CITOYEN GROGNON
Intoxications alimentaires, encore et toujours
le 27 octobre 2007 à 00h00
Le Liban est réputé pour ses mezzés, ses tables garnies, ses plats succulents et variés, tout en couleurs, tout en saveurs.
Y a qu’à voir les yeux ébahis des touristes étrangers assistant à ce déferlement de plats. Y a qu’à voir l’air satisfait de ces mêmes convives se régalant. Y en a pour tous les goûts, du tabboulé au fattouche, du fromage vert (jebné khadra) au halloum, du chiche taouk à la viande crue, du hommos au moutabbal, sans oublier les fameux beignets (sambousek) au fromage, à la viande, aux épinards, les tomates à l’ail et au summak. Et puis les desserts, ces étalages de achta (crème de lait) au miel accompagnés de fruits de saison, le tout généreusement présenté.... De quoi donner l’eau à la bouche aux moins gourmets d’entre nous.
Oui mais le lendemain, ces mêmes convives se réveillent souvent l’estomac retourné. « Les lendemains de fêtes sont difficiles », me direz-vous. Sans aucun doute.
À part qu’au Liban, les cas d’intoxications graves ne se comptent plus et touchent aussi bien les Libanais que les étrangers. « Je viens d’être hospitalisé pour une brucellose après avoir mangé du fromage vert dans un restaurant libanais des plus réputés », nous a confié un homme d’affaires, il y a tout juste deux jours.
Il n’est certes pas nécessaire d’avoir festoyé la veille pour choper l’une de ces bactéries que renferment fromages, laitages, poulets, viandes, salades et autres. Les cas d’intoxications collectives foisonnent, dans les villages, dans les cantines, lors de mariages ou de réunions familiales. Aussi nombreux sont les cas d’intoxication individuelle, sans raison apparente.
Il suffit parfois d’un petit bout de fromage acheté au supermarché, d’une tranche de poulet mal cuite ou d’une feuille de salade pour vous clouer au lit pour une ou plusieurs semaines.
Dans la chaîne de production, c’est principalement au niveau de l’hygiène que le bât blesse... Les techniques de manufacture sont encore si ancestrales. La contamination fait alors des ravages.
Quel recours ont au Liban les victimes d’intoxication alimentaire ? Aucun, malheureusement. N’est-il pas grand temps qu’en l’absence d’autorités compétentes, en l’absence d’une législation qui protège les droits et les intestins des citoyens, les producteurs, fabricants, industriels, restaurateurs, hôteliers et autres prennent eux-mêmes les devants pour améliorer les standards de qualité ?
« Vœux pieux », répondrez-vous. Jusqu’au jour où le citoyen, refusant d’être constamment pris pour un imbécile, se décidera enfin à réagir et à saisir la justice.
Anne-Marie EL-HAGE
Le Liban est réputé pour ses mezzés, ses tables garnies, ses plats succulents et variés, tout en couleurs, tout en saveurs.
Y a qu’à voir les yeux ébahis des touristes étrangers assistant à ce déferlement de plats. Y a qu’à voir l’air satisfait de ces mêmes convives se régalant. Y en a pour tous les goûts, du tabboulé au fattouche, du fromage vert (jebné khadra) au halloum, du chiche taouk à la viande crue, du hommos au moutabbal, sans oublier les fameux beignets (sambousek) au fromage, à la viande, aux épinards, les tomates à l’ail et au summak. Et puis les desserts, ces étalages de achta (crème de lait) au miel accompagnés de fruits de saison, le tout généreusement présenté.... De quoi donner l’eau à la bouche aux moins gourmets d’entre nous.
Oui mais le lendemain, ces mêmes convives se...
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