Les Européens n’ont d’autre choix que de laisser Washington piloter le processus de paix, mais ils gardent espoir qu’avec leur aide financière massive, ils seront incontournables pour la construction d’un futur État palestinien. Selon la déléguée générale de la Palestine auprès de l’UE, Leïla Shahid, l’Union européenne a été totalement « sortie » du suivi des négociations israélo-palestiniennes. Seuls les Américains superviseront ce processus censé mener à la création d’un État palestinien d’ici à la fin 2008. « Parce qu’Israël fait confiance aux États-Unis et pas à l’UE (...) Si l’UE veut avoir plus d’influence, elle doit améliorer son image aux yeux d’Israël », note Clara-Marina O’Donnell, du Center for European Reform basé à Londres.
Les Européens reconnaissent qu’ils n’ont pas eu de véritable rôle à Annapolis, même s’ils espèrent en avoir un dans les mois à venir. « L’UE attend avec impatience d’être impliquée de façon étroite dans tous les aspects de la période de l’après-Annapolis. L’UE est également prête à accompagner ce nouvel élan de façon déterminée », a déclaré le haut représentant de l’UE pour la Politique étrangère, Javier Solana. Mais en dehors de sa participation politique au quartette sur le Proche-Orient (États-Unis, Russie, UE et ONU), qui a perdu de son influence avec la reprise en main des négociations par Washington, M. Solana décrit un accompagnement surtout matériel et financier avec un « déploiement de missions européennes sur le terrain » et une « position de donateur le plus important aux Palestiniens ».
Pour les analystes, la prééminence des Américains sur ce dossier n’a rien de nouveau. « Le fait que les Européens n’aient pas de politique unifiée et efficace a tellement exaspéré les Américains qu’ils les écartent », estime Rosemary Hollis, de l’institut d’analyse londonien Chatham House. « L’impossibilité apparente qu’a l’UE de peser dans le processus politique est le reflet de sa propre incapacité politique », renchérit Barah Mikaïl, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques à Paris. « Le seul rôle que semble pouvoir jouer l’UE est un rôle de vache à lait et de constructeur de projets », déplore-t-il, estimant malgré tout que ce rôle de banquier est en lui-même « important », ne serait-ce que pour « soulager un peu les souffrances des Palestiniens ». Cette contribution est « vitale pour construire un État palestinien (...) L’UE est un héros invisible, mais son rôle reste essentiel », souligne Shada Islam, analyste au Centre de politique européenne à Bruxelles. Pour Mme Hollis aussi, les Européens peuvent « faire certaines choses en coulisses qui deviendront ensuite le courant principal ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Européens n’ont d’autre choix que de laisser Washington piloter le processus de paix, mais ils gardent espoir qu’avec leur aide financière massive, ils seront incontournables pour la construction d’un futur État palestinien. Selon la déléguée générale de la Palestine auprès de l’UE, Leïla Shahid, l’Union européenne a été totalement « sortie » du suivi des négociations israélo-palestiniennes. Seuls les Américains superviseront ce processus censé mener à la création d’un État palestinien d’ici à la fin 2008. « Parce qu’Israël fait confiance aux États-Unis et pas à l’UE (...) Si l’UE veut avoir plus d’influence, elle doit améliorer son image aux yeux d’Israël », note Clara-Marina O’Donnell, du Center for European Reform basé à Londres.
Les Européens reconnaissent qu’ils...