Un an après le début du sit-in de l’opposition, ses militants campent toujours à quelques mètres de la résidence du Premier ministre Fouad Siniora, et promettent d’y rester « des années » encore s’il ne démissionne pas, a constaté Jocelyne Zablit dans un reportage pour l’AFP.
« Nous sommes en présence d’un gouvernement que nous considérons illégitime, nous maintiendrons donc le sit-in indéfiniment tant que nous n’aurons pas atteint notre objectif », promet le porte-parole du Hezbollah, Hussein Rahal.
Le premier « anniversaire » du sit-in, en plein cœur de la capitale, intervient alors que le Liban est privé de président de la République depuis une semaine. Établi il y a un an, le campement a transformé le centre de Beyrouth en une ville fantôme et provoqué la fermeture de près de 200 commerces et la suppression de quelques milliers d’emplois. Bien que les tentes dressées tout au long des routes menant au Sérail soient quasiment vides, elles continuent de rappeler la crise persistante entre le gouvernement d’une part, et le Hezbollah et le Courant patriotique libre du général Michel Aoun de l’autre. Quelques jeunes hommes passent leur soirée à fumer le narguilé, à discuter politique, à lire les journaux ou encore à regarder la télévision.
Plusieurs militants affirment qu’ils font des « vacations » dans les tentes, dont le nombre s’élève à 600 selon eux. Certains vont au travail pendant la journée pour revenir au campement le soir. « Lorsque nous avons entamé ce mouvement, nous pensions que le gouvernement allait tomber rapidement, mais je crois maintenant que cela va prendre du temps », estime Émile Hachem, un porte-parole du CPL. « Mais nous sommes prêts à rester jusqu’au départ de M. Siniora même si cela va prendre dix ans », assure-t-il.
« Nous sommes là 24 heures sur 24 et nous sommes là pour rester », insiste de son côté un militant du Hezbollah, sous couvert d’anonymat. Selon M. Hachem et un autre responsable du Hezbollah, un rassemblement est prévu samedi pour commémorer l’événement.
Un désastre
De son côté, le Premier ministre ignore les protestataires campés sous ses fenêtres, mais refuse de recourir à la force pour éviter toute escalade. « M. Siniora respecte leur droit de manifester, mais leur action entrave la liberté des gens et cela se traduit par des millions de dollars de perte pour les entreprises », déclare son porte-parole Aref el-Abed.
Ralph Eid, propriétaire d’un magasin de chaussures dans le centre-ville et membre de l’Association des commerçants, affirme que le bras de fer avec le Hezbollah a sonné le glas de nombreux commerces. « Ils nous prennent en otages. S’ils veulent faire valoir leur position politique, qu’ils le fassent pendant un jour, ou deux ou dix, mais cela fait un an et ils ont détruit tous les commerces », dit-il.
Selon Talal Barakat, membre de l’Association des restaurateurs, des 105 restaurants, bars et cafés vers lesquels affluaient les clients dans le centre-ville, seuls 30 fonctionnent toujours et quelque 2 700 employés ont perdu leur emploi. « C’est plus qu’un désastre car le désastre, au moins, a une fin, lâche-t-il. Ici, il n’y a pas de fin. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un an après le début du sit-in de l’opposition, ses militants campent toujours à quelques mètres de la résidence du Premier ministre Fouad Siniora, et promettent d’y rester « des années » encore s’il ne démissionne pas, a constaté Jocelyne Zablit dans un reportage pour l’AFP.
« Nous sommes en présence d’un gouvernement que nous considérons illégitime, nous maintiendrons donc le sit-in indéfiniment tant que nous n’aurons pas atteint notre objectif », promet le porte-parole du Hezbollah, Hussein Rahal.
Le premier « anniversaire » du sit-in, en plein cœur de la capitale, intervient alors que le Liban est privé de président de la République depuis une semaine. Établi il y a un an, le campement a transformé le centre de Beyrouth en une ville fantôme et provoqué la fermeture de près de 200 commerces et...