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Actualités - Opinion

Une échéance présidentielle à très haut risque Salim F. DAHDAH

Le Liban vit certainement les deux mois les plus angoissants de son histoire contemporaine, car il est appelé à choisir avant le 23 novembre 2007 son nouveau président de la République pour les six ans à venir. Cette démarche, qui intervient dans un pays en pleine ébullition et profondément divisé, place les représentants de la nation devant de graves responsabilités, à savoir le choix entre la vie, par un acte volontaire de solidarité nationale et républicaine, et la mort, par un acte volontaire de complicité avec des intérêts étrangers et, à la clé, un chaos prémédité et fatal dont les objectifs régionaux et internationaux sont alimentés à des fins géostratégiques. Un bien triste panorama politique marque en effet la fin de ces neuf longues années de souffrances. Profondément ancré dans cette période dramatique de la guerre du Liban et, non moins douloureuse, de la tutelle syrienne, ce régime où les atteintes à la démocratie, à la liberté, à la souveraineté, à l’indépendance, à la dignité des citoyens et aux droits les plus élémentaires à la vie se sont multipliées pour transformer le pays du Cèdre en une république « déchiquetée et moribonde ». Cette situation lamentable a eu malheureusement pour conséquence qu’aujourd’hui, un bon nombre de nos politiques sont largement dépassés par les événements. Leurs déclarations et leurs prestations en sont témoins. Hagards mais toujours hargneux et présomptueux, ces grands champions de la nation errent d’un talk-show à un autre pour distiller avec prétention leurs analyses et surtout leur venin. Si le ridicule ne tue pas, selon l’adage populaire, le Liban, par contre, risque malheureusement d’en être sa principale victime. Dans un Orient en proie à des feux épars allumés par des pyromanes professionnels, et face à des pompiers incontrôlables et en rupture de moyens suffisamment efficaces pour éteindre les nombreux foyers qui brûlent tout à leur passage, la diplomatie mondiale se débat, déstabilisée et en rangs dispersés et disparates, pour essayer d’homogénéiser et de limiter des dégâts auxquels elle n’est pas tout à fait étrangère. C’est dans cette ambiance ubuesque que Bkerké, sans grande conviction, cherche à réunir les frères ennemis et les rappeler à la raison en leur demandant de revenir à leur conscience et à leur simple bon sens. Est-ce trop leur demander quand l’enjeu est si grand ? Non, messieurs les députés chrétiens, vous n’avez pas encore perdu cette bataille, mais à force de tirer à boulets rouges les uns sur les autres ou de vous autoflageller en équilibre instable sur une corde raide, celle-ci finira par se rompre. Vous perdrez ainsi non seulement la guerre, mais aussi et surtout la République. Arrêtons donc tous ces comportements inutiles et cette gesticulation maladroite ; agissons en citoyens sages, honnêtes et détachés, en élus responsables, pour que cette échéance consacre à nouveau la solidarité de tous autour d’un président qui aura besoin de chacun de nous pour essayer de redonner à la nation une santé, une crédibilité, une stabilité et une reconnaissance régionale et internationale. Le temps est venu pour que citoyens et chefs politiques chrétiens serrent les rangs derrière un patriarche courageux, mais las de ces tristes disputes et l’aident réellement, dans sa tâche ardue de berger d’un troupeau dissipé et anarchique, à mettre en place les conditions indispensables pour la réalisation de cette élection conformément aux délais et aux termes de la Constitution. C’est aussi dans un climat de concorde, de sérénité et de solidarité que cette échéance devra se dérouler. Elle devra porter à la première magistrature de l’État un candidat qui réponde aux souhaits de l’ensemble des communautés de ce pays, et qui offre les caractéristiques d’un homme indépendant, intègre, ainsi que celles d’un arbitre éclairé qui croit et milite pour un Liban uni, libre, souverain, démocratique, arabe, et berceau de toutes les communautés qui le composent. Mais cela ne saurait se faire sans sacrifices personnels et concessions drastiques de la part des principaux acteurs de ce tour de table chrétien, qui doivent décider en toute liberté, honnêteté et conviction de calmer le jeu des surenchères et de se placer dans une perspective historique de survie, mettant très vite en sourdine leurs désaccords et s’attelant à la concrétisation, dans les plus brefs délais, de l’élection d’un président de la République non seulement pour tous, mais aussi et surtout, à égale distance de tous. Plaise à Dieu et à nos leaders politiques que les prochaines semaines apportent enfin aux citoyens libanais une fin heureuse à ce long calvaire qu’ils endurent seuls, depuis plus de trente ans, sous le regard indifférent d’un monde où les intérêts stratégiques priment sur l’équilibre et la stabilité des nations les plus faibles et les plus vulnérables. Salim F. DAHDAH Conseiller en stratégie et en relations publiques Article paru le mercredi 31 octobre 2007
Le Liban vit certainement les deux mois les plus angoissants de son histoire contemporaine, car il est appelé à choisir avant le 23 novembre 2007 son nouveau président de la République pour les six ans à venir. Cette démarche, qui intervient dans un pays en pleine ébullition et profondément divisé, place les représentants de la nation devant de graves responsabilités, à savoir le choix entre la vie, par un acte volontaire de solidarité nationale et républicaine, et la mort, par un acte volontaire de complicité avec des intérêts étrangers et, à la clé, un chaos prémédité et fatal dont les objectifs régionaux et internationaux sont alimentés à des fins géostratégiques.
Un bien triste panorama politique marque en effet la fin de ces neuf longues années de souffrances. Profondément ancré dans cette période...