Amnesty International a appelé le Premier ministre Fouad Siniora, dans une lettre écrite, à mener « une enquête urgente et indépendante » suite à « des informations faisant état d’opérations de pillage, de destruction par le feu et de vandalisme contre des habitations et des propriétés à l’intérieur du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared », et ce « depuis la prise de contrôle du camp par l’armée libanaise, en septembre dernier ». C’est dans un communiqué qu’Amnesty a rendu publique hier cette requête. L’organisation ajoute que cette requête fait également suite à « certaines informations sur des harcèlements et des abus » qui impliqueraient « des soldats de l’armée libanaise contre les réfugiés palestiniens ».
Amnesty International déplore « l’interdiction faite par les autorités libanaises à la presse ou même à des observateurs indépendants d’entrer dans le camp, alors même que les habitants commençaient à rentrer chez eux ». Elle déclare avoir envoyé en juin 2007 une lettre au ministre de la Défense Élias Murr, exprimant son inquiétude sur « les abus qui auraient été principalement commis contre des hommes », et qui auraient pris, selon le communiqué, la forme « d’humiliations et de violences physiques ». Amnesty International ajoute que « des cas graves d’abus ont été rapportés », précisant qu’elle a reçu « des informations indiquant que trois Palestiniens détenus au ministère de la Défense ont été torturés ». L’organisation précise que « cette lettre est restée sans réponse ».
Contacté par L’Orient-Le Jour, le bureau de l’orientation de l’armée libanaise a déclaré qu’il n’avait pas eu vent du communiqué d’Amnesty International.
De nouveaux cadavres
Par ailleurs, deux nouveaux corps de membres du Fateh el-Islam ont été découverts hier dans le camp de Nahr el-Bared, portant à 56 le total de cadavres de militants retirés du camp et de ses alentours depuis le 2 septembre, selon les services de sécurité.
Les deux corps ont été retirés des décombres du camp de réfugiés palestiniens, où des combats ont opposé pendant plus de trois mois l’armée libanaise au groupuscule islamiste Fateh el-Islam.
Plusieurs militants sont toujours en fuite, dont le chef du groupe, Chaker Absi. Plus de 300 membres, dont 150 sont détenus, sont accusés par la justice libanaise de « meurtre et d’appartenance à un groupe terroriste ». Début octobre, un mandat d’arrêt avait été lancé à l’encontre de Chaker Absi, initialement donné pour mort et qui n’a toujours pas été retrouvé.
Par ailleurs, trois personnes, dont un garçon de neuf ans, ont été blessées dans la nuit de mardi à mercredi par un engin explosif dans la localité de Mouhammara, à l’entrée est du camp, selon la même source. Ni la nature de l’engin ni les circonstances de l’incident n’ont été précisées.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Amnesty International a appelé le Premier ministre Fouad Siniora, dans une lettre écrite, à mener « une enquête urgente et indépendante » suite à « des informations faisant état d’opérations de pillage, de destruction par le feu et de vandalisme contre des habitations et des propriétés à l’intérieur du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared », et ce « depuis la prise de contrôle du camp par l’armée libanaise, en septembre dernier ». C’est dans un communiqué qu’Amnesty a rendu publique hier cette requête. L’organisation ajoute que cette requête fait également suite à « certaines informations sur des harcèlements et des abus » qui impliqueraient « des soldats de l’armée libanaise contre les réfugiés palestiniens ».
Amnesty International déplore « l’interdiction faite par les...