La justice argentine a condamné mardi un prêtre catholique à une peine de prison à perpétuité pour des violations des droits de l’homme commises pendant la dictature militaire (1976-83), une première dans l’histoire du pays.
Ce verdict a été salué par des cris de joie et des applaudissements dans la petite salle du tribunal de La Plata (57 km de Buenos Aires) où s’est ouvert ce procès le 5 juillet. Des Mères de la place de mai, organisation créée pendant la dictature par des mères de disparus, se sont levées sitôt connue la sentence pour manifester leur joie. C’est une décision « historique, quelque chose de très fort », a déclaré, très émue, Taty Almeida, l’une de ces mères, interrogée par les télévisions argentines quelques minutes après l’annonce de ce verdict.
Quelques heures auparavant, les avocats de l’ancien aumônier de la police de la province de Buenos Aires, où se trouve La Plata, avaient réclamé son acquittement, estimant insuffisantes les preuves de sa culpabilité. Cristian Won Vernich répondait des accusations de complicité dans sept meurtres, 31 cas de tortures et 42 enlèvements dans la province de Buenos Aires. L’accusation et le parquet avaient de leur côté réclamé lundi la prison à perpétuité pour ce prêtre, arrêté en 2003. L’ancien aumônier, un moment réfugié au Chili, fut le collaborateur et confesseur du chef de la police de cette province, Ramon Camps, un des principaux tortionnaires de la dictature militaire.
Dans son réquisitoire, le procureur Carlos Dulau Dumm a considéré comme largement établie la présence de Von Wernich dans les centres clandestins de détention et de torture. « Il est clair que Von Wernich n’avait pas de fonction pastorale, mais qu’il jouait un rôle dynamique et qu’il était un interrogateur habituel dans ces centres de détention », a-t-il déclaré. Von Wernich, revêtu d’un gilet pare-balles et abrité derrière une vitre blindée, était présent au moment de la lecture de la sentence. Dans une déclaration avant l’énoncé du verdict, il avait plaidé, citant la Bible à plusieurs reprises, pour une réconciliation de tous les Argentins.
Ce premier procès contre un prêtre catholique pour son rôle présumé pendant la dictature a relancé le débat sur l’attitude de l’Église, influente en Argentine, et principalement de sa hiérarchie pendant ces années noires. Celle-ci, après avoir gardé le silence pendant toute la durée du procès, a finalement exprimé mardi son « émotion » après l’énoncé du verdict, appelant elle-aussi les Argentins à emprunter « la voie de la réconciliation ».
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Ce verdict a été salué par des cris de joie et des applaudissements dans la petite salle du tribunal de La Plata (57 km de Buenos Aires) où s’est ouvert ce procès le 5 juillet. Des Mères de la place de mai, organisation créée pendant la dictature par des mères de disparus, se sont levées sitôt connue la sentence pour manifester leur joie. C’est une décision « historique, quelque chose de très fort », a déclaré, très émue, Taty Almeida, l’une de ces mères, interrogée par les télévisions argentines quelques minutes après l’annonce de ce verdict.
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