L’ancien président Amine Gemayel a reçu hier l’ambassadeur des États-Unis, Jeffrey Feltman. La discussion a porté sur les développements sur la scène politique.
À l’issue de la rencontre, l’ambassadeur a indiqué que « cette visite est placée à la fois sous le signe de la tristesse et de l’espoir ». Tristesse, car un an après l’assassinat du ministre Pierre Gemayel, les criminels n’ont toujours pas été arrêtés. « Mais si Pierre Gemayel a été tragiquement arraché à l’affection des siens et à la patrie, son rêve d’un Liban libre et souverain demeure vivant », a observé l’ambassadeur. Espoir, car « il est aujourd’hui certain que le tribunal spécial qui sera bientôt mis en place traduira en justice les assassins de cheikh Pierre ». « Nous espérons aussi que le tribunal spécial mettra fin à la longue et triste série de meurtres politiques irrésolus au Liban », a-t-il remarqué. Et d’affirmer que l’engagement des États-Unis pour le tribunal spécial et pour la justice au Liban est « inébranlable ».
L’ambassadeur Feltman a également souligné que sa rencontre avec M. Gemayel a porté sur la présidentielle. « J’ai noté qu’au Liban, à l’instar des États-Unis et d’autres démocraties, il y a d’anciens chefs d’État qui se conforment aux traditions démocratiques et aux délais constitutionnels, qui quittent leur poste de manière pacifique et qui utilisent leur sagesse et leur expérience au service de leur pays, de manière différente », a-t-il dit. « Nous sommes persuadés que le départ du président sortant, de son plein gré et à temps, est un signe encourageant de la force de la démocratie au Liban », a-t-il remarqué.
MM. Feltman et Gemayel ont également convenu, selon le diplomate, qu’« une vacance prolongée de la présidence est inacceptable, politiquement et sur le plan confessionnel. Cette vacance, causée par le refus de quelques membres du Parlement d’exercer leur responsabilité de voter, doit être comblée aussi vite que possible ». Et d’affirmer sa confiance dans les membres du Parlement libanais, qui, « si on leur donne le droit d’élire librement, éliront un président attaché à l’unité du Liban, à sa souveraineté et à sa démocratie, à l’application de la Constitution libanaise et à l’indépendance ».
L’ambassadeur des États-Unis s’est aussi dit attaché au principe selon lequel seuls les Libanais devraient être en charge du Liban. C’est pourquoi, a-t-il indiqué, « les États-Unis n’ont soutenu aucun candidat, pas plus qu’ils n’ont épargné leurs efforts pour parvenir à une solution à travers le dialogue ». M. Feltman a de plus précisé que « les États-Unis ont soutenu les tentatives du patriarche Sfeir de résoudre l’impasse présidentielle », tout en soulignant la profonde admiration de son pays pour la volonté du patriarche d’exercer ce leadership et ces responsabilités. « Malheureusement, a ajouté l’ambassadeur, ces efforts ont tous échoué. Le Liban est aujourd’hui sans président. » Et de dénoncer le fait que « ceux qui ont refusé d’aller voter au Parlement ont privé le Liban d’un chef d’État, de même qu’ils ont privé les chrétiens de leur propre rôle politique ».
Expliquant que, selon les États-Unis, « le vide au niveau de la présidence ne sert que ceux qui désirent affaiblir l’État », Jeffrey Feltman a estimé que « ce n’est pas une coïncidence que ces parties qui ont choisi de garder le Parlement fermé plutôt que de voter pour le tribunal spécial, qui ont bâti une milice privée qui ne rende pas de comptes à l’État et qui ont établi un système privé de télécommunications, pour ne donner que ces exemples, sont les mêmes parties qui empêchent aujourd’hui le Parlement de remplir la plus haute fonction du pays. Ceux-là qui ont créé le vide tentent de cacher leur propre complicité en lançant de fausses accusations contre les États-Unis, alors que nous avons constamment soutenu le droit du Parlement à élire un président ». Et M. Feltman d’affirmer « la ferme conviction des États-Unis que la réponse au vide de la présidence libanaise n’est pas de mener une action irresponsable et dangereuse dans la rue, comme certains le suggèrent ». La réponse, a-t-il estimé, « réside dans les institutions constitutionnelles, et tout d’abord au Parlement ».
En conclusion, l’ambassadeur américain a encore une fois tenu « à clarifier, spécialement à l’intention de ceux qui, pour des raisons démagogiques, déclarent que la Syrie et l’Iran sont innocents et que les États-Unis sont coupables de cette vacance présidentielle : nous croyons fermement que le Liban a immédiatement besoin d’un président. Le moyen d’y arriver est simple. Les membres du Parlement devraient exercer leur devoir, respecter les principes démocratiques et voter. Dans l’intérêt du Liban et celui du rôle de la communauté chrétienne au Liban, les États-Unis voudraient voir cela arriver dès aujourd’hui ».
Avant sa rencontre avec l’ambassadeur des États-Unis, Amine Gemayel avait reçu une délégation de la Ligue maronite, présidée par Joseph Torbey.
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À l’issue de la rencontre, l’ambassadeur a indiqué que « cette visite est placée à la fois sous le signe de la tristesse et de l’espoir ». Tristesse, car un an après l’assassinat du ministre Pierre Gemayel, les criminels n’ont toujours pas été arrêtés. « Mais si Pierre Gemayel a été tragiquement arraché à l’affection des siens et à la patrie, son rêve d’un Liban libre et souverain demeure vivant », a observé l’ambassadeur. Espoir, car « il est aujourd’hui certain que le tribunal spécial qui sera bientôt mis en place traduira en justice les assassins de cheikh Pierre ». « Nous espérons aussi que le tribunal spécial mettra fin...