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Birmanie Malgré la levée du couvre-feu, les habitants de Rangoun ont peur

Malgré la levée du couvre-feu instauré fin septembre, les habitants de Rangoun ne cachent pas leur inquiétude, voire leur peur, face à un régime militaire qui a violemment réprimé les manifestations d’opposition et sur lequel la pression internationale s’accentue. « J’aimerais retourner à la pagode Shwedagon, mais je n’ose pas, j’ai trop peur. » Comme beaucoup de Birmans, témoins ou victimes de la répression des manifestations de septembre au cours de laquelle au moins 13 personnes ont été tuées et 3 000 arrêtées, une femme de 55 ans avoue éviter la célèbre pagode, d’où sont partis les défilés de protestation à l’initiative des moines bouddhistes. Pourtant, depuis samedi soir, le régime a quelque peu relâché la pression sur les habitants en levant le couvre-feu qui avait été instauré dans la nuit du 25 au 26 septembre. « Les gens sont très heureux de la levée du couvre-feu. Désormais nous sommes libres », témoigne un homme d’une trentaine d’années, qui tient à conserver l’anonymat. « Mais beaucoup, moi y compris, continuent à s’inquiéter de la situation après ce qui s’est passé en septembre », ajoute-t-il. La levée du couvre-feu intervient alors que la pression internationale s’intensifie sur le régime des généraux. Le président George W. Bush a annoncé vendredi un durcissement des sanctions américaines contre la junte militaire et a appelé la Chine et l’Inde à renforcer leurs pressions sur leur partenaire birman. À Rangoun, si la surveillance policière a été réduite autour de la pagode Shwedagon, plusieurs policiers en civil étaient pourtant encore visibles hier. Habituellement très animées jusque tard le soir par les clients qui fréquentent les nombreux salons de thé, les rues de Rangoun se vidaient très tôt depuis l’instauration du couvre-feu, au désespoir des commerçants. Outre cette mesure de couvre-feu, la junte avait coupé les liens Internet de la Birmanie pour tenter de freiner l’envoi vers l’étranger d’informations sur la répression, qui a suscité l’indignation dans une grande partie du monde. Si l’accès à Internet a été rétabli récemment, les autorités continuent à interdire l’accès du pays à des médias étrangers comme la BBC, Voice of America ou des organes de presse dirigés par des opposants birmans en exil.
Malgré la levée du couvre-feu instauré fin septembre, les habitants de Rangoun ne cachent pas leur inquiétude, voire leur peur, face à un régime militaire qui a violemment réprimé les manifestations d’opposition et sur lequel la pression internationale s’accentue.
« J’aimerais retourner à la pagode Shwedagon, mais je n’ose pas, j’ai trop peur. » Comme beaucoup de Birmans, témoins ou victimes de la répression des manifestations de septembre au cours de laquelle au moins 13 personnes ont été tuées et 3 000 arrêtées, une femme de 55 ans avoue éviter la célèbre pagode, d’où sont partis les défilés de protestation à l’initiative des moines bouddhistes. Pourtant, depuis samedi soir, le régime a quelque peu relâché la pression sur les habitants en levant le couvre-feu qui avait été instauré dans...