Birmanie
L’opposition prudente après la nomination
d’un médiateur par la junte
le 10 octobre 2007 à 00h00
La Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, a accueilli prudemment hier la nomination par la junte birmane du général Aung Kyi pour prendre contact avec l’icône de l’opposition. « C’est un bon signe, c’est comme ça que doivent se passer les choses », a déclaré à Rangoun Nyan Win, porte-parole de la LND. « Ils (les généraux) semblent devenir un peu plus pragmatiques », a-t-il ajouté. Dans un communiqué, le parti d’opposition précise cependant qu’aucune condition préalable ne doit être fixée par la junte. « Si l’on veut que ce dialogue se déroule avec l’envie véritable de trouver une solution, aucune condition préalable ne doit être édictée », prévient la LND. En esquissant jeudi dernier un possible dialogue direct avec Aung San Suu Kyi, le général Than Shwe, commandant suprême de la junte, avait posé une série d’exigences préalables, notamment que la lauréate du prix Nobel de la paix 1991 renonce à son soutien à des sanctions contre l’ex-Birmanie. De l’avis de ceux qui l’ont côtoyé, le général Aung Kyi, nommé l’an dernier vice-ministre du Travail, est un négociateur chevronné, ce qui pourrait augurer du sérieux des discussions proposées par les généraux. « Il est sérieux, il occupe une position élevée et il a déjà été envoyé pour résoudre des situations difficiles », relève ce responsable de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui a négocié directement avec Aung Kyi pour tenter de réduire le travail forcé dans le pays. « Il n’est pas du genre à noyer le poisson. C’est quelqu’un qui est envoyé pour résoudre des problèmes, et cela semble un très bon choix si l’on veut avoir un dialogue crédible », ajoute-t-il.
Reste que le doute demeure sur la sincérité de Than Shwe, qui a évoqué ce possible dialogue avec l’opposante lors de son entretien avec l’émissaire de l’ONU, Ibrahim Gambari. Certains critiques affirment qu’il n’a nullement l’intention de discuter avec une femme qu’il déteste et qu’il ne s’agissait que d’une ruse visant à amadouer la communauté internationale à un moment où même la Chine appelait la junte militaire à la retenue. « Il est prématuré d’évaluer le coup joué par le régime. Il arrive à un moment où la pression exercée par la communauté internationale s’accentue. Nous devons attendre le coup suivant », dit un ancien professeur à Rangoun.
Par ailleurs, le ministère chinois des Affaires étrangères a réaffirmé hier son opposition à toute sanction internationale, alors que le président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU a insisté pour que les autorités birmanes autorisent la venue d’un rapporteur spécial, une semaine après l’adoption d’une résolution en ce sens restée sans réponse.
La Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, a accueilli prudemment hier la nomination par la junte birmane du général Aung Kyi pour prendre contact avec l’icône de l’opposition. « C’est un bon signe, c’est comme ça que doivent se passer les choses », a déclaré à Rangoun Nyan Win, porte-parole de la LND. « Ils (les généraux) semblent devenir un peu plus pragmatiques », a-t-il ajouté. Dans un communiqué, le parti d’opposition précise cependant qu’aucune condition préalable ne doit être fixée par la junte. « Si l’on veut que ce dialogue se déroule avec l’envie véritable de trouver une solution, aucune condition préalable ne doit être édictée », prévient la LND. En esquissant jeudi dernier un possible dialogue direct avec Aung San Suu Kyi, le général Than Shwe,...
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