comme la modernisation du code pénal et la future abolition de la peine de mort, et le gouvernement français devrait leur demander ce qu’il en est. C’est une question légitime. Enfin, il devrait s’enquérir des résultats de l’enquête libyenne sur la mutinerie de la prison d’Abou Salim (entre 300 et 1 200 morts en 1996). Le problème est que les Occidentaux sont si désireux de s’attirer les bonnes grâces libyennes en matière de sécurité, d’énergie, d’immigration, qu’ils ignorent la question des droits de l’homme dans ce pays. »
Mouammar Kadhafi « rêve de réhabilitation » et Paris devrait en profiter pour faire pression sur la question des droits de l’homme, estime Fred Abrahams, chercheur à Human Rights Watch (HRW), dans une interview accordée à l’AFP.

Q – Que pensez-vous de la visite d’État du colonel Kadhafi en France ?
R – « Nous n’avons aucun problème avec le fait que la France et la Libye, l’Union européenne et la Libye, veuillent améliorer leurs relations. Nous comprenons l’importance de faire revenir Tripoli dans la communauté des nations. Mais nous ne voulons pas que cette relation soit uniquement basée sur la sécurité et les affaires, nous voulons qu’elle soit aussi fondée sur les principes démocratiques. Or, nous craignons que la terrible situation des droits de l’homme en Libye soit ignorée. »

Q – La...