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Actualités - Opinion

La volonté internationale jugée plus forte que les contradictions internes Philippe ABI-AKL

Les observateurs suivent avec beaucoup d’attention les développements extérieurs concernant et conditionnant notre présidentielle. Ils estiment que l’effort international est plus que sérieux. Qu’il résulte en somme d’une décision quasi absolue d’une élection dans les normes et les délais. Résolution fermement, fortement, signifiée à Damas. Tant par la déclaration d’Istanbul, parrainée par les States, que par les émissaires français. Partant de là, un optimiste invétéré estime que le regain de tension enregistré ces derniers jours en interne n’est que nuage d’été indien. Et qu’il n’y a en réalité à craindre ni un torpillage du quorum des deux tiers ni, par voie de conséquence même, une élection à la moitié plus un synonyme de partition. Les évêques maronites plaident avec insistance pour que « l’esprit d’entente » prévale, afin que « l’échéance ait lieu en temps dû, conformément à la Constitution ». Ce qui favorise, au fond, l’option président consensuel, sous-entendu équidistant de tous et non engagé, qui a manifestement les préférences de Paris. Mais, bien évidemment, les prélats ne s’engluent pas dans les détails. Efforts D’autant qu’il se confirme que le patriarche Sfeir, malgré toutes les sollicitations, n’est pas disposé à entrer dans le jeu des noms, pour ne pas revivre la fâcheuse expérience de 1988 et pour ne pas empiéter sur les pouvoirs de la Chambre. Sans compter qu’étant le père spirituel de tous les maronites, il ne peut faire de discrimination entre les candidats. Parallèlement, le Vatican, à l’instar d’ailleurs de la France, « fille aînée de l’Église », s’inquiète des retombées négatives qu’aurait pour tous les chrétiens d’Orient un éclatement du prototype de coexistence qu’est le Liban, par suite du vide institutionnel. Et la curie, dont le nonce se montre aussi actif à Beyrouth que Khoja le saoudien, soutient à fond, par ses propres efforts, l’initiative européenne en faveur d’une présidentielle libanaise normale. Il est d’ailleurs à noter que l’audience historique accordée par le pape au roi Abdallah d’Arabie saoudite, pour le peu de temps qu’elle a duré, a notamment porté sur le Liban, site de rencontre entre les religions. Sur le plan régional, au travers et en vue du test libanais, la Ligue arabe, l’Égypte et le Qatar s’efforcent de rabibocher l’Arabie saoudite et la Syrie, dont le président, Bachar el-Assad, s’était permis, à la suite de la guerre de juillet, de traiter les dirigeants saoudiens de sous-hommes. Ryad avait auparavant critiqué la capture des deux soldats israéliens par le Hezbollah en dénonçant un aventurisme insensé à ses yeux. Surdité Mais il ne semble pas – pas encore – que Damas veuille entendre raison. Les cinq messages cités par Kouchner n’ont reçu, laisse-t-il entendre, aucun écho nettement positif. Après Cousseran, les deux envoyés de Sarkozy sont revenus avec une vague promesse assadienne d’aider à la bonne conclusion de la présidentielle libanaise, en acceptant d’appuyer le candidat, ou les deux candidats que Bkerké approuverait. Or Assad est bien placé pour savoir que Mgr Sfeir ne veut pas choisir. Il n’empêche, Sarkozy, partisan convaincu du consensus, a bataillé également sur le front contraire, celui des États-Unis, en s’efforçant de persuader Bush, qu’il est allé voir, de renoncer à soutenir l’idée d’un président libanais élu à la majorité absolue. Le président français, indiquent des sources informées, aurait réussi à marquer des points. Dans ce sens que Bush lui aurait délivré procuration pour mener à bien l’opération Liban. Mais quand même à la stricte condition qu’elle débouche sur un président du 14 Mars. Ou, à tout le moins, gravitant dans l’orbite de la révolution du Cèdre. Dès lors, l’on attend à Beyrouth une prochaine nouvelle visite de Kouchner, officier français traitant du dossier libanais. Il pourrait y être rejoint par Amr Moussa, à l’issue de la tournée de prospection que le secrétaire de la Ligue effectue à Ryad, à Damas et au Caire. Dossier également à l’ordre du jour du sommet égypto-saoudien de samedi à Charm el-Cheikh. De toute cette agitation, que Saad Hariri suit de près, c’est-à-dire de loin puisqu’il se trouve à l’étranger, il ressort que Français et Arabes pourraient tenter de dénouer l’écheveau. En présentant ensemble à Bkerké une suggestion déterminée, comme on dit en langage diplomatique. C’est-à-dire, en clair, une liste de deux ou trois présidentiables plausibles, entendre consensuels et neutres.
Les observateurs suivent avec beaucoup d’attention les développements extérieurs concernant et conditionnant notre présidentielle. Ils estiment que l’effort international est plus que sérieux. Qu’il résulte en somme d’une décision quasi absolue d’une élection dans les normes et les délais. Résolution fermement, fortement, signifiée à Damas. Tant par la déclaration d’Istanbul, parrainée par les States, que par les émissaires français. Partant de là, un optimiste invétéré estime que le regain de tension enregistré ces derniers jours en interne n’est que nuage d’été indien. Et qu’il n’y a en réalité à craindre ni un torpillage du quorum des deux tiers ni, par voie de conséquence même, une élection à la moitié plus un synonyme de partition.
Les évêques maronites plaident avec insistance...