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Actualités - Opinion

Les maronites, plus Sabins que Romains

Voyant les présidentiables maronites s’étriper sans vergogne et promettre tout et son contraire à tout le monde dans l’espoir de se faire élire, voyant aussi la communauté maronite dans son ensemble s’entre-déchirer et se raccrocher à la présidence comme si sa survie en dépendait, une histoire exemplaire me revient à l’esprit. À la mort de Romulus, le fondateur de Rome, des dissensions s’étaient fait jour entre les deux peuples qu’il avait unifiés pour fonder sa cité : les Romains d’un côté, les Sabins de l’autre. Plutarque nous raconte que la populace était alors profondément agitée et houleuse, et que les patriciens eux-mêmes se suspectaient les uns les autres. Si tous étaient d’accord qu’il fallait un roi, ils se querellaient tant sur l’identité du monarque que sur son origine : lequel, du peuple romain ou du peuple sabin, fournirait le chef ? Afin d’éviter qu’en l’absence d’un chef le conflit civil bouleversât toute la cité, si l’exercice du pouvoir restait suspendu, les sénateurs décidèrent donc que l’un des deux partis désignerait un roi, mais qu’il le prendrait nécessairement dans l’autre camp. Les Sabins optèrent alors pour que le roi fût issu de leurs rangs, quitte à ce qu’il soit choisi par les Romains. Les Romains, au contraire, préférèrent choisir un Sabin qu’ils auraient eux-mêmes désigné plutôt que de subir un Romain que les Sabins auraient choisi. Il en fut donc ainsi et la cité, enfin réconciliée avec elle-même, fut gouvernée par des rois sabins choisis par les Romains. Or qui se souvient encore de ces Sabins qui préférèrent jadis être rois plutôt que faiseurs de rois ? N’eussent été les tableaux célèbres de Poussin, Giambologna ou David sur le thème des Sabines, leurs femmes, je dirais : Personne ! Si les Sabins avaient eu la sagacité des Romains et accepté de se laisser gouverner par un roi romain qu’ils auraient eux-mêmes choisi, la face du monde en aurait été changée et, aujourd’hui, on ne parlerait pas d’Empire romain, d’histoire romaine, de culture gréco-romaine, mais d’Empire sabin, d’histoire sabine et de culture gréco-sabine. Alors, à tous ces maronites qui préfèrent être rois plutôt que faiseurs de rois et qui se raccrochent bec et ongles à la présidence sans se soucier du fait que, depuis les accords de Taëf, cette fonction n’est plus que l’ombre d’elle-même, je dirai : À bon entendeur, salut ! Percy KEMP
Voyant les présidentiables maronites s’étriper sans vergogne et promettre tout et son contraire à tout le monde dans l’espoir de se faire élire, voyant aussi la communauté maronite dans son ensemble s’entre-déchirer et se raccrocher à la présidence comme si sa survie en dépendait, une histoire exemplaire me revient à l’esprit.
À la mort de Romulus, le fondateur de Rome, des dissensions s’étaient fait jour entre les deux peuples qu’il avait unifiés pour fonder sa cité : les Romains d’un côté, les Sabins de l’autre. Plutarque nous raconte que la populace était alors profondément agitée et houleuse, et que les patriciens eux-mêmes se suspectaient les uns les autres. Si tous étaient d’accord qu’il fallait un roi, ils se querellaient tant sur l’identité du monarque que sur son origine : lequel, du...