Le chef du PSP, Walid Joumblatt, s’est interrogé sur les intentions du régime syrien de provoquer une importante déstabilisation du Liban à mesure que se rapproche la fin du délai constitutionnel pour l’élection d’un président de la République. Se basant sur des informations à sa disposition, M. Joumblatt n’a pas écarté la mise en œuvre par Damas et ses alliés au Liban d’un plan subversif visant notamment à provoquer des troubles à partir de camps palestiniens, similaires aux événements survenus à Nahr el-Bared, mais aussi la prise de contrôle de l’autoroute au sud de Beyrouth.
M. Joumblatt s’exprimait dans le cadre de son intervention hebdomadaire à l’organe du PSP, al-Anba’.
« Avec le début du compte à rebours pour la fin du délai constitutionnel relatif à l’élection présidentielle, les périls sécuritaires multiformes prennent de plus en plus d’ampleur. Qu’il s’agisse d’incidents similaires à ceux de Nahr el-Bared ou d’autres formes, le but est de porter atteinte à la stabilité intérieure et de pousser à nouveau vers le dynamitage (de l’élection), une politique suivie tout au long de la période écoulée par le régime syrien et ses collaborateurs au Liban », écrit-il.
« À ce stade, il faut s’interroger sur la véracité des informations, parues semble-t-il avant les événements de Nahr el-Bared, et selon lesquelles Chaker Absi (le chef de Fateh el-Islam) disposait d’une liberté de mouvement du camp de Bourj Brajneh jusqu’à Wadi el-Zeini, puis de là à Nahr el-Bared, et cela après avoir pénétré au Liban par Qoussaya », souligne-t-il.
« Les services de sécurité étaient-ils au courant de ces mouvements et de ces informations ? Leur inaction était-elle de la négligence ou une erreur d’appréciation ? Sommes-nous aujourd’hui à la veille d’une réédition du test de Nahr el-Bared qui aurait lieu cette fois-ci dans le camp de Bourj Brajneh, avec ce que cela suppose comme pertes supplémentaires pour l’armée ? » s’interroge-t-il.
« Y aurait-il un nouveau Chaker Absi pour superviser et exécuter cette nouvelle mission de sabotage à la veille de la présidentielle ? Et puis quelle est la véracité des informations au sujet de tentatives soutenues en vue de déstabiliser le camp de Bourj Brajneh et d’y liquider la présence du Fateh et la décision palestinienne indépendante ? Qu’en est-il aussi des tentatives visant à provoquer une explosion dans d’autres camps palestiniens dans le dessein d’y installer une présence palestinienne prosyrienne ? Y aurait-il une force d’exécution qui serait actuellement mise en place à la manière de Gaza ? Est-il vrai que le régime syrien a mis au point quelque 1 000 passeports destinés à des cadres et des éléments du FPLP-CG (d’Ahmad Jibril) sous le libellé OLP pour faciliter leur déplacement entre le Liban et la Syrie ? Quels sont les liens entre ces informations et la poursuite des préparatifs en vue de la tenue d’une conférence du refus à Damas face à la conférence d’Annapolis ? Et comment tout cela va-t-il se répercuter sur la situation politique et sécuritaire au Liban ? » demande-t-il.
« Il est clair que les forces qui s’étaient engagées sur la table de dialogue à régler le problème des armes palestiniennes hors des camps puis à l’intérieur de ceux-ci ont abandonné leurs promesses, tout comme elles ont abandonné tous les autres engagements qu’elles avaient contractés, car la mise en œuvre de ces engagements ferait perdre à leur allié syrien les cartes de sabotage qu’il détient au Liban et le rendrait désormais incapable de contrôler les équilibres intérieurs qu’il cherche depuis des mois à renverser par la force », poursuit M. Joumblatt.
« D’autre part, qu’en est-il de la réunion qui a été tenue dans l’un des palais de Khaldé et qui a été prétendument consacrée à l’examen de la situation politique ? » se demande-t-il en allusion claire à Talal Arslane. « Le but était-il effectivement celui affiché ou bien s’agissait-il de discuter des moyens de prendre le contrôle de la route côtière parallèlement à des actions de subversion dans certains camps palestiniens ? » s’interroge-t-il.
« Enfin, il faut saluer la position adoptée par le commandement de l’armée, qui a affirmé le respect du commandant en chef à l’égard de la Constitution et sa non-candidature à un quelconque poste. Cela va dans le sens de la conception que nous avions répétée à plusieurs reprises sur la nécessité de ne pas porter atteinte à la Constitution par principe et non pas en fonction d’une attitude envers une personne déterminée qu’on voudrait peut-être faire élire à l’ombre d’une grande crise ou d’une explosion importante qu’auraient préparée le régime syrien et ses alliés au Liban », note-t-il.
« Il est temps de rétablir le respect de la Constitution à tous les niveaux, et cela dans le but de réactiver les institutions sans lesquelles la vie politique et institutionnelle ne saurait être régulée et l’État fort ne saurait voir le jour. Nous demeurons attachés au projet d’État car c’est le seul en mesure de protéger tous les Libanais et de dissiper leurs craintes », conclut M. Joumblatt.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chef du PSP, Walid Joumblatt, s’est interrogé sur les intentions du régime syrien de provoquer une importante déstabilisation du Liban à mesure que se rapproche la fin du délai constitutionnel pour l’élection d’un président de la République. Se basant sur des informations à sa disposition, M. Joumblatt n’a pas écarté la mise en œuvre par Damas et ses alliés au Liban d’un plan subversif visant notamment à provoquer des troubles à partir de camps palestiniens, similaires aux événements survenus à Nahr el-Bared, mais aussi la prise de contrôle de l’autoroute au sud de Beyrouth.
M. Joumblatt s’exprimait dans le cadre de son intervention hebdomadaire à l’organe du PSP, al-Anba’.
« Avec le début du compte à rebours pour la fin du délai constitutionnel relatif à l’élection présidentielle, les...