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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Aux USA, certains condamnés n’attendent pas leur bourreau pour mourir

Parmi les plus de 3 300 condamnés à la peine capitale aux États-Unis, beaucoup croupissent dans les couloirs de la mort depuis 20 ou 30 ans, et certains n’attendent pas leur rendez-vous avec le bourreau pour tirer leur révérence. C’est pourquoi l’État de l’Alabama (Sud) avait insisté pour garder le privilège de mettre fin à la vie de Daniel Siebert, un tueur en série de 53 ans dont l’exécution était prévue hier soir, avant qu’un cancer du pancréas en phase terminale ne l’emporte. Mais une cour d’appel fédérale, saisie par les avocats du condamné, est intervenue mercredi soir pour ordonner un report, comme cela a été le cas pour chacune des exécutions prévues depuis que la Cour suprême américaine a annoncé fin septembre qu’elle allait examiner la légalité de l’injection mortelle. Le gouverneur de l’État, Rob Riley, s’était opposé à ce report : « Cela reviendrait en essence à commuer sa peine en réclusion à perpétuité, et ce n’est pas la peine que le jury lui a infligée. Ses crimes étaient monstrueux, brutaux et atroces », avait-il insisté. En 2004, l’Alabama avait déjà exécuté James Hubbard, 74 ans, condamné à mort pour le meurtre d’une femme, en dépit de graves problèmes de santé. Les certificats médicaux présentés par ses avocats détaillaient pourtant un cancer du colon et de la prostate, une hépatite, une démence sénile. En juin, l’Oklahoma (Sud) a lui aussi exécuté un homme malade, Jimmy Bland, 49 ans, condamné à mort pour un meurtre et atteint d’un cancer du poumon en phase terminale. L’administration pénitentiaire avait auparavant financé plusieurs cycles de chimiothérapie pour le maintenir en vie. Souvent pourtant, la mort n’attend pas la fin des procédures d’appel, même si l’on exclut les nombreux suicides. Ainsi, l’administration pénitentiaire du Texas (Sud) signale qu’une vingtaine de condamnés à mort sont décédés de causes naturelles (cancer, pneumonie, sida, crise cardiaque...) dans les 30 dernières années. En Californie (Ouest), l’État américain qui compte le plus grand nombre de condamnés à mort, les statistiques de l’administration pénitentiaire montrent que si 13 condamnés ont été exécutés depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976, 38 sont décédés de causes naturelles. Toujours selon ces mêmes statistiques, 55 condamnés californiens ont plus de 60 ans, parmi lesquels 2 dépassent les 70 ans. Selon des statistiques publiées l’année dernière par le ministère de la Justice, 137 détenus des couloirs de la mort dans le pays avaient plus de 60 ans à la fin 2005. Et le record de vieillesse appartient à LeRoy Nash, 92 ans, qui se languit dans un pénitencier d’Arizona (Sud-Ouest), où patientent également John Vining, 76 ans, et William Cruse, qui fêtera en novembre ses 80 ans. Né en septembre 1915 et condamné à la peine capitale en 1983 pour un meurtre commis alors qu’il était en cavale, LeRoy Nash n’a toujours pas reçu de date d’exécution. Mais il ne doit pas se faire d’illusions : le grand âge, pas plus que la maladie, ne garantit d’immunité. En décembre 2005, John Nixon, 77 ans, a été exécuté dans le Mississippi (Sud), et quelques semaines plus tard, en janvier 2006, la Californie a exécuté Clarence Allen, aveugle, cardiaque et cloué sur une chaise roulante, au lendemain de son 76e anniversaire.
Parmi les plus de 3 300 condamnés à la peine capitale aux États-Unis, beaucoup croupissent dans les couloirs de la mort depuis 20 ou 30 ans, et certains n’attendent pas leur rendez-vous avec le bourreau pour tirer leur révérence.
C’est pourquoi l’État de l’Alabama (Sud) avait insisté pour garder le privilège de mettre fin à la vie de Daniel Siebert, un tueur en série de 53 ans dont l’exécution était prévue hier soir, avant qu’un cancer du pancréas en phase terminale ne l’emporte. Mais une cour d’appel fédérale, saisie par les avocats du condamné, est intervenue mercredi soir pour ordonner un report, comme cela a été le cas pour chacune des exécutions prévues depuis que la Cour suprême américaine a annoncé fin septembre qu’elle allait examiner la légalité de l’injection mortelle. Le...