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Actualités - Opinion

Damas défie le monde entier et le tient en haleine

C’est quand même ahurissant : pour la quatrième fois après la 1559, la 1757 et la 1701, Damas défie le monde entier au sujet du Liban. En étant le seul à vouloir saboter la présidentielle. Sans se laisser impressionner par les menaces de sanctions, ni séduire par les promesses de largesses et de levée de l’isolement. Rien n’y fait. Le régime syrien exige un président favorable, dit de consensus. Sans quoi il n’y aurait pas de quorum des deux tiers. Dans ces conditions, on se demande s’il ne serait pas plus réaliste de le faire entrer directement dans le jeu des noms. De le prier de désigner son favori, ou les candidats qu’il pourrait agréer, pour qu’on en discute.] Le président Fouad Siniora certifie qu’il ne souhaite pas du tout, au contraire même, voir son gouvernement chargé d’assurer l’intérim. Il appelle avec insistance à une présidentielle normale, dans les délais. En mettant en garde, sur le ton le plus alarmé, contre les effets du vide institutionnel. Mais en face, l’opposition pratique le blocage le plus prononcé. Tout en réclamant un président qui lui convienne autant qu’à la Syrie, faute de quoi elle ferait sauter le quorum, elle refuse de désigner des noms. Donc de négocier. Or, si torpillage il devait y avoir, le Liban serait menacé d’éclatement. Ou, dans le meilleur des cas, il se trouverait condamné à continuer à vivre le même enfer de crise. Même chose du reste si l’on devait se contenter d’un président pour la forme, en attendant que les développements extérieurs permettent de régler les problèmes de fond. Dont, en tout premier lieu, les relations avec la Syrie. Les siennes propres, mais aussi et surtout, les rapports conflictuels opposant Damas au reste du monde, Iran excepté. C’est bien pourquoi le traitement de la présidentielle libanaise se fait principalement au-dehors. Où même les Libanais doivent se rendre pour discuter, que cela soit entre eux ou avec les puissances. Paravent Analyste réputé, Samir Frangié, député membre du 14 Mars, dénonce le faux-semblant syrianisé qui entoure la définition de la formule « président d’entente ». Il souligne que pour certains le consensus doit signifier la conclusion d’un arrangement assurant en même temps l’intérêt national libanais et l’intérêt de la Syrie au Liban. Autrement dit, octroyant à la Syrie un rôle de partenaire à part entière dans la prise des décisions au Liban. Autrement dit encore, un accord lui redonnant tout ou partie de la domination qu’elle exerçait avant la révolution du Cèdre. Thèse que, bien entendu, les vrais Libanais rejettent catégoriquement. Le parlementaire relève qu’après le revers subi à la suite du retrait forcé de ses troupes, la Syrie a entrepris de redonner corps à son sempiternel projet : maintenir le Liban sous sa coupe, d’une manière ou d’une autre. À cet effet, elle n’a pas hésité à lancer une véritable guerre, politique et autre, contre ce pays. Tant qu’il en ira ainsi, tant qu’elle n’admettra pas l’existence d’un Liban indépendant, il restera impossible d’établir avec elle des relations normales. C’est-à-dire diplomatiques. Aujourd’hui, le régime syrien cherche, en usant d’intimidation, à installer de nouveau un proche à Baabda. Mais cette tentative, estime Samir Frangié, est forcément vouée à l’échec. Car les Libanais s’y opposent fermement. Avec le soutien de la communauté internationale. Et avec le concours des Arabes qui craignent que l’axe syro-iranien ne marque sur ce dossier des points importants à leurs dépens. De plus, si la Syrie s’obstine, elle deviendra un fardeau, un handicap pour son allié iranien. Le député attire l’attention de l’opposition sur ce point précis du tableau régional. C’est-à-dire sur le fait qu’il est erroné de considérer, comme elle le fait, que l’essentiel réside dans l’affrontement avec une Amérique qui accuse des revers en Irak. Mais bien plutôt dans le conflit, larvé autant que puissant ou vital, entre les Arabes et les visées iraniennes. La preuve étant la protection rapprochée que les Arabes s’efforcent d’apporter à la présidentielle libanaise. Il conclut en substance : « Nous ne sommes pas placés dans une mentalité de vainqueur et de vaincu. Mais nous ne voulons pas non plus une perpétuation de la crise sous prétexte du slogan ni vainqueur ni vaincu. Le distinguo s’impose. Il est du devoir de toutes les parties de participer, sur base qu’il y a maintenant des options devenues caduques, obsolètes. Les relations avec la Syrie sous la forme subie pendant 15 ans, c’est bien fini. L’on ne peut réclamer un président se référant à cet élément. Il existe désormais un choix libanais indépendantiste très clair. Dire que nous en payerons le prix est faux, comme on le verra dans les prochains jours. » Émile KHOURY
C’est quand même ahurissant : pour la quatrième fois après la 1559, la 1757 et la 1701, Damas défie le monde entier au sujet du Liban. En étant le seul à vouloir saboter la présidentielle. Sans se laisser impressionner par les menaces de sanctions, ni séduire par les promesses de largesses et de levée de l’isolement.
Rien n’y fait. Le régime syrien exige un président favorable, dit de consensus. Sans quoi il n’y aurait pas de quorum des deux tiers. Dans ces conditions, on se demande s’il ne serait pas plus réaliste de le faire entrer directement dans le jeu des noms. De le prier de désigner son favori, ou les candidats qu’il pourrait agréer, pour qu’on en discute.]
Le président Fouad Siniora certifie qu’il ne souhaite pas du tout, au contraire même, voir son gouvernement chargé d’assurer l’intérim....