Rechercher
Rechercher

Actualités

Finance Qu’est-ce qu’un marché efficient ? Par le Dr Sophie Nivoix*

Quel que soit le pays, l’histoire des marchés boursiers est riche aussi bien d’épisodes d’enthousiasme excessif que de périodes de pessimisme profond. Ces excès ne se voient qualifier comme tels qu’après une phase de correction du marché, qui baisse après une forte hausse ou remonte après une nette chute. Mais peut-on tenter de comprendre de tels mouvements ? Un des aspects essentiels de la variation du prix d’un produit sur le marché réside dans l’information disponible concernant ce titre. Si les prévisions d’activité d’une société cotée sont mal connues, imprécises ou incomplètes, et donc si les analystes financiers et les investisseurs ont des difficultés à calculer la valeur que devrait atteindre l’action de cette société, l’information se révèle très imparfaite. Toute information précise et crédible sera alors susceptible d’influencer fortement le cours de cette action. Un fort mouvement de hausse ou de baisse sera ainsi justifié par l’arrivée de cette information, et le cours aura de meilleures chances de refléter la valeur intrinsèque de l’entreprise. Considérons l’action d’une entreprise pour laquelle des informations parviennent régulièrement aux investisseurs à travers la presse financière, le site Internet de la firme ou les publications des analystes financiers. Toutes les données s’avèrent alors disponibles pour permettre au marché de fournir, au travers de la confrontation de l’offre et de la demande, une bonne estimation de la valeur de cette action. Mais comme précédemment, l’arrivée de toute nouvelle information peut influencer le cours du titre, même si les variations ont ici en principe moins de risques d’être de grande ampleur. Il importe donc que les investisseurs qui s’apprêtent à acheter ou vendre des titres sur le marché disposent de données pertinentes et rapidement disponibles. Bien entendu, la rapidité d’arrivée des informations peut diverger selon que les investisseurs soient des professionnels de la finance ou des particuliers. Il convient aussi de signaler que l’accès aux informations ne doit pas s’avérer trop coûteux, sinon une catégorie d’investisseurs disposant de peu de moyens financiers serait sous-informée et ne pourrait investir en parfaite connaissance de cause. La théorie financière a proposé un cadre conceptuel à ce problème, avec la notion d’efficience, anglicisme aujourd’hui largement utilisé. Un marché est qualifié d’efficient relativement à un ensemble d’informations si aucun investisseur ne peut générer un profit supérieur aux autres en utilisant une de ces informations, car toutes ont déjà été utilisées. Autrement dit, toutes les informations étant connues de tous les investisseurs, aucun d’entre eux ne peut espérer une meilleure rentabilité de son portefeuille de titres que les autres. Bien entendu, nous savons que tous les investisseurs n’enregistrent pas les mêmes rentabilités sur les marchés. Il importe donc de savoir quel ensemble d’informations nous considérons. La théorie distingue trois niveaux d’efficience, selon l’ensemble d’informations prises en compte. L’efficience faible considère uniquement les informations passées, l’efficience semi-forte inclut les informations passées et les informations actuelles publiques, et l’efficience forte comprend les informations passées et informations actuelles aussi bien publiques que privées. Savoir si un marché est efficient et quel degré d’efficience il a atteint est utile pour déterminer quelle stratégie et surtout quels outils de décision il convient d’utiliser pour analyser ce marché (analyse des cours passés, calculs sur les données publiques ou de modèles nouveaux)… mais aussi pour savoir quel type de gestion choisir (active ou reproduisant un indice) lorsque l’on se voit proposer d’investir dans un fonds commun de placement par sa banque ! * Spécialiste de finance à l’Université de Poitiers, professeur à l’ESA En coopération avec : ESA
Quel que soit le pays, l’histoire des marchés boursiers est riche aussi bien d’épisodes d’enthousiasme excessif que de périodes de pessimisme profond. Ces excès ne se voient qualifier comme tels qu’après une phase de correction du marché, qui baisse après une forte hausse ou remonte après une nette chute. Mais peut-on tenter de comprendre de tels mouvements ?
Un des aspects essentiels de la variation du prix d’un produit sur le marché réside dans l’information disponible concernant ce titre. Si les prévisions d’activité d’une société cotée sont mal connues, imprécises ou incomplètes, et donc si les analystes financiers et les investisseurs ont des difficultés à calculer la valeur que devrait atteindre l’action de cette société, l’information se révèle très imparfaite. Toute information...