Entre hier et aujourd’hui, bien sûr que beaucoup de choses ont changé à l’hôtel Le Bristol. Cet établissement qui était synonyme du faste des années 60 à 80 s’est entièrement relooké, depuis ce temps, pour mieux répondre aux rêves des nouvelles générations. Cela dit, les objets anciens uniques chinés minutieusement chez les antiquaires n’ont toutefois presque pas changé de place, l’hôtel ne pouvant céder entièrement son caractère sobre et classique. En d’autres termes, ces objets feraient quelque peu partie inhérente du patrimoine de l’hôtel.
Malgré les nouveaux établissements hôteliers, qui ont pointé çà et là dans Beyrouth et sa périphérie, Le Bristol, qui n’a jamais cessé de fonctionner pendant toutes les années de guerre, a relevé les défis et maintenu un équilibre financier dans son portefeuille. Ce qui lui a permis de préserver son personnel dans son intégralité et de ne remercier aucun de ses employés, en dépit des deux dernières années de vaches maigres dans le secteur touristique.
Inspirée de l’état des lieux, la direction a opté pour un choix stratégique, celui de mettre en avant de ses priorités le marché libanais.
Ainsi, Le Bristol s’est tourné vers le marché domestique, en diversifiant ses sources de revenus. La direction a entrepris de peaufiner et de perfectionner le service catering et la restauration, tout en ciblant parallèlement les manifestations évènementielles (banquets, conférences, mariages..). Depuis l’été dernier, Le Bristol gère deux restaurants, l’un au Kesrouan et l’autre en bord de mer, dans le sud du pays. Quant aux Gourmandises du Bristol (chocolatiers et confiseurs), deux points de vente, l’un à Hamra et l’autre à Achrafieh, sont opérationnels depuis quelque temps déjà. Vu le succès de l’idée, la perspective de l’ouverture d’une troisième succursale n’est pas à écarter. D’ailleurs, un sous-département des Gourmandises du Bristol a été créé. Il est consacré aux cadeaux d’entreprise. En un mot comme en mille, les rentrées du Food and Beverage ont permis une hausse du total des revenus de l’hôtel de 30 % en 2007 comparé aux revenus de 2006 pour la même période. Mais pour autant, la commercialisation des chambres n’est pas laissée pour compte. Les forces de vente internes ont été multipliées. L’hôtel est présent à tous les Salons touristiques, que se soit, à Londres, à Berlin ou à Dubaï. Il est également repérable sur les sites Expedia et www.hotels.com, tout en étant relié au système de distribution global, Utell. Ce dernier permet à tous les voyagistes d’opérer leurs réservations de chambres d’hôtel sans passer par l’administration de l’établissement hôtelier.
Un jardin suspendu
Dans le cadre de son chantier permanent d’amélioration de la qualité, du service et de la modernisation de ses équipements et de son personnel, Le Bristol s’est doté d’une piscine et d’un jardin suspendu au roof de ses locaux. Son troisième étage a été entièrement réhabilité en un « executive floor » pour les invités de marque. D’ailleurs, Le Bristol, qui a été construit par la famille Doumet en 1951, a accueilli le chah et la princesse Souraya d’Iran, le roi Hussein et Dina de Jordanie, et le prince Majed, l’émir de La Mecque. Récemment, il a hébergé le président français Jacques Chirac, le prince Abdallah ben Abdel Aziz, le président du Gabon et le prince Albert de Monaco, ainsi que les sénateurs américains, Ray Lahoud et Nick Rahal.
Pour l’instant, l’hôtel entend rester une propriété familiale gérée par la famille Doumet. Ce qui permet notamment une flexibilité dans les decisions stratégiques, surtout qu’une expérience précédente avec l’enseigne internationale Starwood, Luxury Collection n’avait pas été concluante. Aujourd’hui, l’hôtel navigue à vue compte tenu de la conjoncture qui prévaut dans le pays. Les prix des chambres sont raisonnables et correspondent aux tarifs de la basse saison. N’empêche, l’optimisme est toujours de rigueur au Bristol où sont organisés des banquets de mariage d’enfants de clients qui ont eux- mêmes offert un banquet à l’occasion de leur union, il y a 25 ans ou plus.
Liliane MOKBEL
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Malgré les nouveaux établissements hôteliers, qui ont pointé çà et là dans Beyrouth et sa périphérie, Le Bristol, qui n’a jamais cessé de fonctionner pendant toutes les années de guerre, a relevé les défis et maintenu un équilibre financier dans...