Le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, n’a pas caché devant ses nombreux visiteurs, hier, son inquiétude face au blocage politique qui prévaut toujours dans le pays. À plusieurs reprises, il a désigné comme étant « très difficile » la situation locale.
L’échéance présidentielle a été au centre des entretiens de Bkerké où la ministre des Affaires sociales, Nayla Moawad, a mis en garde contre un vide institutionnel, précisant qu’entre un vide et l’élection d’un chef de l’État à la majorité absolue, le 14 Mars opte pour le deuxième choix.
Mme Moawad a été reçue dans la matinée par le patriarche qui l’a retenue à déjeuner. Répondant aux questions de la presse à sa sortie de Bkerké, la ministre a affirmé avoir fait part au patriarche de l’attachement du 14 Mars à l’entente, tout en constatant que la définition de ce terme est devenue « élastique ». « Certains l’emploient pour couvrir leur volonté de blocage, ou bien pour couvrir leur tentative de renverser la majorité, mais ce terme ne signifie sûrement pas l’élection d’un président qui n’aura aucune légitimité chrétienne, incolore et inodore, pour gérer une crise sans même savoir s’il en est capable », a-t-elle déclaré. « Nous ne considérons pas l’entente, a poursuivi Mme Moawad, comme un moyen qui permettra aux Syriens d’intervenir de nouveau dans la vie politique libanaise. Pour nous, ce concept est très clair. Il veut dire que nous devons amener au pouvoir un président fort qui tiendra compte des appréhensions de tous les Libanais : de celles de la majorité qui réclame un chef de l’État capable de préserver la souveraineté et l’indépendance libanaises et de mettre en application les résolutions de la conférence nationale du dialogue ainsi que le plan en sept points (du Premier ministre, Fouad Siniora), et de celles de l’opposition. Il faut aussi qu’il engage un dialogue avec la minorité afin qu’elle participe, dans le cadre du nouveau gouvernement, au processus d’édification de l’État, à travers, principalement, l’élaboration d’une loi électorale qui garantira la représentation de tous » au sein du Parlement.
En cas d’échec des tentatives de concorde, « entre un vide institutionnel et la majorité absolue pour élire le président, nous nous orienterons assurément, mais non sans tristesse, vers la deuxième option, parce que nous refusons un vide au niveau de la présidence ».
La même volonté d’entente a été exprimée par le président de la Ligue maronite, Joseph Torbey, ainsi que les anciens ministres Wadih el-Khazen et Karam Karam. M. Torbey a en outre indiqué que le patriarcat maronite suit de près les contacts et les efforts effectués pour régler le dossier de la présidentielle, avant de faire état d’« interventions internationales importantes auprès de Bkerké pour qu’il ait son mot à dire dans la gestion de ce dossier ». M. Khazen a pour sa part mis en garde contre l’élection du président à la majorité absolue, estimant que « ce serait une violation de la Constitution qui pousserait le camp adverse à faire de même et à élire un autre chef de l’État, ce qui ferait que le patriarcat maronite ne reconnaîtra pas les deux ». M. Karam a pour sa part estimé qu’un président consensuel tendra la main aux deux camps. « S’il est du 14 Mars, il verra comment protéger la Résistance qui est au cœur de la protection du Liban, et s’il est du 8 Mars, il verra comment préserver la souveraineté, qui est l’un des fondements de la pérennité du pays », a-t-il dit.
Parmi les visiteurs de Bkerké, une délégation des diplômés des Makassed, l’ancien député Habib Hakim et l’ancien bâtonnier Raymond Chédid.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, n’a pas caché devant ses nombreux visiteurs, hier, son inquiétude face au blocage politique qui prévaut toujours dans le pays. À plusieurs reprises, il a désigné comme étant « très difficile » la situation locale.
L’échéance présidentielle a été au centre des entretiens de Bkerké où la ministre des Affaires sociales, Nayla Moawad, a mis en garde contre un vide institutionnel, précisant qu’entre un vide et l’élection d’un chef de l’État à la majorité absolue, le 14 Mars opte pour le deuxième choix.
Mme Moawad a été reçue dans la matinée par le patriarche qui l’a retenue à déjeuner. Répondant aux questions de la presse à sa sortie de Bkerké, la ministre a affirmé avoir fait part au patriarche de l’attachement du 14 Mars à l’entente, tout en...