La Banque centrale américaine (Fed) s’apprête à réduire une nouvelle fois ses taux mardi, répondant bon gré mal gré aux attentes des marchés, et si les analystes tablent sur une baisse d’un quart de point, ils jugent que ce sera au terme d’un féroce débat interne. La Réserve fédérale (Fed) réunit son comité de politique monétaire (FOMC) pour réexaminer le niveau de son taux directeur, actuellement fixé à 4,25 %. Depuis le début de la crise financière cet été, la Fed a déjà réduit ce taux de 0,75 point, et les marchés ont largement anticipé un nouvel assouplissement.
« Il fait peu de doutes que la Fed va une nouvelle fois baisser ses taux », estime Anta Markowska de la Société Générale. Les responsables de la Fed voulaient éviter d’en arriver là, « mais ni les marchés financiers ni les conditions économiques n’ont été très coopératifs », ajoute-t-elle. Du côté de l’économie, la confiance des ménages est en baisse, la consommation ralentit à l’approche des fêtes de fin d’année et l’activité reste morose dans les entreprises. Surtout, la crise immobilière semble en passe de s’aggraver, avec le risque d’un effet dominos sur la consommation et la croissance. Ces incertitudes ont rendu les marchés très nerveux, au point que la Banque centrale a dû quasiment promettre qu’elle allait de nouveau abaisser ses taux pour les rassurer. Son président, Ben Bernanke, a ainsi estimé fin novembre que la Fed allait devoir se montrer « exceptionnellement flexible » pour fixer les taux face aux incertitudes économiques. Toute la question est de connaître l’ampleur de l’assouplissement.
« Nous tablons sur une baisse d’un quart de point », affirme Mme Markowska, résumant le sentiment dominant parmi les analystes. En effet, les marchés ont été à peu près rassurés vendredi par les chiffres de l’emploi (94 000 embauches en novembre) qui ont révélé que, à défaut d’un rebond marqué, l’économie continuait de résister. Rares sont ceux qui espèrent encore une baisse d’un demi-point, alors qu’avant le rapport, cela semblait raisonnable. Mais l’idée n’est pas totalement exclue : « Le marché du travail n’a pas encore décroché, mais il ralentit nettement » et cela « signifie qu’une baisse de 0,50 point est possible », estime Benjamin Reitzes, de BMO Capital Markets.
Sans doute la Banque centrale préférera-t-elle attendre sa prochaine réunion, fin janvier, pour voir si la situation exige toujours qu’elle continue d’assouplir sa politique ou si la normalisation sur les marchés du crédit et dans l’économie lui permet de maintenir ses taux inchangés. « Nous sommes convaincus qu’il faudra continuer à baisser les taux », assurent les analystes de First Trust Advisors. En fait, s’il y a débat, il risque plutôt de tourner sur l’opportunité d’une nouvelle baisse, avertissent certains analystes. La dernière fois déjà, l’un des membres votants de la Fed aurait préféré un statu quo. Et au vu du dernier rapport sur l’emploi, qui a révélé une hausse de 3,8 % des salaires sur un an, les discussions internes vont sans doute se radicaliser. « Les embauches restent correctes, les salaires augmentent fortement, et cela apporte du grain à moudre aux gardiens de l’inflation », assure l’économiste indépendant Joel Naroff. « Le débat va être féroce », poursuit l’analyste en notant que cette fois-ci, il risque d’y avoir plus d’un vote dissident. Et « cela trahirait le désarroi de la Fed ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Banque centrale américaine (Fed) s’apprête à réduire une nouvelle fois ses taux mardi, répondant bon gré mal gré aux attentes des marchés, et si les analystes tablent sur une baisse d’un quart de point, ils jugent que ce sera au terme d’un féroce débat interne. La Réserve fédérale (Fed) réunit son comité de politique monétaire (FOMC) pour réexaminer le niveau de son taux directeur, actuellement fixé à 4,25 %. Depuis le début de la crise financière cet été, la Fed a déjà réduit ce taux de 0,75 point, et les marchés ont largement anticipé un nouvel assouplissement.
« Il fait peu de doutes que la Fed va une nouvelle fois baisser ses taux », estime Anta Markowska de la Société Générale. Les responsables de la Fed voulaient éviter d’en arriver là, « mais ni les marchés financiers ni les...